‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 196 sur 323 · HT. III. CHAP. XL VI · texte numérisé non relu

HT. III. CHAP. XL VI

3. Celai dont le cœur n’est pas renfermé en lui-même, et cjui n’a pas Dieu toujours présent, s’émeut aisément d’une parole de blâme.

Mais celui qui se confie en moi et qui ne s’appuie pas sur son propre jugement, ne craindra rien des hommes.

Car c'est moi qui connais et qui juge ce qui est secret ; je sais la vérité de toute chose, qui a fait l’injure et qui la souffre.

Cette parole, elle est venue de moi; cet événement, je l’ai permis, afin que ce qu’il y a de caché dans beaucoup de cœurs fût révélé l .

Je jugerai l'innocent et le coupable; mais, par un secret jugement, j’ai voulu auparavant éprouver l’un et l’autre.

4. Le témoignage des hommes trompe souvent ; mais mon jugement est vrai : il subsistera et ne sera point ébranlé.

Le plus souvent il est caché, et peu de personnes le découvrent en chaque chose : cependant il n’erre jamais, et ne peut errer, quoiqu’il ne paraisse pas toujours juste aux yeux des insensés.

C’est donc à moi qu’il faut remettre le jugement de tout , sans jamais s’en rapporter à son propre sens.

Le juste ne sera point troublé , quoi qu’il lui arrive par l’ordre de Dieu 2 . Il lui importera peu qu’on l’accuse injustement.

Et si d’autres le défendent et réussissent à

* Luc., Il, 35. — * Prov., X, 21*

?88 l’imitation de jkses-chkist.

le justifier, il n’en concevra pas non plus une vaine joie.

Car il se souvient que c’est moi qui sonde les cœurs et les reins 1 ; et que je ne juge point sur les dehors et les apparences humaines.

Ce qui paraît louable au jugement des hommes, souvent est criminel à mes yeux.

5. Le F. Seigneur mon Dieu, juge infiniment juste, fort et patient, qui connaissez la fragilité de l’homme et son penchant au mal , soyez ma force et toute ma confiance : car ma conscience ne me suffit pas.

Vous connaissez ce que je ne connais point ; ainsi j’ai dû m’abaisser sous tous les reproches et les supporter avec douceur.

Pardonnez-moi dans votre bonté, toutes les fois que je n’ai pas agi de la sorte, et donnezmoi plus abondamment la grâce qui apprend à souffrir.

Car je dois compter bien plus sur votre grande miséricorde pour obtenir le pardon, que sur ma vertu apparente pour justifier ce que ma conscience recèle.

Quoique je ne me reproche rien , je ne suis cependant pas justifié pour cela 2 ; parce que, sans votre miséricorde, nul homme vivant ne sera juste devant vous 3 .

BÊFLEXION.

Vous serez heureux quand on vous maudira , et

1 Ps. vu, 10. — * Cor., îv, 4. — 3 Ps, cxlii, S.

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