LIT. III. CHAP. XLVIU
Je voudrais m’unir intimement à vous, et je ne puis atteindre à cette ineffable union.
Je voudrais m’attacher aux choses du ciel , et mes passions immortifiées me replongent dans celles de la terre.
Mon âme aspire à s’élever au-dessus de tout, et la chair me rabaisse au-dessous, malgré mes efforts.
Ainsi, homme misérable, j’ai sans cesse la guerre au dedans de moi , et je me suis à charge à moi-même l , l’esprit voulant s’élever toujours, et la chair toujours descendre.
5. Oh ! combien je souffre en moi lorsque , méditant les choses du ciel, celles de la terre viennent en foule se présenter à ma pensée durant la prière I Mon Dieu , ne vous éloignez pas de mot, et ri abandonnez point votre servi teur dans voire colère a .
Faites briller votre foudre , et dissipez ces visions de la chair : lancez vos flèches s , et mettez en fuite ces fantômes de l’ennemi.
Rappelez à vous tous mes sens ; faites que j’oublie toutes les choses du monde , et que je rejette promptement, avec mépris, ces criminelles images.
Éternelle vérité , prêtez-moi votre secours , afin que nulle chose vaine ne me touche.
Venez en moi, céleste douceur, et que tout ce qui n’est pas pur s’évanouisse devant vous, j Pardonnez-moi aussi, et usez de miséri-
1 Job, vii, 20. — * Ps. lxx, 13; xxvi, 14. — 3 Ps.