CXLIII
20f> l’imitation de jésüs-christ.
corde, toutes les fois que, dans la prière, je m’occupe d’autre chose que de vous.
Car je confesse sincèrement que la distraction mt est habituelle.
Dans le mouvement ou dans le repos , bien souvent je ne suis point où est mon corps, mais plutôt où mon esprit m’emporte.
Je suis là où est ma pensée , et ma pensée est d’ordinaire où est ce que j’aime.
Ce qui me plaît naturellement ou par habitude , voilà ce qui d’abord se présente à elle.
6. Et c’est pour cela, ô Vérité, que vous ayez dit expressément : 0'u est voire trésor , là est aussi votre cœur l .
Si j’aime le ciel, je pense volontiers aux choses du ciel.
Si j’aime le monde, je me réjouis des prospérités du monde , et je m’attriste de ses adversités.
Si j’aime la chair, je me représente souvent ce qui est de la chair.
Si j’aime l’esprit, ma joie est de penser aux choses spirituelles.
Car il m’est doux de parler et d’entendre parler de tout ce que j’aime , et j’en emporte avec moi le souvenir dans ma retraite.
Mais heureux l’homme, ô mon Dieu, qui, à cause de vous, bannit de son cœur toutes les créatures; qui fait violence à la nature, et crucifie , par la ferveur de l’esprit, les convoi-
1 Matlh.,vi, 21.