LIV. III. CH AP
soit permis et même commandé d’aspirer à la béatitude céleste, et de gémir sur la longueur de notre exil *, néanmoins nous devons le supporter avec une grande patience, et nous complaire dans les épreuves que la Providence nous envoie, parce qu’elles sont tout ensemble utiles à notre salut, et l’un des moyens que Dieu a choisis pour satisfaire sa justice , et pour manifester en nous sa miséricorde et sa gloire. Pécheurs, nous devons participer aux souffrances de celui qui nous a rachetés ; disciples de Jésus, nous devons marcher à la suite de notre maître et de notre modèle en portant la Croix, et, comme lui , épuiser le calice d’amertume. Nul n’est couronné, s’il n’a combattu 8 . Heureux donc l’homme qui endure la tentation , parce qu’ après avoir été éprouvé , il recevra la couronne de vie que Dieu a promise à ceux qui l’aiment 3 . Attendons le moment qu’il a marqué, et poursuivons en paix notre pèlerinage. Tout ce qui finit est court, et rien n’est pénible à celui qui espère. Que cette pensée ranime notre langueur, quand nous nous sentons abattus. « Au milieu de ce grand naufrage du monde, dit « saint Cbrysostome, une main propice nous jette d'en « haut le cable de l’espérance, qui peu à peu retire « des flots des misères humaines et soulève jusqu’au « Ciel ceux qui s’y attachent fortement 4 . »