La nature se porte vers les créatures
1 Àct., V, 41 , — * Ibid. J XX, 35.
320 l’imitation de jéscs-'ciirist.
la chair, les vanités ; elle est bien aise de sc produire.
La grâce élève à Dieu , excite à la vertu , renonce aux créatures, fuit le monde, hait les désirs de la chair, ne se répand point au dehors , et rougit de paraître devant les hommes.
42. La nature se réjouit d’avoir quelque consolation extérieure qui flatte le penchant des sens.
La grâce ne cherche de consolation qu’en Dieu seul; et s’élevant au-dessus des choses visibles , elle met toutes ses délices dans le souverain bien.
43. La nature agit en tout pour le gain et Çour son avantage propre ; elle ne sait rien taire gratuitement ; mais , en obligeant, elle espère obtenir quelque chose d’égal ou de meilleur, des faveurs ou des louanges ; et elle veut qu’on tienne pour beaucoup tout ce qu’elle fait et tout ce qu’elle donne.
La grâce ne veut rien de temporel ; elle ne demande d’autre récompense que Dieu seul , et ne désire des choses du temps, même les plus nécessaires , que ce qui peut lui servir pour acquérir les biens éternels.
44. La nature se complaît dans le grand nombre des amis et des parents ; elle se glorifie d’un rang élevé, d’une naissance illustre; elle sourit aux puissants, flatte les riches, et applaudit à ceux qui lui ressemblent.
La grâce aime ses ennemis même, et ne