UV. III. CHAP. LV
dissipe la crainte , nourrit la piété, produit les larmes.
Que suis-je sans elle qu’un bois sec, un rameau stérile qui n’est bon qu’à jeter?
Que votre grâce , Seigneur , me prévienne \ donc et m'accompagne toujours; qu'elle me rende sans cesse attentif à la pratique des bonnes œuvres : je vous en conjure par Jésus- Christ , votre Fils. Ainsi soit-il *.
RÉFLEXION
La religion fait deux choses : elle nous montre notre misère et nous en indique le remède ; elle nous enseigne que , de nous-mêmes , nous ne pouvons rien pour le salut, mais que nous pouvons tout en celui gui nous fortifie 2 . Et de là ce mot de saint Paul, mot aussi profond de vérité qu’étonnant pour l’orgueil humain : Je me glorifierai dans mes infirmités , afin que la vertu de Jésus-Christ habite en moi 3 . Oui, continue-t-il , je me complais dans mes infirmités: car lorsqiee je me sens infirme , c’est alors que Je suis fort w . Entrons dans la pensée de l'Apôtre, et apprenons à nous humilier, à sentir notre faiblesse, à jouir, pour ainsi parler, de notre néant. Lorsque nous aurons rejeté toute vaine opinion de nous-mêmes, et creusé, en quelque sorte, un lit profond dans notre âme, des flots de grâce s’y précipiteront. La paix nous sera donnée sur la terre : car qui peut troubler la paix de celui qui, s’oubliant et se méprisant soi-même, ne s'appuie que sur Dieu et ne tient plus qu’à Dieu? Paix aux hommes de bonne volonté 5 , aux humbles de cœur, paix ici-bas : et dans le Ciel le rassasiement de la gloire 6 .
1 Orais. du 16* Dim. apr. la Pent. — * Philipp., iv, 13. — * Cor., xu, 9. — 4 Ibid., 10.— * Luc., n. 14. — • Ps. xvi, 15. ?
l’imitation de jésus-christ.