‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 235 sur 323 · LIT. III. CHAP. LVI1I · texte numérisé non relu

LIT. III. CHAP. LVI1I

J’ai répandu en eux d’ineffables consolations : je leur ai donné de persévérer, et j’ai couronné leur patience.

•4. Je connais le premier et le dernier, et je les embrasse tous dans mon amour immense.

C’est moi qu’on doit louer dans tous mes Saints ; moi qu’on doit bénir au-dessus de tout et honorer en chacun de ceux que j’ai ainsi élevés dans la gloire et prédestinés , sans aucuns mérites précédents de leur part.

Celui donc qui méprise le plus petit des miens, n’honore pas le plus grand , parce que j’ai fait le petit et le grand.

Et quiconque rabaisse quelqu’un de mes Saints , me rabaisse moi-même , et tous ceux qui sont dans le royaume des cieux.

Tous ne sont qu’un par le lien de la charité : ils n’ont tous qu’un même sentiment, une même volonté , et sont tous unis par le même amour.

5. Et ce qui est plus parfait encore, ils m’aiment plus qu’ils ne s’aiment, plus que tous leurs mérites.

Ravis au-dessus d’eux-mêmes, au-dessus de leur propre amour , ils se plongent et se perdent dans le mien , et s’y reposent délicieusement.

Rien ne saurait partager leur cœur, ni le détourner vers un autre objet; parce que, remplis de la vérité éternelle, ils brûlent d une charité qui ne peut s’éteindre.

Que les hommes ensevelis dans la chair et

ses convoitises, les hommes qui ne savent ailier que les joies exclusives, cessent donc de discourir sur l’état des Saints. Ils retranchent et ils ajoutent, suivant leur inclination, et non pas selon que l’a réglé la vérité éternelle.

6. En plusieurs, c’est ignorance, et surtout en ceux qui, peu éclairés de la lumière divine, aiment rarement quelqu’un d’un amour parfait et purement spirituel.

Une inclination naturelle et une affection tout humaine les attire vers tel ou tel Saint; et ils transportent dans le ciel les sentiments de la terre.

Mais il y a une distance infinie entre les

f censées des hommes imparfaits et ce que la umière d’en haut découvre à ceux qu’elle éclaire.

7. Gardez-vous donc , mon fils , de raisonner curieusement sur ces choses qui passent voire intelligence : travaillez plutôt avec ardeur à obtenir une place, fùt-ce la dernière, dans le royaume de Dieu.

Et quand quelqu’un saurait qui des Saints est le plus parfait et le plus grand dans le royaume céleste, que lui servirait cette connaissance , s’il n’en tirait un nouveau motif de s’humilier devant moi , et de me louer davantage?

Celui qui pense à la grandeur de ses péchés ^ à son peu de vertu, qui considère combien il est éloigné de la perfection des Saints, »e rend plus agréable à Dieu, que celui qui dis-

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