LIV. IV. CHAP. II
Seigneur : malade , je viens à mon Sauveur; consumé de faim et de soif, je viens à la source de la vie ; pauvre , je viens au Roi du ciel ; esclave , je viens à mon Maître ; créature , je viens à celui qui m’a fait ; désolé , je viens b mon tendre consolateur.
Mais qu’y a-t-il en ce misérable , qui vous porte à venir à lui? que suis-je pour que vous vous donniez vous-même à moi ?
Comment un pécheur osera-t-il paraître devant vous? et comment daignerez-vous venir vers ce pécheur?
Vous connaissez votre serviteur, et vous savez qu’il n’y a en lui aucun bien qui mérite cette grâce.
Je confesse donc ma bassesse , je reconnais votre bonté , je bénis votre miséricorde , et je vous rends grâces , à cause de votre immense charité.
Car c’est pour vous-même et non pour mes mérites que vous en usez de la sorte, afin que je connaisse mieux votre tendresse , et que , embrasé d’un plus grand amour, j’apprenne à m’humilier plus parfaitement, à votre exemple.
Et puisqu’il vous plaît ainsi , et que vous l’avez ainsi ordonné, je reçois avec joie la grâce que vous daignez me faire : et puisse mon iniquité n’y pas mettre obstacle !
2. O tendre et bon Jésus ! quel respect , quelles actions de grâces, quelles louanges perpétuelles ne vous devons-nous pas, pour la
3 fio l’imitation de jésus-christ.
réception de voire sacré Corps, si élevé audessus de tout ce que peut exprimer le langage de l’homme !
Mais que penserai-je en le recevant, en m’approchant de mon Seigneur, que je ne puis révérer autant que je le dois, et que cependant je désire ardemment recevoir ?
Quelle pensée meilleure et plus salutaire que de m’abaisser profondément devant vous, et d’exalter votre bonté infinie pour moi?
Je vous bénis , mon Dieu , et je veux vous louer éternellement. Je me méprise et me confonds devant vous dans l’abîme de mon abjection.
3. Vous êtes le Saint des saints , et moi le rebut des pécheurs.
Vous vous inclinez vers moi , qui ne suis pas digne de lever les yeux sur vous.
Vous venez à moi , vous voulez être avec moi , vous m’invitez à votre table. Vous voulez me donner à manger un aliment céleste , le pain des Anges, qui n’est autre que vousmême, 6 pain vivant , qui êtes descendu du ciel , et qui donnez la vie au monde 1 !
4. Voilà la source de l’amour et le triomphe de votre miséricorde. Que ne vous doiton pas d’actions de grâces et de louanges pour ce bienfait !
O salutaire dessein que celui que vous conçûtes d’instituer votre Sacrement ! ô doux et
» Joann., vi, 48, 50, 54.