LIV. IV. CHAP. II
délicieux banquet , où vous vous donnâtes vous-même pour nourriture !
Que vos œuvres sont admirables, Seigneur!
que votre puissance est grande ! que votre vérité est ineffable !
Vous avez dit , et tout a été fait', et rien n’a été fait que ce que vous avez ordonné.
5. Chose merveilleuse , que nul homme ne saurait comprendre , mais que tous doivent croire; que vous, Seigneur mon Dieu, vrai Dieu et vrai homme, vous soyez contenu tout entier sous la moindre partie des espèces du pain et du vin , et que , sans être consumé , vous soyez mangé par celui qui vous reçoit.
Souverain maître de l’univers, vous qui, n’ayant besoin de personne, avez cependant voulu habiter en nous par votre Sacrement :
conservez sans tache mon âme et mon corps , afin que je puisse plus souvent célébrer vos saints mystères , avec la joie d’une conscience pure , et recevoir pour mon salut éternel ce que vous avez institué principalement pour votre gloire, et pour perpétuer à jamais le souvenir de votre amour.
6. Réjouis-toi, mon âme, et rends grâces à Dieu d’un don si magnifique, d’une si ravissante consolation , qu’il t’a laissée dans celte vallée de larmes.
Gar toutes les fois qu’on célèbre ce mystère,
* Ps. cxlvui,5.
L’IMITATION DE JÊSÜS-«HRI5T.
et qu’on reçoit le corps de Jésus-Christ , l’on consomme soi-même l’œuvre de sa rédemption , et on participe à tous les mérites du Christ.
Car la charité de Jésus-Christ ne s’affaiblit jamais, et jamais sa propitiation infinie ne s’épuise.
Vous devez donc toujours vous disposer à cette action sainte par un renouvellement d’esprit, et méditer attentivement ce grand mystère de salut.
Lorsque vous célébrez le divin sacrifice, ou que vous y assistez, il doit vous paraître aussi grand, aussi nouveau, aussi digne d’amour que si, ce jour là-même, Jésus-Christ descendant pour la première fois dans le sein de la Vierge , se faisait homme , ou que , suspendu à la croix , il souffrît et mourût pour le salut des hommes.
RÉFLEXION
L’Apôtre saint Jean ? ravi en esprit dans la Jérusalem celestc, vit, au milieu du trône de Dieu, un Agneau comme égorgé, t* autour de lui les s pt esprits que Dieu envoie par toute la terre, et v.ugl-quatre vieillards; et ces vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, tenant dans leurs mains des harpes et des coupes pleines de parfums, qui sont les prières des saints: et iis chantaient un cantique nouveau à la louange de celui qui a été mis à mort, et qui nous a rachetés pour Dieu, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation : et des myriades d’anges élevaient leurs voix, et disaient : L'Agneau qui a été égorgé est digne de recevoir puissance, dignité, sagesse, force,
LIT. IT. CiUP. II.