‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 269 sur 323 · LIT. IV. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIT. IV. CHAP. X

par tous les moyens, de les en éloigner autant qu’il peut.

2. Aussi est-ce au moment où ils s’y disposent, que quelques-uns éprouvent les plus vives attaques de Satan.

Cet esprit de malice, comme il est écrit au livre de Job, vient parmi les enfants de Dieu pour les troubler par les ruses ordinaires de sa haine, cherchant à leur inspirer des craintes excessives et de pénibles perplexités, pour affaiblir leur amour, ébranler leur foi, afin qu’ils renoncent à communier, ou qu’ils ne communient qu’avec tiédeur.

Mais il ne faut pas s’inquiéter de ses artifices et de ses suggestions, quelque honteuses, quelque horribles qu’elles soient, mais les rejeter toutes sur lui.

Il faut se rire avec mépris de cet esprit misérable, et n’abandonner jamais la sainte Communion, à cause de ses attaques et des mouvements qu’il excite en nous.

3. Souvent aussi l’on s’en éloigne par un désir trop vif de la ferveur sensible, et parce qu’on aconçu de l’inquiétude sur sa confession.

Agissez selon le conseil de personnes prudentes, et bannissez de votre cœur l’anxiété et les scrupules, parce qu’ils détruisent la piété, et sont un obstacle à la grâce de Dieu.

Ne vous privez point de la sainte Communion, dès que vous éprouvez quelque trouble ou une légère peine de conscience ; mais confessez-vous au plus tôt, et pardonnez sincère-

ment aux autres les offenses que vous avez reçues d’eux.

Que si vous avez vous-même offensé quelqu’un, demandez-lui humblement pardon, et Dieu aussi vous pardonnera.

A. Que sert de tarder à se confesser, et de différer la sainte Communion ?

P urifiez-vous promptement, hâtez-vous de rejeter le venin et de recourir au remède; vous vous en trouverez mieux que de différer longtemps.

Si vous différez aujourd'hui pour une raison, peut-être s’en présentera-t-il demain une plus forte; et vous pourriez ainsi être sans cesse détourné delà Communion, et sans cesse ■\ous y sentir moins disposé.

Ne perdez pas un moment, secouez votre langueur, déchargez-vous de ce qui vous pèse : car à quoi revient-il de vivre toujours dans l’anxiété, toujours dans le trouble, et d’être éloigné chaque jour par de nouveaux obstacles de la Table sainte?

Rien aü contraire ne nuit davantage que de s’abstenir longtemps de communier, car d’ordinaire l’âme tombe par là dans un profond assoupissement.

O douleur! il se rencontre des chrétiens si tièdes et si lâches, qu’ils saisissent avec joie tous les prétextes pour différer à se confesser, et dès lors aussi à communier, afin de n’être pas obligés de veiller avec plus de soin sur eux-mêmes.

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