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5. Hélas! qu’ils ont peu de piété, peu d’amour, ceux qui se privent si aisément de la sainte Communion !
Qu’il est heureux, au contraire, et agréable à Dieu, celui qui vit de telle sorte, et qui conserve sa conscience si pure, qu’il serait préparé à communier tous les jours, et communierait en effet s’il lui était permis, et qu’il pût le faire sans singularité !
Si quelqu’un s’en abstient quelquefois par humilité, ou par une cause légitime, on doit louer son respect.
Mais si sa lerveur s’est refroidie, il doit se ranimer, et faire tout ce qu’il peut; et Dieu secondera ses désirs, à cause de la droiture de sa volonté qu’il considère principalement.
6. Que si des motifs légitimes l’empêchent d’approcher de la sainte Table, il conservera toujours l’intention et le saint désir de communier ; et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement.
Quoique tout fidèle doive, à certains jours et au temps fixé, recevoir, avec un tendre respect, le Corps du Sauveur dans son Sacrement, et rechercher en cela plutôt la gloire de Dieu que sa propre consolation ; cependant il peut aussi communier en esprit tous les jours, ù toute heure, avec beaucoup de fruit.
Car il communie de cette manière, et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ, toutes les fois qu’il médite avec piété les mystères de
son Incarnation et de sa Passion, et qu'il s'enflamme de son amour.
7. Celui qui ne se prépare à la Communion qu’aux approches des fêtes, ou quand la coutume l’y oblige, sera souvent mal préparé.
Heureux celui qui s’offre au Seigneur en holocauste, toutes les fois qu’il célèbre le sacrifice, ou qu’il communie.
Ne soyez, en célébrant les saints mystères, ni trop lent ni trop prompt, mais conformezvous à l’usage orainaire et régulier de ceux avec qui vous vivez.
Il ne faut point fatiguer les autres ni leur causer d’ennui, mais suivre l’ordre commun établi par vos pères, et consulter plutôt l’utilité de tous, que votre attrait et votre piété particulière.
RÉFLEXION
Qu’il faille exciter des chrétiens à s’asseoir à la Table sainte, à se nourrir du pain de vie, à recevoir en eux Y auteur et le consommateur de la foi 1 , le Sauveur des hommes, le Verbe de Dieu; qu’ils cherchent de tous côtés des prétextes ponr se tenir éloignés de lui; qu’ils regardent comme une dure obligation le devoir qu’impose l’Eglise de participer, en certains temps, au corps et au sang de Jésus-Christ : c’est quelque chose de si prodigieux et tout ensemble de si effrayant, que l’âme fuit cette pensée, comme elle fuirait une vision de l’enfer. Mais, parmi les fidèles que l’amour attire au banquet sacré de l’Epoux, il en est qui, abusés par de tristes et fausses doctrines, ou retenus parles scrupules d’une conscience timide à l’excès, ne se croient jamais assez préparés,
* Héb., xii, 2.