‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 273 sur 323 · LIV. IV. CIIAP. XI · texte numérisé non relu

LIV. IV. CIIAP. XI

Je possède réellement et j'adore celui que les anges adorent dans le ciel : mais je ne le vois encore que par la foi, tandis qu’ils le voient tel qu’il est et sans voile !

Il faut que je me contente de ce flambeau de la vraie foi, et que je marche à sa lumière, jusqu’à ce que luise l’aurore du jour éternel, et que les omb?'es des figures déclinent 1 .

Mais quand ce qui est parfait sera venu % l’usage des Sacrements cessera, parce que les bienheureux, dans la gloire céleste, n’ont plus besoin de secours.

Ils se réjouissent sans fin dans la présence de Dieu, et contemplent sa gloire face à face ;

f )énétrés de sa lumière et comme plongés dans 'abîme de sa divinité, ils goûtent le Verbe de Dieu fait chair, tel qu’il était au commencement et tel qu’il sera durant toute l’éternité.

3. Qu’au souvenir de ces merveilles, tout me soit un pesant ennui, même les consolations spirituelles ! car tandis que je ne verrai point le Seigneur mon Dieu dans l’éclat de sa gloire, tout ce que je vois, tout ce que j’entends en ce monde ne m’est rien.

Vous m’êtes témoin, Seigneur, que je ne trouve nulle part de consolation, de repos en nulle créature j je ne puis en trouver qu’en vous seul, mon Dieu, que je désire contempler éternellement.

1 Gant., il, 17. — * Cor., xui, 10.

l’imitation de jésus-christ.

Mais cela ne peut être tant que je vivrai dans ce corps mortel.

Il faut donc que je me prépare à une grande patience, et que je soumette à votre volonté tous mes désirs.

Car vos Saints, Seigneur, qui, ravis d’allégresse, régnent maintenant avec vous dans le ciel, ont aussi, pendant qu’ils vivaient, attendu avec une grande foi et une grande patience l’avénement de votre gloire.

Je crois ce qu’ils ont cru; ce qu’ils ont espéré, je l’espère; j’ai la confiance de parvenir, aidé de votre grâce, là où ils sont parvenus.

Jusque-là, je marcherai dans la foi, fortifié par leurs exemples.

J’aurai aussi les Livres saints pour me consoler et m’instruire, et par-dessus tout votre sacré Corps, pour remède et pour refuge.

4. Car je sens que deux choses me sont ici-bas souverainement nécessaires, et que sans elles je ne pourrais porter le poids de cette misérable vie.

Enfermé dans la prison du corps, j’ai besoin d’aliments et de lumière.

C’est pourquoi vous avez donné à ce pauvre infirme votre chair sacrée, pour être la nourriture de son âme et de son corps, et votre parole pour luire comme une lampe devant ses pas 1 .

Je ne pourrais vivre sans ces deux choses : «

1 Ps. CXVIII, 105,

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