LIT. IV. CHAP. XIII
Vous êtes le Roi pacifique 1 ; en vous est la paix souveraine et le vrai repos ; hors de vous, il n’v a que travail, douleur, misère infinie.
Vous êtes vraiment un Dieu caché ; vous vous éloignez dos impies, mais vous aimez à converser avec les humbles et les simples 2 .
Oh ! que votre tendresse est touchante, Seigneur, vous qui, pour montrer à vos enfants tout votre amour, daignez les rassasier d’un pain délicieux qui descend du ciel 3 /
Certes, nul autre peuple , quelque grand qu’il soit, n’a des dieux gui s'approchent de lui *, comme vous, mon Dieu; vous vous rendez présent à tous vos fidèles , vous donnant vous-même à eux chaque jour, pour être leur nourriture, et pour qu’ils jouissent de vous, afin de les consoler et d’élever leur cœur vers le ciel.
3. Quel est le peuple, en effet, comparable au peuple chrétien? quelle est, sous le ciel, la créature aussi chérie que l’àme fervente en qui Dieu daigne entrer pour la nourrir de sa chair glorieuse ?
O faveur ineffable ! ô condescendance merveilleuse ! ô amour infini , qui n’a été montré qu’à l’homme !
Mais que rendrai -je au Seigneur pour cette grâce , pour cette immense charité ?
Je ne puis rien offrir à mon Dieu qui lui soit plus agréable , que de lui donner mon
* I. Paralip., xxn, 9. — 5 Is..xiv, 15. Prov., m, S2. — 3 Offiic. du S. Sacrera. — * Deut., iv, 7.
l'imitation de jésus-ciirist.
cœur sans réserve, et de m’unir intimement à lui.
Alors mes entrailles tressailliront de joie, lorsque mon âme sera parfaitement unie à Dieu.
Alors il me dira : Si vous voulez être avec moi , je veux être avec vous. Et je lui répondrai : Daignez demeurer avec moi, Seigneur; je désire ardemment d’être avec vous. Tout mon désir est que mon cœur vous soit uni.
RÉILEXIOX.
« Je m'abandonne à vous, ô mon Dieu : à voire « unité pour être fait un avec vous ; à votre infinité et à « votre immensité incompréhensible, pour m'y perdre « et m’y oublier moi-même ; à votre sagesse iufinie , « pour etre gouverné selon vos desseins, et non pas « selon mes pensées; à vos décrets éternels, connus et K inconnus, pour m’y conformer, parce qu’ils sont tous « également justes ; à votre éterniié, pour en faire mon « bonheur; à votre toute-puissance, pour être toujours « sous voire main ; à votre bonté paternelle, afin que, « dans le temps que vous m’avez marqué, vous receviez « mon esprit entre vos bras; à votre justice, autant a qu’elle justifie l’impie et le pécheur, afin que, d'impie a et de pécheur, vous le fassiez juste et saint. Il n’y a « qu’à cotte justice qui punit les crimes que je ne veux « pas m’abandonner; car ce serait m’abandonner à la « damnation que je mérite; et néanmoins, Seigneur, « elle est sainte, celte justice, comme tous vos autres « attributs ; elle est sainte et ne doit pas être privée de « son sacrifice. 11 faut donc aussi m’y abandonner, et « voici que Jésus -Christ se présente, afin que je m'y « abandonne en lui et par lqi *. n
I Bossuet.