L1V. IV, CHAP. XVI
délaissé 1 ? Alors tout orgueil est abattu ; ou ne trouve en soi qu’infirmité ; on s'humilie sous la main qui frappe, mais qui frappe pour guérir, et ce saint exercice d’abnégation , plus méritoire pour l’âme fidèle et plus agréable à Dieu qu’aucune ferveur sensible , attendrit le céleste Epoux et le ramène près de l’Epouse qui , privée de son bien-aimé, veillait dans sa douleur, semblable au passereau solitaire qui gémit sous le toit 2 . 11 se découvre à elle dans la divine Eucharistie; il la console, il essuie ses larmes, il lui prodigue ses chastes caresses , il l’embrase de son amour, comme les disciples d’Emmaüs , alors qu’ils disaient : Notre cœur n'était-il pas tout brillant au dedans de nous , lorsqu’il nous parlait dans le chemin, et nous ouvrait les Ecritures 3 ? Seigneur, je m’avoue indigue de goûter ces ravissantes douceurs. Je connais mon iniquité , et mon péché est sans cesse devant moi 4 . Que me devez-vous, sinon la rigueur et le châtiment? Et toutefois j’oserai implorer votre miséricorde immense : je m’approcherai , le front contre terre , de la source d’eau vive, espérant que votre pitié en laissera tomber quelques gouttes sur mon âme aride. Accordezr moi, Seigneur, ce rafraîchissement avant que je m’en aille, et bientôt je ne serai plus 5 .