LIV. IV. CHAP. XVI
ténébreuse, de sa nature impuissante et dégradée, sort une réponse de mort. Chrétiens, ne l'oubliez jamais, le juste vit delà foi x . Vivez donc de la foi, en vivant de l'adorable Eucharistie , qui en est la plus forte comme la plus douce épreuve. Celui qui est la voie, la vérité , la vie 2 , Jésus-Christ, fils de Dieu, a parlé; il a dit : Ceci est mon corps, ceci est mon sang *. Le croyez-vous ainsi Oui, je le crois ainsi, Seigneur. Le ciel et la terre passeront, mais vos paroles ne passeront point 5 . Je crois et je confesse que ce qui était du pain est vraiment votre corps , que ce qui était du vin est vraiment votre sang. Mon esprit se soumet, et impose silence aux sens révoltés. Dieu a tant aimé l’homme qu'il a donné pour lui son fils unique 6 : et
f iour compléter, pour perpétuer à jamais ce grand don, e Fils aussi se donne à l’homme , tous les jours, à la Table sainte , réellement et substantiellement. Encore un coup , je crois , Seigneur, je crois à V amour que Dieu a eu pour nous 7 , à l’amour du Père, à l’amour du Fils; et cet amour infini explique tout, éclaircit tout , satisfait à tout. Qu’importe que nous comprenions? Ne savons-nous pas que vos voies sont impénétrables 8 , et que celui gui sci'ute la majesté sera opprimé par la gloire 9 ? Notre bonheur est de croire sans comprendre; notre bonheur est de nous plonger les yeux fermés et de nous perdre dans l’abîme incompréhensible de votre amour. Que la raison superbe et contentieuse se taise donc : qu’elle cesse d'opposer insolemment sa faiblesse à votre toute-puissance. A ses doutes, à ses demandes curieuses, nous n'avons qu’une réponse : Dieu a tant aimé! et cette réponse suffit, et nulle autre ne suffit sans elle. Elle pénétre comme une vive lumière, au fond du cœur en état de l'entendre, du cœur qui croit à l'amour, qui sait et qui sent ce que c'est que d’aimer. Vous vous étonnez qu’un Dieu se cache sous ies faibles apparences d'un pain terres -
1 Rom., i, 17. — 2 Joann.,xiv, 6. — 3 Malth.,xxvi , 26, 28. — v Joatin., xi, 26. — 5 Mallh., xxiv, 35. — Joann., ni, 16.— 1 1. Joan., iv, 16.— 8 Rom., xi, 33. — 9 Prov., xxv. 2'\
L'IMITATION DB JÊSUS-CHBIST.
tre et corruptible, que le Sauveur des hommes se soit fait leur aliment; vous hésitez, votre foi chancelle: c’est que vous n'aimez pas! et vous, âmes croyantes, âmes fidèles, allez à l’autel avec joie, fermeté, confiance; allez à Jésus, allez au banquet mystérieux de l’amour. «Et où irions-nous, Seigneur? Quoi! à la « chair et au sang, à la raison, à la philosophie? aux « sages du monde? aux murmuvateurs, aux incrédules, « à ceux qui sont encore tous les jours à nous demank der : Comment nous peut-il donner sa chair à mank ger? comment est-il dans le ciel, si, en même temps, k on le mange sur la terre? Non, Seigneur, nous ne vou« « Ions point aller à eux, ni suivre ceux qui vous quit- « tent. Nous suivrons saint Pierre, et nous dirons 1 ? « Maître , où irions-nous? vous avez les paroles de l\ « vie éternelle s . »
1 Jaann., vi, 60. — * Bossuet.
FIN DO LIVRE QLjATIULME.
Ces Prières sont extraites du Manuel de Piété de Fénelon.
La Messe est de toutes les actions du Christianisme la plus glorieuse à Dieu et la plus utile au salut de l’homme. Jésus-Christ y renouvelle le grand mystère de la Rédemption. Il se fait encore dans ce sacrifice réel , quoique non sanglant, notre victime, et vient en personne nous appliquer à chacun en particulier les mérites de ce sang adorable qu'il a répandu pour nous tous sur la croix. Assistez donc à la sainte messe avec modestie, avec attention, avec respect; venez-y avec des dispositions vraiment chrétiennes ; prenez-y l’esprit de Jésus-Christ, offrez-vous avec lui et par lui.