‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 55 sur 323 · LIV. I. CHAP. XXV · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. XXV

Pourquoi es-tu venu ici, et pourquoi as-tu quitte le siècle?

N’était-ce pas afin de vivre pour Dieu , et devenir un homme spirituel ?

Embrasez-vous donc du désir d’avancer, parce que vous recevrez bientôt la récompense de vos travaux, et qu’alors il n’y aura plus ni crainte ni douleur.

Maintenant un peu de travail, et puis un grand repos : que dis-je? une joie éternelle !

Si vous agissez constamment avec ardeur et fidélité, Dieu aussi sera sans doute fidèle et magnifique dans ses récompenses.

Vous devez conserver une ferme espérance de parvenir à la gloire; mais il ne faut pas vous livrer à une sécurité trop profonde , de peur de tomber dans le relâchement ou dans la présomption.

2. Un nomme qui flottait souvent, plein d’anxiétés, entre la crainte et l’espérance, étant un jour accablé de tristesse, entra dans une église, et. se prosternant devant un autel pour prier, il disait et redisait en lui-même : On ! si je savais que je dusse persévérer ! Aussitôt il entendit intérieurement celte divine réponse ï Si vous le saviez, que voudriez-vous faire?

Faites maintenant ce que vous feriez alors , et vous jouirez de la paix.

Consolé à l’instant même, et fortifié, il s’abandonna sans réserve à la volonté de Dieu, et ses agitations cessèrent.

11 ne voulut plus rechercher avec curiosité

ce qui lui arriverait dans l’avenir; mais il s’appliqua uniquement à connaître la volonté de Dieu, et ce qui lui plaît davantage, afin de commencer et d’achever tout ce qui' est bien.

3. Espérez en Dieu , dit le Prophète, et fai tes le bien : habitez en paix la terre , et vous serez nourri de ses richesses *.

Une chose refroidit en quelques-uns l’ardeur d’avancer et de se corriger : la crainte des difficultés, et le travail du combat.

En effet, ceux-là devancent les autres dans la vertu, qui s’efforcent avec le plus de courage de se vaincre eux-mêmes dans ce qui leur est le plus pénible et qui contrarie le plus leurs penchants.

Car l’homme fait d’autant plus de progrès et mérite d’autant plus de grâces, qu’il se surmonte lui-même et se mortifie davantage.

A. Il est vrai que tous n’ont pas également à combattre pour se vaincre et mourir à euxmêmes.

Cependant un homme animé d’un zèle ardent avancera bien plus, même avec de nombreuses passions, qu’un autre à cet égard mieux disposé, mais tiède pour la vertu.

Deux choses aident surtout à opérer un grand amendement : s’arracher avec violence à ce que la nature dégradée convoite, et travailler ardemment à acquérir la vertu dont on a le plus grand besoin.

1 Ps. XXXVI, 3. • i •

lit. I. CHÀP. XXV. 8S

Attachez-vous aussi particulièrement à éviter et à vaincre les défauts qui vous déplaisent le plus dans les autres.

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