‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 73 sur 323 · LIT. II. CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIT. II. CHAP. IX

toutes vos actions : car ce moment passera et sera suivi de la tentation.

Quand la consolation vous est ôtée, ne vous découragez pas aussitôt; mais attendez avec humilité et avec patience que Dieu vous visite de nouveau : car il est tout-puissant pour vous consoler encore plus.

Cela n’est ni nouveau ni étrange pour ceux qui ont l’expérience des voies de Dieu : les grands Saints et les anciens prophètes ont souvent éprouvé ces vicissitudes.

5. Un d’eux, sentant la présence de la grâce, s’écriait : J’ai dit dans mon abondance : Je ne serai jamais ébranlé! Mais la grâce s’étant retirée , il ajoutait ; Fous avez détourné de moi votre face, et j’ai été rempli de trouble *.

Dans ce trouble, cependant, il ne désespère point, mais il prie le Seigneur avec plus d'instance, disant : Seigneur, je crierai vers vous, et j’implorerai mon Dieu a .

Enfin il recueille le fruit de sa prière , et il témoigne qu’il a été exaucé : Le Seigneur m’a écouté, et il a eu pitié de moi : le Seigneur s’est fait mon appui 3 .

Mais comment? Vous avez, dit-il, changé mes gémissements en chants d’allégresse , et vous m’avez environné de joie *.

Or, puisque Dieu en use ainsi avec les plus grands Saints, nous ne devons pas perdre courage, pauvres infirmes que nous sommes,

1 Ps. XXIX, 7, 8. — * Ibid.. 9. — * Ibid., 11. — 'Ibid., 12.

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si quelquefois nous éprouvons de la ferveur et quelquefois du refroidissement : car l’esprit de Dieu vient et se retire comme il lui plaît. Ce qui faisait dire au bienheureux Job : Vou s visitez l’ homme des le matin, et aussitôt vous f éprouvez '.

6. En quoi donc espérer, et en quoi mettre ma confiance , si ce n’est uniquement dans la grande miséricorde de mon Dieu et dans l’attente de la grâce céleste ?

Car, soit que j’aie près de moi des hommes vertueux, des religieux fervents, des amis fidèles ; soit que je lise de saints livres et d’éloquents traités ; soit que j’entende le doux chant des hymnes ; tout cela aide peu et ne touche guère, quand la grâce se retire, et que je suis délaissé dans ma propre indigence.

Alors il n’est point de meilleur remède qu’une humble patience, et l’abandon de soimême à la volonté de Dieu.

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