Je n’ai jamais rencontré d’homme si
J lieux et si parfait, qui n’ait éprouvé quelqueois cette privation de la grâce, et une diminution de ferveur.
Nui Saint n’a été ravi si haut ni si rempli de lumières, qu’il n’aif été tenté avant ou après.
Car il n’est pas digne d’être élevé jusqu’à la contemplation de Dieu celui qui n’a pas souffert pour Dieu quelque tribulation.
* Job, vu, 18.
LIF. n. CHAP. IX. 123
La tentation annonce d’ordinaire la consolation qui doit suivre.
Car la consolation céleste est promise à ceux <ra’a éprouvés la tentation. Celui qui vaincra, ait le Seigneur, je lui donnerai a manger du fruit de l’arbre de vie i * .
8. La consolation divine est donnée, afin que l’homme ait plus de force pour soutenir l’adversité.
La tentation vient après , afin qu’il ne s’enorgueillisse pas du bien.
Car Satan ne dort point, et la chair n’est pas encore morte : c’est pourquoi ne cessez de vous préparer au combat, parce qu’à droite et à gauche sont des ennemis qui ne se reposent jamais.
RÉFLEXION-
Bien que l’humanité sainte du Sauveur ne cessât de jouir, par son intime union avec le Verbe divin, d’une paix et d’une joie inaltérables, il ne laissait pas de ressentir souvent, dans la partie inférieure de l’âme, les afflictions et les douleurs devenues l’apanage de notre nature depuis le péché. Qui n’a présentes à l’esprit ces grandes paroles : Mon âme est triste jusqu’à ta mort *. Mon Père! mon Père '.pourquoi m’avez-vous délaissé 3 ? Ainsi l’àine chrétienne, sans perdre sa paix, est éprouvée aussi par la tristesse et les tribulations intérieures. Si elle goûtait toujours la consolation, il serait à craindre qu’elle ne tombât peu à peu dans le relâchement ; et qu’aurait -elle d’ailleurs à offrir à son bien-aimé? La vertu se perfectionne dans V infirmité. C’est l’Apôtre qui nous l’apprend, et il ajoute aussitôt : Je me glorifierai donc dans mes infirmités, afin que la vertu de
1 Àpoc., n, 7. — * Matth., xxvi, 38. — * Ibid.,