L’AMOUREUX
Bonjour, Colin, où vont tes pas?
Je veux te dire un mot tout bas; J’apprens que des soins du ménage, Des travaux de ton labourage ,
Et de mille autres embarras Depuis longtemps tu te sens las :
Que tu te plains , que tu fais rage , Disant que , dans un si liant âge , Noble et bourgeois sont gros et gras, Et font d’argent de grands amas; Tandis qu’au fond de ton village , Tu vis comme dans l’esclavage ,
Et que mieux vaudrait le trépas; Ainsi, Colin, ne tarde pas,
Viens te soumettre, avec courage,
A la mort qui te tend les bras.
Gentil amoureux gent et frique Qui vous cuidez de grant valeur,
Tous êtes pris, la mort vous picque Le monde lairez à douleur.
[Les Simulacres.)