‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 111 sur 139 · L’AMOUREUX · texte numérisé non relu

L’AMOUREUX

Bonjour, Colin, où vont tes pas?

Je veux te dire un mot tout bas; J’apprens que des soins du ménage, Des travaux de ton labourage ,

Et de mille autres embarras Depuis longtemps tu te sens las :

Que tu te plains , que tu fais rage , Disant que , dans un si liant âge , Noble et bourgeois sont gros et gras, Et font d’argent de grands amas; Tandis qu’au fond de ton village , Tu vis comme dans l’esclavage ,

Et que mieux vaudrait le trépas; Ainsi, Colin, ne tarde pas,

Viens te soumettre, avec courage,

A la mort qui te tend les bras.

Gentil amoureux gent et frique Qui vous cuidez de grant valeur,

Tous êtes pris, la mort vous picque Le monde lairez à douleur.

[Les Simulacres.)

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