LA MORT AU MÉNÉTRIER
Il est vrai, je l’ai dit, dans l’excès de ma peine, Qu’un cerf couru des chiens, qu’un forçat à la chaîne Endure moins de maux qu’un pauvre laboureur; Mais, dès-lors, revenu de cette folle erreur,
Je conviens que mes maux sont moins insupportables Que ceux qu’ont à souffrir cent autres misérables : Et puis, chacun préfère, à mon avis,
Les maux du monde aux biens du paradis.
[Merian.)
Notre danse des morts est encore imparfaite;
Il nous y manque un joueur de clairon :
Viens ça, compère Aliboron !
Aussi bien de ton temps , ne fut-il point de fête Où ne retentit ta musette ;
Mais sache que chez nous il faut changer de ton La Mort ne danse pas ainsi que la soubrette ,
Ce sont des autres airs, c’est un autre fredon. Voyons, si je pourrais racler du violon :
Pour toi, qui si souvent fis sauter la grisette, Danse à ton tour un rigodon.