‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 106 sur 111 · QVE LA GRACE 1)K LA DEVOTION S ACQMERT PAU I. UIMILITE · texte numérisé non relu

QVE LA GRACE 1)K LA DEVOTION S ACQMERT PAU I. UIMILITE

ET L'Ali^EGATION CE SOI-MEME.

f-^^ l^t^^f) I L faut rechercher avec empres- ;^^^"^V'-A, sèment la {rrace de la dévotion.

^^} la demander avec ardeur, l'ai Li^X tendre patiemment et avec con- W:^^Ty^-3 fiance, la recevoir avec grati- [ tude, la conseï \er avec humilité, concourir avec ^ zèle à son opération, et remettre à Dieu, jusqu'à ^ ce qu'il vienne à vous, le temps et la manière *? de \ous visiter, /

Vous de\ ez surtout vous humilier , lorsque ( vous ne sentez en vous que peu ou point de ferveur; mais sans vous laisser trop abattre, ni vous affliger avec excès.

Souvent Dieu donne en un moment ce qu'il a long-temps refusé.

Il accorde quelquefois à la fin de la prière ce (ju'il a différé de donner au commencement.

2. Si la grâce était toujours accordée sans délai, et si on l'obtenait à souhait l'homme infirme ne pourrait la supporter.

C'est pourquoi l'on doit attendre la grâce de la ferveur avec une confiance ferme et une humble patience.

Aô't IMITATION

Lorsqu'elle vous est cependant refusée ou ôtée secrètement, ne l'imputez qu'à vous-même et à vos péchés.

C'est quelquefois peu de chose qui arrête et dérobe la {jrace, si toutefois l'ondoitappeler léger plutôt que grave ce qui nous prive d'un si grand bien.

3Iais , quel que soit cet obstacle, si vous l'écartezetle surmontez parfaitement, vous aurez ce que vous avez demandé.

5. Car aussitôt que vous vous serez donné à Dieu de tout votre cœur, et que, cessant d'errer d'objets en objets au gré de vos désirs, vous vous serez remis entièrement entre ses mains , vous vous trouverez uni à lui et en paix avec vousmême, parce que rien alors ne vous sera doux et agréable que ce qui peut plaire à la volonté divine.

Quiconque élèvera donc son intention vers Dieu avec un cœur simple , et se dégagera de tout amour et de toute aversion déréglée des créatures, sera très-propre à recevoir la grâce , et digne du don de la ferveur.

Car le Seigneur répand sa bénédiction là où il trouve des vases vides.

Et plus un homme renonce parfaitement aux

choses d'ici-bas, plus il se méprise et meurt à

p lui-même; plus aussi la grâce vient à lui promp-

tement, plus elle s'insinue abondamment , plus

f elle affranchit et élève le cœur.

DE JÉSUS CHRIST. loS

4. Alors il verra, il admirera, et, dans son abondance, son cœur se dilatera en lui, parce que la main du Seigneur est avec lui, et qu'il s'est lui-même remis sans réserve et pour toujours entre ses mains. Ainsi sera béni l'homme ijui cherche Dieu de tout son cœur , et qui n'a |)as reçu son ame en vain.

En recevant la sainte Eucharistie , il mérite d'obtenir la (^race d'une union plus grande avec Dieu , parce qu'il ne considère point sa propre dévotion et sa consolation , mais au-dessus de toute dévotion et de toute consolation , l'honneur et la gloire de Dieu.

RÉFLEXION

A grâce , sans doute , ne manque jamais à l'homme ; mais elle dispose le cœur de l'homme de diverses manières , selon son bon plaisir. Quelquefois Tamour qu'elle y allume est un vaste incendie qui absorbe tout : d'autres fois, ce n'est qu'une flamme faible et languissante en apparence. L'éclat qu'elle y répand est tantôt une immense lumière, à laquelle rien n'échappe; tantôt une faible lueur, qui semble prête à s'éteindre ; c'est à la faveur de cette grande lumière que plusieurs ont été favorisés des plus étonnantes révélations. Les uns ont vu devant eux le signe sacré de notre rédemption, la croix entourée de toute sa gloire; les autres, ra-

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vis dans de saintes extases, ont été vus, au pied des saints autels, entourés d'une gloire au-dessus de toute imagination. D'autres ont vu Jésus-Christ lui-même , couvert de vêtemens si blancs qu'il n'est rien de semblable sur la terre.

Mais tous ne parviennent point à ce haut degré ; et les mêmes n'y demeurent pas toujours. Quelquefois cette grâce extraordinaire se retire ; un voile jaloux leur dérobe une partie de cette lumière dont ils étaient pénétrés ; tout ne peut cependant leur être ravi, et ils sont alors à un degré moins élevé de perfection. Dieu le permet ainsi, parce que si l'homme restait coniinuellement dans cesravissemens dont j'ai parlé i rait plus ni remplir le ministèr( accomplir ses autres devoirs , ni écouler la parole de Dieu , ni même veiller, quand il serait néces saire, à sa propre conservation.

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