CHAPITRE XIV
DU DESIH A1.DL>T DE yLELQLES AMES l'IElSES FOin LE C'.HPS DE J -C.
EiGiNEUR, combien est grande l'abondance de voire douceur que vous avez réservée à ceux qui vous craignent ! ( Ps. 50 , 20 .
Quand je me rappelle avec quelle dévotion et (]uel amour quelques anies pieuses s'approchent, Seigneur, de votre Sa-
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crement, alors je me confonds souvent en moimême , et je rougis de m'approcher de voli e autel et de la table sacrée de la communion , avec tant de froideur et de sëclici'esse ; de demeurer ainsi le cœur sec et sans affection ; de n'être pas entièrement embrasé devant vous , mon Dieu ; et de ne point ressentir cet attrait puissant, cette ardeur qu'éprouvèrent plusieuis de vos serviteurs , qui , dans leur désir extrême de la communion et dans i'émotion de leur amour , ne pouvaient retenir leurs larmes.
Mais ils avaient soif de vous , ô mon Dieu , (jui êtes la source de vie, et leur bouche et leur cœur s'ouvraient également pour s'y désaltérer. Ils ne pouvaient rassasier ni tempérer leur faim qu'en recevant votre corps avec une sainte avidité et une joie ineffable.
2. 0 véritable et ardente foi, preuve sensible de votre sainte présence!
Car ils reconnaïssenl véritablement lenr Seigneur dans la fraction du pain ( Luc , 24, 55), ceux dont le cœur est tout brûlant pour Jésus, lorsqu'il marche avec eux.
Combien souvent est loin de moi une affection si tendre , un amour si vif et si ardent !
Soyez-moi propice , ô bon Jésus, plein de douceur et de miséricorde ! et accordez à votre pauvre et indigent d'éprouver au moins quelquefois, dans la sainte comnninion, quelques mou-
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vcmens de cet amour qui pénètre tout le cœur, afin que ma foi s'affermisse, que mon espérance en votre bonté saccroisse , et que ma charité, une fois bien embrasée, ne s'éteigne jamais après avoir goùlé celte manne céleste.
3. Votre miséricorde est puissante pour m'accorder la grâce que je désire, pour me remplir de l'esprit de ferveur, et me visiter dans votre clémence, quand le jour choisi par vous sera venu.
Car encore que je ne brûle pas de la même ardeur que ces âmes saintes qui vous sont spécialement dévouées , cependant , par votre grâce, j"aspire à éprouver ce grand désir qui les enflamme , souhaitant et demandant d'être compté parmi ceux qui vous servent avec tant de ferveur, et d'être admis dans leur sainte société.
(ILFLEXION.
[eigneur, donnez-nous toujours ce pain:
ce pain dont vous avez dit, qu'il donne la vio éternelle. C'est ce que disent les Juifs : et ils expriment par-la le désir de toute la nature humaine, ou plutôt de toute la nature intelligente. Elle veut vivre éternellement : elle veut ne manquer de rien ; en un mot , elle veut être heureuse. C'est encore ce qu'exprimait la Samaritaine, lors-
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que Jésus lui ayant dit : 0 femme! celui qui bail de l'eau que je donne n'a jamais soif: elle répond aussitôt : Seigneur, donnez-moi celle eau , afin que je n'aie jamais soif, et que je ne sois pas obligée à venir ici puiser de l'eau, dans un puits si profond, avec tant de peine. Encore un coup, la nature humaine veut être heureuse ; elle ne veut avoir ni faim ni soif; elle ne veut avoir aucun besoin, aucun désir a remplir, aucun travail, aucune fatigue : et cela, qu'est-ce autre chose, sinon être heureuse? Voila ce que veut la nature humaine , voilà son fond. Elle se trompe dans les moyens; elle a soif des plaisirs des sens ; elle veut exceller ; elle a soif des honneurs du monde. Pour parvenir aux uns et aux autres, elle a soif des richesses ; sa soif est insatiable : elle demande toujours, et ne dit jamais : C'est assez; toujours plus, et toujours plus. Elle est curieuse ; elle a soif de la vérité; mais elle ne sait où la prendre, ni quelle vérité peut la satisfaire : elle en ramasse ce qu'elle peut par-ci par-là, par de bons, par de mauvais moyens : et , comme toute ame curieuse est légère, elle se laisse tromper par tous ceux qui lui promettent cette vérité qu'elle cherche. Voulez-vous n'avoir jamais faim , jamais n'avoir soif? Venez au pain qui ne périt point, et au Fils de l'Homme qui vous l'administre ; à sa chair, à son sang, où est tout ensemble la vérité et la vie.
Bossu ET.
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DE JESUS-CillUST.