‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 30 sur 111 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DE IS. l'UUETE DU COCLB ET DE LA SIMPLICITE D INTEIVTIOIX.

'itOMME s'élève au-dessus des clîoses de la terre sur deux aies, la siinplicilé et la pureté.

La simplicité doit être dans rinlenlion , et la pureté dans l'affection. La simplicité cher- H clie Dieu, la pureté le possède et le (joùle. Y^

Aucune bonne œuvre ne vous coûtera si vous ^ êtes intérieurement libre de toute affection dé- ''^-\\i^i réglée. \^f^

/^ "t v/ ^\' ' I Si vous n'avez en vue et si vous ne cherchez -^^m'-Ai v tv\\n|l|iP que le bon ))laisir de Dieu et l'ulililé du pro- l \^^f f,'^'

W0^ chain, vous jouirez de la liberté intérieure. lUi'^y/

fW^'^-l^M^^/C^^ Si votre cœur était droit , toute créature se- i|

'iy£f'\t^^P^\\ ï'^^'t pour vous un miroir de vie, et un livre de 1

sainte doctrine. "Y

11 n'est créature si petite et si vile, qui ne soit \

l'image de la bonté de Dieu. a

^^r^Oy 2. Si vous étiez bon et pur au-dedans , vous

^ .'\ ^ verriez sans obstacle , et vous prendriez bien '^

'^ toutes choses. Un cœur pur pénètre le ciel et f'^bcvi^ l'enfer. ' ^ '

Chacun juge des choses du dehors, selon ses \^\ dispositions intérieures.

S'il est quelque joie dans le monde , celui-là

DE JÉSrS-CIIIlIST.

certes la possède , qui a le cœur pur : et s'il y a quelque part des tribulations et des ai\ooisses, personne ne le sait njieux que la mauvaise conscience.

Comme le fer mis au feu perd sa rouille et devient tout élincelant, ainsi l'homme qui &e donne entièrement à Dieu se dépouille de sa langueur, et se transforme en un homme nouveau.

5. Quand l'homme commence à tomber dans la tiédeur, alors il craint le moindre travail, et reçoit avec plaisir les consolations extérieures.

Mais quand il commence à se vaincre parfaitement , et à marcher avec courage dans la voie de Dieu , alors il compte pour rien ce qu'auparavant il jugeait trùs-pénible.

RÉFLEXION

^ ^Zi^^^^^^v^^vx ceux qui ont (e cœur pur .'Qui pourrait dire la jjeauté d'un cœur pur? Une glace parfaitement nette, un or parfaitement affine^, un diamant sans aucune tache, une fontaine parfaitement claire, n'égalent pas la beauté et la netteté d'un cœur pur. Il faut en ôter toute ordure, et cel- ('■ les principalement qui viennent dos plaisirs des -^ sens : car une fjoutte do ces plaisirs Iroiible cette belle fontaine. Qu'elle est belle , qu'elle est ravissante cette fontaine incorruptible d'un cœur pur! Dieu se plaît a s'y voir lui-même comme dans un

beau miroir : il s'y imprime lui-même dans toute sa beaulé. Ce beau miroir devient un soleil parles rayons qui le pénètrent : il est tout resplendissant. La pureté de Dieu se joint à la nôtre , qu'il a luimôme opérée en nous, et nos reijards épurés le verront briller en nous-môiues , et y luire d'une éternelle lumière. Bienlieureiix donc ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu !

CHAPITUE V.

DE Li CONSIDÉRATION UE SOI-MÊME.

ous ne pouvons pas trop nous lier à nous-mêmes, parce que ] souvent la /jrace et i'intelli- ' gence nous manquent.

' Nous avons en nous peu de \c

lumière, et ce peu, nous le perdons bientôt par notre né[|iijO[ence.

Souvent aussi nous ne nous apercevons pas combien nous sommes aveu{jles intérieurement. Souvent nous faisons mal , et nous nous en excusons plus mal encore.

Quel(|uelois la passion nous transporte , et nous croyons que c'est le zèle.

Nous reprenons de petites fautes dans les ^J^^

autres , et nous nous en passons de bien plus gi'andes.

Nous sentons bien vile, et nous pesons ce que nous souliVons des autres; mais nous ne faisons pas attention à ce qu'ils ont à souffrir de nous.

Qui dèserait bien et avec équité ses propres œuvres, n aurait pas sujet déjuger sévèrement autrui.

2. L'homme intérieur préfère le soin de soimême à tout autre som ; et celui qui s'a|»p!ique à veiller sur soi , se tait aisément sur les autres.

Jamais vous ne serez intérieur et viaiment pieux, si vous ne gardez le silence sur les autres, et si vous n'avez une attention particulière sur vous-même.

Si vous êtes entièrement occupé de Dieu et de vous-même, tout ce que vous apercevrez au-dehors vous touchera peu.

Où êies-vous quand vous n'êtes pas présent à vous-même ? et après avoir tout parcouru , qu'avez-vous gagné , si vous vous êtes negh'ge ?

Si vous désirez la paix et une véritable union avec Dieu , il faut laisser là tout le reste, et n'avoir que vous seul devant les yeux.

5. Vous ferez donc de grands progrès , si vous vous dégagez de tout soin temporel ; mais vous déchoirez sensiblement, si vous faites quelque cas des choses passagères.

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Qu'il n'y ait rien pour vous de grand , d'élevé , de doux, d'aimable, que Dieu seul , ou ce qui vient de Dieu.

Regardez comme pure vanité toute consolation que vous présentent les créatures.

L'ame qui aime Dieu envisage tout comme infiniment au-dessous de Dieu.

Dieu seul, éternel , immense , remplissant tout, est la consolation de l'ame, cl la vraie joie du cœur.

RÉFLEXION

^j-,-,^^j^oN fiU, souvenez-vous de voire fin,et vous ne pécherez jamais. Remettez-vous devantles yeux voire origine, songez à votre vie, souvenez-vous de votre Gn. La première de ces trois choses est un sujet de lionle ; la seconde, un sujet de douleur; la troisième, un sujet de crainte. Pensez d'où vous êtes venu , et rougissez ; où vous êtes , et gémissez; où vous allez, et tremblez

Qu'est-ce que la vie de l'homme sur la terre? Travail , douleur, affliction de l'esprit. Mais vous n'v pensez [)as; \ous ressemblez d un enfant qui serait né dans une prison où il aurait été élevé sans avoir jamais \u la lumière. Il s'étonne d'entendre sa mèie fait e retentir ses plaintes de ce qu'elle en est privée; c'est qu'il n'y a qu'elle qui l)uisse juger par comparaison , et qui se trouve

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DE JÉSUS-CIIRIST. ^ I I

malheureuse , par la dilTôrcnce de rélaloù elle est avec celui qu'elle a perdu.

SAINT BEBNARI).

CHxVPITRE VI.

UK lA JOIE D'L'i\E bonne CONSCIENCE.

A gloire de riiomme de bien est le témoignage de .sa bonne conscience. (II. Cor. i, i!2. ) Ayez une bonne conscience, et vous serez toujours dans la joie.

La bonne conscience peut supporter beaucoup de choses , et elle est remplie de joie dans les adversités.

La mauvaise conscience est toujours limide et inquiète.

Vous reposerez doucement, si votre cœur ne vous reproche rien.

Ne vous réjouissez que lorsque vous aurez faille bien.

Les médians n'ont jamais de véritable joie, et ne sentent pas la paix intérieure; parce qu'i/ n'ij a point de paix pour les impies, dit le Seigneur. (Is. , 57, 2L)

Et s'ils disent : « Nous sommes dans la paix, les maux ne viendront pas sur nous , et qui osera nous nuire ? » ne les croyez point : car la colère

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112 IMITATIOM

de Dieii s'élèvera soudain , et leurs œuvres seront réduites à rien , et leurs pensées périront. 2. Mettre sa gloire dans la tribulation n'est pas pénible pour celui qui aime : car se gloriHer ainsi, c'est se glorifier dans la croix de notre Seigneur.

Qu'elle est courte , la gloire que les hommes 'ijl donnent et reçoivent!

)j^ La gloire du monde est toujours accompal^ gnée de tristesse,

Iv^ La gloire des bons est dans leur conscience , W et îion dans la bouche des hommes.

L'allégresse des justes e^t de Dieu et en Dieu , et leur joie vient de la vérité.

Celui qui désire la gloire véritable et éternelle ne se soucie point de la gloire du temps.

Et celui qui recherche la gloire du temps, ou qui ne la méprise pas de tout son cœur , est convaincu d'aimer peu la gloire du ciel.

Celui-là jouit d'une grande ti'anquiliilé de cœur , qui ne se met en peine ni de la louange, ni du blâme.

^ 5. 11 sera aisément content et en paix , celui dont la cunscience est pure.

Vous n'êtes pas pUis saint parce qu'on vous

loue, ni p'us méprisable parce qu'on vous blâme.

Vous êtes ce que vous êtes ; et ce qu'on peut

dire ne vous rendra pas plus grand que vous ne

l'êtes aux veux de Dieu.

DE JÉSUS-CHKISl. ^ 15

Si vous considérez bien ce que vous êlcs en vous-même , vous vous embai'rasscrez peu de ce que les hommes disent de vous.

L'homme voit l'extérieur , et Dieu voit le fond du cœur.

L'homme regarde les aciions , et Dieu pèse les intentions.

Faire toujours bien et s'estimer peu , c'est la marque d'une ame humble.

Ne vouloir de consolation d'aucune créature, c'est le signe d'une grande pureté et d'une grande confiance intérieure.

4. Celui qui ne cherche au-dehors aucun témoignage en sa foveur , fait bien voir qu'il s'est entièrement abandonné à Dieu.

Car ce n'est pas celui qui se recommande luimême qui est approuvé , dit saint Paul , mais celui que Dieu recommande. (llCor., 10, 18.)

Marcher intérieurement en la présence de Dieu, et n'avoir aucune attache au-dehors, c'est l'état d'un homme intérieur.

RÉFLEXION

^g|E qui donne la paix de l'ame, ce ne sont ni les dignités, ni les richesses : c'est la bonne conscience. Avec elle , soyez dans l'indigence, dans le dénûmcnt le plus complet , vous serez plus heureux que le méchant qui nage dans rabondance.

Paul, assiégé jour et nuit par la faim, par la <:?

î, par les persécutions, jouissait plus déli- V^

VvySA cicusemcnt qu'aucun des monarques sur leurs Y-

"'^'^ trônes. Achab, sur la pourpre, gémissait et séchait V

de tristesse, le sang de Naboth égorgé retentis- (aI^ ^7

sait sans cesse a son oreille. Point d'autre secret, ^-^^^ \(,

PP^ pour être heureux, que d'éviter le mal et défaire i^^^'J* ^^,/1 le bien.

SAIAT j£AN-ClIBYSOSTÔMF.

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