Que peut vous donner le monde sans Jésus
Etre sans Jésus, c'est un enfer insupportable; être avec Jésus , c'est un paradis délicieux.
Si Jésus est avec vous, aucun ennemi ne pourra vous nuire.
Qui trouve Jésus, trouve un trésor précieux, ou plutôt un bien au-dessus de tout bien.
Et qui perd Jésus, perd infiniment , et plus que s'il perdait le monde entier.
Qui vit sans Jésus , celui-là est très-pauvre , et qui est uni à Jésus, celui-là est très-riclie.
o. C'est un grand art que de savoir converser avec Jésus , et une grande prudence que de savoir le retenir avec soi.
Soyez liuiiible et pacifique , et Jésus sera avec vous.
Soyez pieux et calme , et Jésus demeurera avec vous.
Youséloignerezbientôt Jésus, et vous perdrez sa grâce si vous voulez vous répandreau-dehors; et si vous l'éloignez et le perdez , à qui aurez-vous recours , et qui cliercliercz-vous alors pour ami ?
Vous ne sauriez vivre heureux sans ami ; et si Jésus n'est pas votre ami par-dessus tous les autres , vous serez abîmé dans la tristesse et la désolation.
Vous agissez donc en insensé , si vous mettez (^ dans quelque autre votre confiance et votre joie.
Choisissez plutôt d'avoir tout le monde contre vous , que d'éire dans la disgrâce de Jésus.
Entre tous ceux qui vous sont cliers , que Jésus seul soit donc votre ami particulier.
4, Aimez tous les autres pour Jésus, et Jésus pour lui-même.
Jésus-Christ seul doit être particulièrement aime, parce qu'il est le seul ami bon et fidèle entre tous les amis.
Que tous , amis et ennemis, vous soient chers en lui et pour lui ; priez-le pour tous, afin que tous le connaissent et l'aiment.
Ne souhaitez jamais d'être loué et aimé particulièrement ; car cela n'appartient qu'à Dieu, qui na point d'égal.
Ne désirez pas qu'un autre s'occupe de vous dans son cœur, et ne vous préoccupez vousmême de l'amour de personne; mais que Jésus vive en vous et en tout homme de bien.
o. Soyez pur et libre au-dedans, sans attache à aucune créature.
Il faut vous dépouiller de tout , et porter à Dieu un cœur pur, si vous voulez être libre, et goûter combien le Seigneur est doux.
Et certes vous n'y parviendrez point , si vous n'êtes prévenu et attiré par sa grâce, de sorte qu'ayant exclu et banni tout le reste, vous soyez seul uni à lui seul.
Car, lorsque la grâce de Dieu vient au secours de l'homme, alors il peut tout ; et si elle se retire, alors il est pauvre et infirme, et presque abandonné aux châtiments.
En cet état, il ne faut point se laisser abattre, ni perdre l'espérance ; mais on doit au contraire se soumettre paisiblement à la volonté de Dieu,
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et souffrir pour la {;loire de Jésus-Christ tout ce qui nous arrive ; parce qu'à l'hiver succède l'été, après la nuit revient le jour, et après la tempête une grande sérénité.
RÉFLEXION
JS il ^^
^^ON content de prévenir les hommes, l'amour de Jésus-Christ ne cesse de les comhler de ses bienfaits. Persévérons dans son amour, si nous voulons qu'il continue de nous aimer. Fallût-il, pour lui témoigner notre amour, lui sacrifier fortune, biens, jusqu'à la vie même, n'hésitons pas à le faire. Ce n'est pas assez de lui dire qu'on l'aime , il faut le prouver par ses œuvres. 11 ne s'est pas borné, lui, à de simples paroles ; il l'a bien fait voir par les faits. ïémoignons-lui donc par notre conduite que nous l'aimons; tout l'avantage en sera pour nous seuls. Ce n'est pas lui qui a besoin de nous ; il nous aime sans nul intérêt ; et c'est là la marque du véritable amour , d'aimer, sans qu'il en revienne aucun profit, et de vouloir être aimé pour le seul plaisir de l'être. C'est ce que Moïse disait à son peuple : Quelle autre chose le Seigneur demande-t-il de vous, si ce n'est que vous l'aimiez? Parcourez tous ses préceptes ; c'est l'amour qui les a dictés, dans la seule vue de notre salut et de notre immortelle gloire.
SAI^T jean-Chuysostôme.
L n'est pas difficile de mépriser les consolations humaines, quand on a celles de Dieu.
l^Iaisil est grand et très-grand de pouvoir se passer de toute consolation tant divine qu'humaine, de souffrir de bon gré pour la gloire de Dieu cet exil du cœur , de ne se rechercher en rien , et de ne faire aucun retour sur son propre mérite.
Quelle merveille que vous soyez dans la joie et dans la dévotion lorsque la grâce descend en vous? c'est pour tous l'heure désirable.
11 est bien doux de voyager, quand la grâce de Dieu nous porte.
Est-il donc étonnant que l'on ne sente point son fardeau , lorsqu'on est porté pai" le Tout- Puissant, et conduit parle guide suprême
2. Nous sommes bien aises d'avoir quelque soulagement , et l'homme se dépouille difficilement de lui-même.
Imitant son évêque, le martyr saint Laurent triompha du siècle, parce qu'il méprisa tout ce qu'il voyait d'agréable dans le monde ; et il souf-
ii^;^
frit en paix, pour l'amourde Jésus-Christ, d'être séparé du souverain pontife de Dieu, Sixte, qu'il aimait tendrement.
Ainsi , par l'amour du Créateur, il surmonta 'amourde la créature, et il préféra aux consolations humaines le bon plaisir de Dieu.
Et vous aussi apprenez à quitter pour l'amour de Dieu un ami nécessaire et chéri.
Ne vous affligez pas non plus , s'il arrive qu'un ami vous délaisse, sachant qu'enfin il faudra tous être séparés les uns des autres.
5. L'homme a beaucoup et long-temps à combattre en lui-même, avant qu'il apprenne à se vaincre pleinement , et à porter vers Dieu toutes ses affections.
Quand l'homme s'appuie sur lui-même, il se laisse aisément aller aux consolations humaines.
Mais celui qui aime véritablement Jésus- Christ, et qui est zélé pour acquérir des vertus, ne s'arrête pas aux consolations , et ne cherche point les douceurs sensibles ; mais il cherche plutôt à souffrir de fortes épreuves , et de rudes travaux pour Jésus-Christ.
4. Lors donc que Dieu vous donne quelque consolation spirituelle , recevez-la avec action de grâces ; mais reconnaissez que c'est un don de Dieu , et non l'effet de votre mérite.
Ne vous en élevez pas, n'en ayez point trop de joie, et n'en concevez pas une vaine présomp-
tion : au conliaire, que ce don vous rende plus humble, plus circonspect, plus timoré dans toutes vos actions, parce que ce moment passera, et sera suivi de la teniation.
Quand la consolation vous sera ôtee, ne pertlez pas aussitôt l'espérance; mais attendez avec humilité et avec patience la visite du Ciel ; car Dieu a le pouvoir de vous redonner de plus abondantes consolations.
Cela n'est ni nouveau ni étrange pour ceux qui ont l'expérience des voies de Dieu , puisque Ies,orands saints et les anciens prophètes ont souvent éprouvé ces vicissitudes.
5. Aussi l'un d'eux, sentant la présence de la fïrace, s'écriait : J'ai dit dans mon abondance : Je ne serai jamais ébranlé. (Ps. 29, 7. )
Mais la grâce s'étant retirée, il ajoute, pour exprimer ce qu'il avait alors éprouvé : Vous avez détourné de moi voire visage , et j'ai été rempli de trouble. (Tbid. 8.)
Cependant, au milieu de ces épreuves, il ne désespère point; mais il prie le Seigneur avec plus d'instance, et il dit : Je crierai vers vous, Seiçpieur , et j'implore/ ai mon Dieu. ( Ibid. 9. )
Enfin, il recueille le fruit de sa prière, et il ^% témoigne qu'il a été exaucé : Le Seigneur , dit- ))' il , m'a écouté , et il a eu pitié de moi ; le Seigneur C s'cst fait mon appui. ( Ibid. il.) "^
Mais comment? Vousavez,d\l-i\, changé mes
J2i IMITATION
qém'issemens en allégresse, elvoiis m'avez eiïvironné de joie. (Ps. 2ÎJ, 12. )
Si Dieu en a usé ainsi avec de grands saints, nous , pauvres et infirmes , nous ne devons pas perdre l'espérance , quoique nous soyons tantôt dans la ferveur et tantôt dans le refroidissement, car l'Esprit-Saint vient et se retire comme il lui plaît.
i'^ Ce qui fait dire au saint homme Job : Vous visitez- l'homme dès le matïn, et auss'ilôl vous l'éprouvez. (Job, 7, 18. )
6. En quoi puis-je donc espérer, ou en quoi dois-je fonder ma confiance , si ce n'est uniquement dans la grande miséricorde de Dieu , et dans la seule espérance de la grâce céleste?
Car , que j'aie près de moi des gens de bien, de fervens religieux , des amis fidèles ; que je lise de saints livres ou de beaux traités ; que j'entende le doux chant des hymnes; tout cela sert peu , j'y trouve peu de goût, quand je suis abandonné de la grâce, et délaissé dans ma propre indigence.
Alors il n'est point do meilleur remède que la patience, et l'abandon de soi-même à la volonté de Dieu.
7. Je n'ai jamais trouvé d'homme si religieux et si pieux qui n'ait éprouvé quelquefois cette soustraction de la grâce ou une diminution de ferveur.
(rifr f J
DE JÉSLS-CIJRIST. 123
îl n'y a jamais eu de saint ravi si haut , et si éclairé, qui n'ait éié tenté avant ou après.
En effet , il n'est pas digne de la haute contemplation de Dieu , celui qui n'a pas souffert pour Dieu quelque tribulation.
Car la tentation présente est d'ordinaire un signe de la consolation qui doit suivre.
Aussi est-ce à ceux qui ont été éprouves par les tentations , qu'est promise la consolation céleste. Celui qui sera vkiorieux , dit le Seigneur, je lui donnerai à manger du fruit de l'arbre de vie. ( Apoc. 2, 7. )
8. La consolation divine est donnée, afin que l'homme ait plus de force pour soutenir l'adversité.
La tentation revient ensuite , pour qu'il ne s'enorgueillisse pas du bien.
Le démon ne dort point, et la chair n'est pas encore morte ; ainsi ne cessez de vous préparer au combat, parce qu'à droite et à gauche sont des ennemis qui ne se reposent jamais.
RÉFLEXIO^^
^lEu VOUS aime , puisqu'il a tant de jalousie à votre égard, et qui! a soin de vous faire sentir jusqu'aux moindres fautes que vous commettez. Quand vous apercevrez quelque faute qui vous indispose pour l'oraison, contentez-vous de voushu-
^^^fjfj^
^ I> milier sous la maiû de Dieu, et de recevoir cette \}}l interruption des grâces sensibles , comme la pénitence que vous avez méritée. Ensuite , demeurez en paix ; no recherchez point par amour-propre ce plaisir qui peut vous venir de la société des bonnes gens qui vous honorent ; mais aussi ne vous faites point un scrupule de recevoir cette con- ^47w. /\ solation quand la Providence vous l'envoie. Lais- ^ sez tomber l'excès de sensibilité que vous éprouvez ■>'>^~'^ ,r\] dans de telles consolations. Il suffit que votre volonté ne s'y livre pas, et que vous soyez sincèrement déterminé a vous en passer toutes les fois qu'elles cesseront.
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