‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 34 sur 111 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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^j'^f^^'f-'^'^'^ç-!*^ ouRQuoi chercliez-vous ie repos,

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i-^^rt^-J;;^^) puisque vous êtes né pour le ira-

(?-5n L^^-^^ail?

y3:^«Bâr)v£) "! Disposez-vous a la patience

éiyt-yS^-\j plutôt qu'aux consolations, et à f"!^^

porter la croix plutôt qu'à goûter îa joie. mM^ '

Quel est l'homme du siècle qui ne reçût vo- *^^

loiiliers les consolations et les joies spirituelles , y KAip^.^

s'il pouvait toujours les obtenir ? ^^^^

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En effet, les consolations spirituelles surpassent toutes les délices du monde, et les voluptés de la chair.

Car toutes les délices du monoe sont ou vaines ou honteuses ; les délices spirituelles sont seules douces et honnêtes : elles naissent des vertus ,et Dieu les répand dans les amcs pures.

Mais personne ne peut jouir toujours à son (ïré de ces divines consolations, parce que la tentation ne cesse pas pour long-temps.

2. Un fjrand obstacle aux visites d'en haut, c'est la fausse liberté d'esprit et la trop grande confiance en soi-même.

Dieu accorde un bienfait à l'homme en lui donnant la gracede la consolation; mais l'homme fait mal quand il ne rapporte pas le tout à Dieu avec action de grâces.

De là vient que les dons de la grâce ne peuvent pas couler sur nous , parce que nous sommes ingrats envers leur auteur , et que nous ne les faisons pas remonter à leur source première.

Car la grâce est toujours donnée à celui qui en a une juste reconnaissance ; et Dieu ôte à l'orgueilleux ce qu'il a coutume d'accorder à l'humble.

5. Je ne veux pas de la consolation qui m'ôte la componction ; et je n'aspire point à la contemplation qui mène à l'orgueil.

Car tout ce qui est élevé n'est pas saint ; toui ce qui est doux n'est pas bon ; tout désir n'est pas pur; tout ce qui est clier ù l'homme n'est pas agréable à Dieu.

J'accepte volontiers une grâce qui me rend

plus humble, plus timoré, et plus disposé à me

détacher de moi-même.

Celui qui a élé instruit par le don de la grâce,

f^ et éprouvé par sa privation , n'osera s'attribuer

j aucun bien ; mais plutôt il confessera qu'il est

pauvre et dénué de tout.

Donnez à Dieu ce qui est de Dieu, et imputezvous ce qui est de vous ; c'est-à-dire, remerciez Dieu de sa grâce , et reconnaissez que, n'ayant de vous seul que le péché, à vous seul est due la 'À peine qu'il mérite.

^ 4. Metlez-vous toujours à la dernière place, ^rc et la première vous sera donnée ; car le plus ' haut rang n'existe point sans le plus bas.

Les plus grands saints aux yeux de Dieu sont les plus petits à leurs propres yeux ; et plus ils sont couverts de gloire, plus ils sont humbles en eux-mêmes.

Pleins de la vérité et de la gloire céleste , ils ne sont point avides de la vaine gloire.

Fondés et affermis en Dieu , ils ne peuvent en aucune manière s'enorgueillir.

Et comme ils rapportent à Dieu tout ce qu'ils ont reçu de bien, ils ne cherchent point la gloire

DE JÉSUS-CHIUST. -129

que donnent les hommes; mais ils veulent la {jloire qui vient de Dieu seul ; ils souhaitent sur toutes choses que Dieu soit loué en eux et dans tous les saints, et c'est à ce but qu'ils tendent constamment.

5. Soyez donc reconnaissant des moindres grâces, et vous serez dijjne d'en recevoir de plus grandes.

Que la plus petite faveur vous soit aussi précieuse que la plus grande, et regardez la plus commune comme une grâce spéciale.

Si l'on considère la dignité de celui quidonne, l'ien de ce qu'il donne ne paraîtra petit ni méprisable ; car rien n'est petit de ce qui vient du Dieu suprême.

Ne nous envoya t-il que des peines et des chàtimens, ils doivent nous être agréables; car c'est toujours pour notre salut qu'il permet tout ce qui nous arrive.

Quecelui qui veut conserver la gracede Dieu, soit reconnaissant lorsqu'elle lui est accordée , patient lorsqu'elle lui est ôtée : qu'il prie pour la recouvrer, qu'il soit vigilant et humble pour ne pas la perdre.

RÉFLEXION

[uE rendrons-nous an Seigneur pour tous S^/^^^^.. les biens (lu il nous a rendus? Remarquez Tcner- fi'fTXj^Ê-^W'

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gie do l'expression : îl ne dit pas qu'il nous a donnés, mais rendus, comme si c'était une dette qu'il acquittât : il daigne compter lui-mcrae au nombre des bienfaits la reconnaissance dont on paie ses propres dons. C'est de lui que vous tenez vos richesses ; et néanmoins il vous demande, par les mains des pauvres , les secours de votre compassion. Yous ne faites que lui rendre ce qui est a lui ; et c'est lui qui veut être votre obligé : et encore, non content des biens qu'il vous a déjà donnés, il vous en promet de plus considérables : les délices de son Paradis, la gloire de son royaume, des honneurs qui ne le cèdent point à ceux des anges ; enfin , la pleine connaissance de Dieu , bonheur qui fait le souverain bien pour ceux qui l'ont mérité, bonheur auquel aspire tout être raisonnable, bonheur dont il plaise à Dieu que nous jouissions, lorsque nous nous serons purifiés des affections de la chair

SAI^T Bisii

DU l'KTIT NOMIiliE 1)K CKllX Qll A11II•:^T LA ClUtlX VU. JÉSLS- CUHIST.

SUS a maintenant beaucoup d'a-

maicurs de son royaume céleste, mais peu qui veuillent porter sa croix.

Beaucoup souhaitent ses consolations, mais peu aiment ses souffrances.

Il trouve beaucoup de compagnons de sa table, mais peu de son abstinence.

Tousdésirent parta{;ersa joie , mais peu veulent souffrir quelque chose pour lui.

Plusieurs suivent Jésus jusqu'à la fraction du pain, mais peu jusqu'à boire le calice de sa Passion.

Plusieurs révèrent ses miracles, mais peu suivent l'ignominie de sa croix.

Plusieurs aiment Jésus, tant qu'il ne leurarrive point d'adversités.

Plusieurs le louent et le bénissent, tant qu'ils reçoivent de lui quelques consolations.

Jlaissi Jésus se cache et les délaisse un moment , ils tombent dans le murmure , ou dans un excessif abattement.

2, Ceux au contraire qui aiment Jésus pour Jésus, et non pour leur consolation particulière,

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le bénissent dans toutes les tribulations et dans l'angoisse du cœur , comme dans les consolations les plus douces.

Et ne voulût-il jamais leur donner de consolation , toujours cependant ils le loueraient , toujours ils lui rendraient (^fraces.

3. Oli! quene peut le pur amour de Jésus, qui n'est mêlé d'aucun amour ni d'intérêt propre !

Ne doit-on pas appeler mercenaires tous ceux qui cherchent toujours des consolations?

Neprouvent-ils pas qu'ils s'aiment eux-mêmes plus que Jésus-Christ, ceux quinepensenlqu'à leurs commodités et à leurs avania{jes?

Où trouvera-t-on quelqu'un qui veuille servir Dieu gratuitement.

4. On trouve rarement un homme assez spirituel pour être dépouillé de tout.

Car le vrai pauvre d'esprit et détaché de toute créature, qui le trouvera? Il faut le chercher bien loin, et jusqu'aux derniers confins de la terre. (Prov. 51, 10.)

Si l'homme donne tout ce qu'il possède, ce n'est encore rien.

El s'il fait une grande pénitence , c'est peu encore.

Et s'il possède toutes les sciences , il est encore loin.

Et s'il a une grande vertu et une piété trèsfervente , il lui manque encore beaucoup , et

même une chose souverainement nécessaire

Qu'est-ce donc ? C'est qu'après avoir tout quitté , il se quitte lui-même : qu'il sorte entièrement de soi , et qu'il ne retienne rien de l'amour-propre.

Enfin, après avoir fait tout ce qu'il a connu être de son devoir , qu'il croie n'avoir rien fait.

o. Qu'il fasse peu de cas de ce qu'on pourrait estimer de grand en lui ; mais qu'il confesse sincèrement qu'il n'est qu'un serviteur inutile, selon ce que dit la véi-ité même : Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été commandé, dites : Aous sommes des serviteurs inutiles. ( Luc 17,10.)

Alors il pourra être vraiment pauvre d'esprit ctdéiachéde tout, et dire avec le Prophète: Je suis pauvre et délaissé. { Ps. 24, i6. )

Nul cependant n'est plus riche, plus puissant, plus libre, que celui qui sait renoncer à soimême et à tout, et se mettre au dernier rang.

RÉFLEXION

^^oN Dieu , vous qui voyez le fond de notre misère , vous seul pouvez nous en guérir. Hâtezvous de nous donner la foi, l'espérance, Tamour, Je courage chrétien , qui nous manquent. Faites que nous jeiions sans cesse les yeux sur vous, ô Père tout-puissant, qui ne donnez rien à vos clicrs

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lai " IMITATION

cnfans que pour leur salut , ei sur Jésus, votre Fils , qui est noire modèle dans les souffrances. Vous l'avez attaché sur la croix pour nous ; vous l'avez fait l'homme de douleurs pour nous apprendre combien les douleurs sont utiles. Que la nature molle et lâche se (aise donc à la vue de Jésus rassasié d'opprobres et écrasé parles souffrances. Relevez mon cœur, ô mon Dieu ; donnez-moi un cœur selon le vôtre, qui s'endurcisse contre soimOme, qui ne craigne que de vous déplaire; qui du moins craigne les douleurs éternelles , et non pas celles qui nous préparent votre royaume. Seigneur, vous voyez la faiblesse et la désolation de votre créature : elle n'a plus de ressource en ellemême, tout lui manque. Tant mieux, pourvu que vous ne lui manquiez jamais , et qu'elle cherche en vous avec coniiauce tout ce qu'elle désespère de trouver dans son propre cœur.

FKSELON.

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DE JEStS-CFilUST.

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