‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 37 sur 111 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

QtE LA VEHITÉ TABLE Al'-nEDA.WS DE NOUS SANS LE BBl IT DES PAROLES.

ARLEZ, Seigneur, parce que voire serviteur écoute. (I. Rois, 5?

0, iO.) Je suis votre serviteur; lomiez-moi l'inteUifience , afin (lue je sache vos témoicjnaijes.

(Ps. il 8, \^.) Inclinez mon cœur aux paroles de votre bouche; qic elles tombent sur moi comme une douce rosée. (Ibid., 5G. Dont. 22, 2.)

Lesenfanlsd'ïsraëldisaicnlautrefoisàBîoïse;

Prt/ /t;r no7/s vous-même, et nous vous écouterons; 7nais que le Seigneur ne nous parle point, de peur ^

que nous ne mourions. (Exod., 20, i9 j

Ce n'est pas l;i, Sei{]neur, ce n'est pas là ma prière; mais plutôt, je vous en conjure avec un humble désir, comme le prophète Samuel : Pailcz , Seigneur , parce que votre serviteur écoute.

Que Moise ne me parle point, ni aucun des prophf'tes; mais vous, parlez-moi plutôt, Sei- {^ncur mon Dieu , qui avez inspiré et éclaire tous les prophètes ; car , sans eux , vous pouvez seul m'instiuire parfaitement, et eux, sans vous, ne me serviront de rien.

2. Ils peuvent bien l'aire entendre le son des paroles, mais ils n'en donnent pas l'esprit.

Leur langaji^e est sublime ; mais, si vous vous taisez , il n'échauffe point le cœur.

Ils exposent la lettre, mais vous en découvrez le sens : ils annoncent les mystères, mais vous en révélez le secret à notre intelligence.

Ils publient vos commandemens, mais vous aidez a les accomplir.

Ils montrent la voie, mais vous donnez la force pour marcher.

îls n'agissent qu'au dehors, mais vous instruisez les cœurs, et vous les éclairez.

Ils arrosent extérieurement , mais vous donnez la fécondité.

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Cf^ \^2j-

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DE JESUS-CHRIST. l49

Us font relenlir leur voix, mais vous ouvrez rintellij;enco.

3. Que Moïse donc ne nie parle point ; maïs vous, Scigfneurmon Dieu, élernelle vérité, parlez-moi , de peur que je ne meure sans avoir fait aucun fruit, si je suis seulement averti audeliors sans être embrasé au-dedans ; et de peur que je ne trouve ma condamnation dans votre parole entendue et non pratiquée, connue sans être aimée, crue sans être observée.

Pilliez donCj, Seïgneiir, ])arce que votre serviteur écoute : car vous avez les paroles de la vie éternelle. ( Jean, 6, G9.)

Parlez-moi pour consoler un peu mon ame, pour l'entier amendement de ma vie; mais aussi pour la louange, la gloire et l'honneur éternel de votre nom.

RÉFLEXION

p n'est jamais moins seul que quand on est dans la seule bonne société avec l'ami fidèle. On n'est jamais moins abandonné que quand on est porté dans les bras du Tout-Puissant. Rien n'est si touchant que les secours immédiats de Dieu. Ce qu'il nous donne par le canal de ses créatures ne lire aucune vertu de ce vil et stérile canal : c'est la source qui donne (ont. Ainsi , quand la source roule immédiatement dans le cœur, on est bien

éloigné d'avoir besoin du canal ; il Déferait qu'un entre-deux. Dieu avait parlé à son ancien peuple par l'organe des prophètes ; mais enfin , dit saint Paul, il nous a parlé lui-même en son Fils. Fallait-il alors regretter ia faible voix des prophètes? Oh ! que la communication immédiate est pure et puissante! D'ailleurs, elle est certaine toutes les foisquelaProvidcnceretrancheles.canaux. Ne vous écoutez point, et vous n'écouterez pas l'amourpropre qui raisonne, qui murmure, qui fait le scrupuleux, qjiii nous occupe de nous, sous prétexte de nous occuper de Dieu. Vous serez eu paix et au large , si vous n'écoutez point la tentation.

FÉNELOIS.

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