CHAPITRE III
qu'il fait écouter avi;c uusiilité la parole de diec , et que plusieurs ne l'apprécient pas.
i , ON fils , écoutez mes paroles , ^\ paroles pleines de douceur, ei il (|ui surpassent toute la science ■ ' D / ïéi *^'^^ plïilosophes et des sa{>"es de ■^^ Jk^^''i-.feiS^ ce monde.
^'^è^MjéS^ Mes paroles sont esprit et vie
Jean, (3, 64 j, et l'un n'en doit pas juger par le sens humain.
On ne doit point en tirer une vaine complai-
Lr
DE JÉSUS-CIIRIST. loi
sance ; mais les écouter en silence, et les recevoir en toute liuuiililé et avec une grande aiïection.
Et j"ai dit : Heureux celui que vous instruirez vous-inêmc. Seigneur, cl à qui vous enseignerez votre loi, pour lui adoucir les jours mauvais, et ne pas le laisser dans l'abandon sur la terre. (Ps. 95,i2.)
5. C'est moi, dit le Seigneur, qui ai enseigné les prophètes dès le commencement, et jusqu'à présent je ne cesse de parler à tous ; mais plusieurs sont insensibles et sourds à ma voix.
Le plus grand nombre aime mieux écouter le monde que Dieu : ils suivent plus facilement les désirs de la chair que la volonté de Dieu.
Le monde promet des choses passagères et de peu de valeur, et on le sert avec une grande ardeur : je promets des biens immenses , éternels, et le cœur des hommes y est insensible. Qui est-ce qui me sert et m'obéit en tout avec autant de soin qu'on sert le monde et les maîtres du monde? Rougis, Salon, dit la mer (Is., 25, 4. ); et si tu en demandes la cause, écoute, !a voici :
Pour un modique intérêt on couit au bout du monde ; et pour la vie étei'nelîe à peine la plupart font-ils un seul pas.
On mendie honteusement une vile récompense ; on plaide honteusement ({uelqnefois
;^ pour une pièce de monnaie : pour une chose de
rien, pour la moindre promesse, on ne craint point de se fatiguer le jour et la nuit.
4. Mais, ô honte! pour un bien immuable, pour une récompense inestimable, pour un honneur suprême et une gloire sans fin, on ne veut pas s'exposer à la moindre fatigue.
Rougis donc , serviteur paresseux et nuirmurateur, rougis de ce qu'on trouve tant d'hommes plus ardents pour leur perte, que tu ne l'es pour te sauver ; de ce quils ont plus d'empressement pour la vanité , que lu n'en as pour la vérité.
Ils sont quelquefois, il est vrai, trompés dans leur espérance ; mais ma pj-omesse ne trompe personne, et je ne renvoie pas les mains vides celui qui se confie en moi.
Ce que j'ai promis , je le donnerai ; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois on persévère fidèlement dans mon amour jusqu'à la fin.
C'est moi qui récompense tous les bons , et qui éprouve lï)rtement tous les justes.
o. Gravez mes paroles dans votre cœur, et meditez-les attentivement; car à l'heure de la tentation , elles vous seront très-nécessaires.
Ce que vous n'entendez pas en lisant, vous le comprendrez au jour de ma visite.
J'ai coutume de visiter mes élus de deux manières , par la tentation et par la consolation ;
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et tous les jours je leur donne deux leçons : l'une en les reprenant de leurs défauts , l'autre en les exhortant à avancer dans la vertu.
Celui qui reçoit ma parole, et qui la inéprise, l'aura pour juge au dernier jour. (Jean, 12, 48.)
nière pour demander la grâce de la dévotion.
6. Seigneur mon Dieu , vous êtes tout mon bien. Et qui suis-je, pour oser vous parler ?
Je suis le plus pauvre et le dernier de vos serviteurs, un chétif vermisseau, beaucoup plus pauvre et plus méprisable que je ne sais et que je n'ose dire.
Souvenez-vous cependant. Seigneur, quejene suis rien , que je n'ai rien, que je ne puis rien.
Vous seul êtes bon, jusie et saint; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout , hors le pécheur que vous laissez vide.
Souvenez-vous de vos miséricordes (Ps. 24, G), et remplissez mon cœur de votre grâce, vous qui ne voulez point de vide dans vos ouvrages.
7. Comment puis-je me supporter dasns cette misérable vie, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient?
Ne détournez pas de moi votre visage ; ne différez point de me visiter; ne me retirez pas vos consolations, de peur que mon ame ne devienne devant vous comme ime terre sans eau. (Ps. J42,(>.)
Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté
Ps. 142, 10); apprenez-moi à mener en votre présence une vie humble et cligne de vous, car vous êtes ma sagesse , vous qui me connaissez dans la vérité ; et qui m'avez connu avant que je fusse au monde, et avant môme que le monde fut créé.
RÉFLEXION
l^'ouR entendre prêcher Jésus-Christ, il ne faut pas ramasser sou attention au lieu où se mesurent les périodes , mais au lieu où se règlent les mœurs : il ne faut pas se recueillir au lieu où se goûtent les belles pensées, mais au lieu où se produisent les bons désirs : ce n'est pas même assez de se retirer au lieu où se forment les jugements ; il faut aller a celui où se prennent les résolutions. Enfin , s'il y a quelque endroit encore plus profond et plus retiré , où se tienne le conseil du cœur, où se déterminent tous ses desseins, où l'on donne le branle à ses mouvements ; c'est la que , sans s'arrêter à la chaire matérielle , il faut dresser à ce Maître invisible une chaire invisible et intérieure, où il prononce ses oracles avec empire. La, quiconque écoute, obéit; quiconque prête l'oreille , a le cœur touché. C'est la que la parole divine doit faire un ravage salutaire, en brisant toutes les idoles , en renversant tous les autekoù la créature est adorée , en répandant tout l'encens qu'on leur présente , en chassant toutes les vicli-
mes qu'on leur immole ; et sur ce débris ériger le i?rft^v%^ troue de Jésus-Christ victorieux : autrement , on n'écoute pas Jésus-Christ qui prêche.
BOSSCET.