‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 45 sur 111 · O source d'amour éternel , que dirai-je de vous · texte numérisé non relu

O source d'amour éternel , que dirai-je de vous

Comment pourrai-je vous oublier , vous qui (\ avez daigné vous souvenir de moi , lors même 1)^ quej'étaisdansun état de corruption et de mort? Vous avez fait miséricorde à votre serviteur au-delà de toute espérance, et vous avez ré-

pandu sur lui votre {jracc et votre amour audelà de tout ce qu'il pouvait mériter.

Que vous rendrai-je pour une telle faveur ? Car il n'est pas donné à tous de tout quitter, de renoncer au siècle, et d'embrasser la vie reli^jieuse.

Fais-je beaucoup en vous servant , vous que doivent servir toutes les créatures ?

Cela doit me sembler peu de chose ; mais ce qui me parait plutôt grand et merveilleux , c'est que vous dai.j)niez agréer le service d'une créature si pauvre et si indigne , et l'associer à vos serviteurs bien-aimés.

5. Tout ce que j'ai, et tout ce que je consacre à votre service, est à vous.

Et c'est vous, au contraire, qui me servez plus que moi-même je ne vous sers.

Yoilà que le ciel et la terre, que vous avez créés pour le service de l'homme , sont à vos ordres, et chaque jour ils exécutent ce que vous leur avez commandé.

C'est peu encore : vous avez préparé pour l'homme le ministère même des anges.

jMais ce qui surpasse tout, vous avez daigné servir l'homme vous-même , et vous avez promis de vous donner à lui.

4. Que vous rendrai-je pour tous ces bienfaits sans nombre? Ah! si je pouvais vous servir tous les jours de ma vie, si je pouvais même un seul jour vous servir dignement!

Vous c!cs vériîablement dif>nc de tout service, de tout honneur, et d'une louange élcr-

Vous êtes vraiment mon Sci{;neur; et moi je suis votre pauvre serviteur qui dois vous servir de toutes mes foi-ces, et ne me lasser jamais de vous louer.

Ainsi je le veux , ainsi je le désire : daignez suppk'or vous-même à tout ce f[ui me manque,

5. C'est un grand honneur, une grande glou e de vous servir , et de mépriser tout à cause de vous.

Car ils recevront des grâces abondantes, ceux qui se seront assujettis de bon cœur à votre saint service.

Ils goûteront les douces consolations del'Esprit-Saint, ceux qui, pour votre amour, auront rejeté tous les plaisirs des sens.

Ils acquerront une grande liberté de l'esprit, ceux qui , pour votre nom , seront entrés dans la voie étroite, et auront renonce à toutes les sollicitudes du monde.

G. 0 aimable et douce servitude de Dieu, dans laquelle l'homme trouve la vraie liberté et la sainteté !

O saint assujettissement de la vie religieuse, qui rend l'homme égal aux anges, agréable a Dieu , terriiile aux démons, et recommandable à tous les fidèles !

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0 esclava{][C(li.onc à jamais d'être désiré ei embrassé, piiis(|iril nous mérite le souverain bien, et nous assure une joie qui ne finii'a jamais !

REFLEXION

^MISeureux sont tous ceux qui craiqncnl le Seigneur. Personne n'est doue exclu de la félicilc dont il est ici parlé; libre ou esclave, riche ou pauvre, n'importe, dans quelque circonstaDCC de la vie que l'on soit , tous peuvent y prétendre , moyennant la crainte du Seigneur. Ne parlez point de félicité à d'autre condition. Ce n'est que le masque du bonheur. Tel homme a la réputation d'être heureux : combien de choses lui manquent pour l'être en effet ! Il estriche, mais il n'a pas la santé : il est plus à plaindre que le pauvre bien portant. Il n'a pas les dignités qu'il désire : son ambition en fait le plus misérable des esclaves. 11 parvient enfin au sommet des honneurs ; il n'en est pas plus heureux ; des ennemis publics ou secrets , des querelles domestiques , que sais-je ? Les seuls désirs de son cœur insatiable empoisonnent son bonheur. La vie humaine n'est qu'un chemin bordé de précipices; il n'en est pas ainsi de celuiqui craint le Seigneur. Tranquille au milieu des agitations d'un monde toujours orageux, il est dans le port , jouissant d'un bonheur calme et assuré. Placez-le dans quelque situation que vous voudrez supposer :

-IS-i IMITATION

rien de ce qui renverse le prétendu bonheur des lenreux du siècle n'influe sur le sien ; il en a placé le fondement dans un lieu où les vicissitudes humaines ne sauraient atteindre.

Saist Jean Ckrvsostome.

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