CHAPITRE XI
or II, FAUT KXAMIIVEU I-T MODÉUEB LES DÉSIltS DU COEUR.
ON fils, il faut que vousappre-
"1(^,1 niez beaucoup de choses c]ue
M vous ne savez pas encore assez.
5. Vous devez soumettre entièrement vos désirs à ma volonté , et ne point vous aimer vous-même , mais être plein d'ardeur pour faire ce cjuiine plaît.
Vos désirs vous enfiamment souvent, et vous emportent impétueusement; mais considérez si cette ardeur a ma gloire pour motif, ou votre intérêt propre.
Si c'est moi c|ue vous avez en vue, vous serez content , quoi que j'ordonne ; mais s'il s'y môle quelque secrète recherche de vous-même, voilà ce qui vous trouble et vous abat.
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4. Prenez donc garde à ne pas trop vous attacher à des désirs sur lesquels vous ne m'avez point consulté , de peur qu'ensuite vous ne veniez à vous repentir, ou à éprouver du dégoût pour ce qui vous avait plu d'abord , et que vous aviez recherché comme le meilleur.
Car tout mouvement qui paraît bon ne doit pas être aussitôt suivi ; mais il ne faut pas non plus se presser de rejeter tout mouvement contraire.
Tl estbonquelquefoisd'userdereienue, même dans les bonnes résolutions et dans les bons désirs, de peurque trop d'empressement ne préoccupe votre esprit; ou qu'en vous écartant delà règle, vous ne causiez du scandale aux autres, ou même que la résistance des autres ne vous jette toutàcoup dans le trouble et dans l'abattement.
5. 11 faut aussi quelquefois user de violence, résister coui-ageusement aux convoitises des sens , et ne pas foire attention à ce que la chair veut ou ne veut pas ; mais plutôt travaillera l'assujétir, même malgré elle, à l'esprit.
Il faut la châtier et la réduire eu servitude, jusqu'à ce qu'elle soit prête à tout, (ju'elle ait appris à se contenter de peu , àauncr les choses les plus simples , et à ne jamais se plaindi-e de rien.
i^^^L faut imiter la foi d'Abraham , et aller toujours sans savoir où. Ou ne s'égare que pour se proposer un but de son propre choix. Quiconque ne veut rien quclascule volonté de Dieu, la trouve partout, dequelquecôtéquelaProvidence le tourne, et par conséquent il ne s' égare jamais. Le véritable abandon n'ayant aucun chemin propre , ni desscia de se contenter , va toujours droit comme il plaît a Dieu. La voie droite est de se renoncer, aûn que Dieu seul soit tout, et que nous ne soyons rien. J'espère que celui qui nourrit les petits oiseaux aura soin de vous. Heureux celui qui , comme Jésus- Christ, n'a pas de quoi reposer sa tête ! Quand on s'est livré a la pauvreté intérieure même, doit-on craindre l'extérieure? Soyez fidèle a Dieu , et Dieu le sera a ses promesses. Faites honneur a la religion qui est si méprisée, et elle vous le rendra avec usure.
FÉISELO^'.
DE JÉSCS-CHUIST.