‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 49 sur 111 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

QU'IL FAUT COKSIDÉIIER LES SECRETS JUGEME>'S DE DIEU POUU m PAS SENORGLEiLLlB DU BIEN QUON A FAIT.

rm .l^^^:sSS^4 EiGNEUR, VOUS foites tonner sur |>>^V>-4v "^01 ^'os jugemens, et vous ébranlez tous mes os de crainie y:mW}jmi ^^ *^^ f'^ayei»"' et mon ame est |^g îh^^s^^sÈJÂ^i tout épouvantée. V^M

Je demeure Interdit, quand je considère que À^^^^ tes deux ne sont pas purs à vos yeux. (Job, cr;XM;if 15,15.) />^>^\>i

Si vous avez trouvé le mal dans les anges, et si vous ne les avez pas épargnés, que sera-ce de moi?

Les étoiles sont to^nbées du ciel (Apocal. , 6, 13); et moi, poussière, que dois-je attendre?

Des hommes dont les œuvres paraissaient louables, sont tombés au plus bas degré ; et j'ai vu ceux qui se nourrissaient du pain des anges faire leurs délices de la pâture des pourceaux.

2. Il n'est donc pas de sainteté , Seigneur, si vous retirez votre main.

Point de sagesse qui soit utile, si vous ne la i^ dirigez plus.

Point de force qui soutienne , si vous lui retirez voire a])pui.

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DE JÉSUS-CIIRIST. 493

Point de chasteté assurée, si vous ne la protégez.

Point de vigilance qui nous sauve , si vous ne veillez vous-même pour nous.

Laissés à nous-mêmes, nous sommes submergés et nous périssons ; mais si vous nous visitez, nous nous relevons et nous vivons.

Car nous sommes chanceians, mais vous nous affermissez : nous sommes tièdes, mais vous nous embrasez.

5. Oh ! que je dois avoir d'humbles et basses pensées de moi-même ! Que je dois estimer peu ce qui paraît de bien en moi !

Oh ! que je dois m'abaisser profondément devant les abîmes de vos jugemens, où je trouve que je ne suis autre chose que néant, et un pur néant !

O poids hnmense ! ô mer sans rivage, où je ne trouve rien de moi que le néant au milieu de tout!

Où donc l'orgueil se cachcra-t-il? où sera la confiance en ma propre vertu ?

Toute vaine gloire est absorbée dans la profondeur de vos jugemens sur moi.

4. Qu'est-ce que toute chair devant vous? L'argile s'élèvera-t-elle contre celui qui l'a formée ?

Comment peut-il s'enfler d'une louange vaine, celui dont le cœur est vraiment soumis à Dieu?

Le monde entier ne saurait enorgueillir celui que la vérité s'est assujéti ; et les applaudissemens des hommes n'ébranleront pas celui qui a affermi toute son espérance en Dieu.

Car ceux qui parlent ne sont rien eux-mêmes; ils s'évanouiront avec le bruit de leurs paroles ; mais la vérité du Seigneur demeure élcrnellevieni. (Ps. 1K>, 2.)

RÉFLEXION

^A tliéologie nous enseigne que Dieu est la source du bien et !e centre de toutes choses : comme il est le seul sage et le seul puissant , il lui appartient donc de s'occuper de lui-même , de rapporter tout àlui-mcme. de se glorifier eu ses conseils, et de se confier en son bras victorieux et en sa force invincible. Quand donc une créature s'admire dans sa vertu , s'aveugle dans sa puissance, se plaît dans son industrie, s'occupe enfin tout entièrede ses propres perfections, elle agit ii la manière de Dieu ; et , malgré sa misère et son indigence , elle imite la plénitude de ce premier Être. En effet , cet homme capable qui règne dans un conseil , et ramène tous les esprits par la force de ses discours, lorsqu'il croit que son raisonnement et son éloquence, et non la main de Dieu, a tourné les cœurs, ne dit-il pas tacitement: « Nos lèvres sont de nousmêmes » ; et c'est nous qui avons trouvé ces belles

'y.< DE JÉSUS-CHKIST. ^97

r paroles qui or.t louche tout le monde? Et celui qui se persuade que c'est par sou indusl rie qu'il s'est établi, et ne fait pas de réllcxion sur la Providence 3j\^V;^^ divine qui l'a conduit par la main, ne dit-il pas avec 'â^^.-^^ PIiaraoQ : « Tout ce grand domaine est a moi ; je ^?/ suis l'ouvrier de ma fortune, et je me suis fait H moi-même? » Quiconque endns'imagine qu'il peut (} achever ses affaires par sa tête ou par son bras , sans remonter au principe d'où viennent tous les i)ons succès , se fait lui-même un Dieu dans sou cœur, et dit avec ces superbes : C'est notre main vigoureuse qui a fait hautement ces choses.

BOSSUET

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