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508 IMlTÂTIOiV
le pins grand gain d'èlre comjjtë pour rien parmi les hommes.
4. Oh ! si vous goûtiez ces vérités , et si elles entraient profondément dans votre cœur, comment oseriez-vous vous plaindre , même une seule fois ?
Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie élernelle ?
Est-ce peu que de perdre ou de gagner le royaume de Dieu?
Levez donc les yeux au ciel. Me voilà, et avec moi tous mes saints , qui ont soutenu dans ce monde un grand combat : maintenant ils se réjouissent , maintenant ils sont consolés , maintenant ils sont dans la sécurité; ils se reposent et ils demeurent à jamais avec moi dans le royaume de mon Père.
RÉFLEXIOiN.
^^e|i nous étions épris dos chastes délices do cette cité sainte , bien pénétrés des célestes espérances , nous ne serions pas aussi vivement touchés que nous le sommes des choses d'ici -has; nous serions également insensibles et aux misères de cette vie, et a ses faux plaisirs. Tels que des voyageurs dont la course se dirige vers une royale cité : rien de ce qui se présente sur leur passage ne les peut arrêter, ni le charme des prairies ou
DE JESUS-CHTiIST. 509
des jardins , ni la fraîcheur des vallons, ni l'aspérité desdéserls; mais, indifférens à tous les aspects étrangers , ils n'ont des yeux que pour contempler dans leur pensée le terme où ils tendent. De môme celui qui fait de cette bienheureuse cité l'objet de ses méditations habituelles et de ses saints empressemens , ne donne plus le nom de peines a ce qu'il endure pour y arriver, ni le nom de plaisirs à ce qui l'en éloigne; mais, tout entier a cette salutaire pensée , il est sans yeux pour tout ce qui n'est pas elle. Comme saint Paul , il ne considère point les choses visibles, mais les invisibles, parce que , se dit-il 'a lui-même , les choses visibles sont temporelles, mais les invisibles sont éternelles.
SAnT JEAN-CUUïSOSTÔME.
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GIIAPITRE XLVllT.
ly DES JOIES UE LLTEli.MTE ET DES HISÈilES DE CETTE VIE.
bienheureuse demeure de la cité *S^^>^ ^^-'^'^ céleste ! ôjour éclatant deréter- 1^4 HÎté, que la nuit n'obscurcit point, mais que la souveraine vérité éclaire sans cesse; jour y^^\l^^^'''7^ éternel de joie et de sécurité, que nulle vicis- f^^J/ii^^AT^situde ne trouble jamais ! CJl ,'^V^^K
Oh! quece journ'a-t-il déjàlui, pour faire dispai'aîlre tout ce qui est du temps !
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Il resplendit à la vérité pour les saints dans tout l'éclat de sa lumière élernelJc ; mais nous , voyageurs sur la terre , nous ne le voyons que de loin et comme dans un miroir.
2. Les citoyens du ciel en connaissent les délices ; mais les enfans d'Eve , encore exilés , gémissent sur l'amertume et l'ennui de la vie présente.
Les jours de cette vie sont courts et mauvais, pleins de douleurs et d'angoisses ; l'homme y est souillé de beaucoup de péchés, enchaîné par beaucoupde passions, agité par mille craintes, embarrassé de mille soins , emporté çà et là par la curiosité, esclave de la vanité, environné d'erreurs, brisé de travaux, accablé de tentations , énervé par les délices , tourmenté par l'indigence.
5. Oh! quand viendra la fin de ces maux, quand serai-je délivré de la misérable servitude des vices !
Quand me souviendrai-je, Seigneur, devons seul! quand goûterai -je en vous une pleine joie!
Quand serai-je dégagé de toute entrave, dans une vraie liberté , sans aucune peine de corps et d'eT;prit !
Quand posséderai-je une paix solide , assurée, inaltérable ; paix au-dedans et au-dehors , paix affermie de toutes paris !
DE JÉSDS-CHRIST. 511
0 bon Jésus ! quand me sera-t-il donné de vous voir ! quand conlemplerai-jc la {jloire de votre règne ! quand me serez- vous tout en toutes choses !
Oh! quand serai-je avec vous dans le royaume (jue vous avez préparé de toute éternité à vos l3ien-aimés !
J'ai été délaissé , pauvre et exilé en une terre ennemie, où il y a guerre continuelle et de grandes infortunes.
4. Consolezmon exil , adoucissezma douleur, parce que tous mes désirs soupirent après vous, et que tout ce que le monde m'offre ici-bas de consolations, me pèse.
Je désire jouir intimement de vous; mais je ne puis y parvenir.
Je souhaite m'altacher aux choses du ciel ; mais les choses temporelles et mes passions immortifiées me rabaissent vers la terre ; mon ame aspire à s'élever au-dessus de tout , et la chair m'y assujettit malgré moi.
Ainsi, homme malheureux, jecombatscontrc moi , et je deviens à charge à moi-même , l'esprit tendant toujours à s'élever, et la chair à descendre.
o. Oh! que je souffre intérieurement lorsque, méditant les choses du ciel , une foule d'objets charnels se présentent à moi durant la prière ! ?iIon Dieu , ne vous éloignez pas de tnoi (Ps. 70,
Hv\
12), el n'abandonnez poinl votre serviteur dans votre colère. (Ps. 26, 9.)
Faites briller votre foudre et dissipez ces ilîusions, lancez vos flèches (Ps. 143, G), et que tous ces fantômes de l'ennemi soient confondus.
Rappelez à vous tous mes sens , faites que j'oublie toutes les choses du monde, et que je rejette promptcment et avec mcpiis ces images du vice.
Eternelle vérité, prêtez-moi votre secours , afin que nulle vanité ne me touche.
Descendez en moi, céleste douleur , et que toute impureté s'évanouisse devant vous.
Pardonnez-moi aussi, et usez de miséricorde toutes les fois que dans la prière je m'occupe d'autre chose que de vous.
Car je confesse sincèrement que la distraction m'est habituelle.
Bien des fois, en effet, je ne suis pas où est mon corps, assis ou debout; je suis plutôt où mes pensées me portent.
Je suis là où est ma pensée ; ma pensée est souvent là où est ce que j'aime.
Ce qui me plaît naturellement, ou ce quel' habitude me rend agréable , voilà ce qui se présente d'abord à mon esprit.
6. Et c'est ix)ur cela , ô Vérité ! (}ue vous avez dit expressément : Où est votre trésor, là est aussi votre cœur. (Matth. , 6, 21. )
J^fi
DE Jiisus-ciiuiST. 313
Si j'aime le ciel, je pense volontiers aux choses du ciel.
Si j'aime le monde , je me réjouis des piospériles du monde , et je m attriste de ses adversités.
Si j'aime la chair, je me représente souvent ce qui est de la chair.
Si j'aime l'esprit , je me plais à penser aux choses spirituelles.
Car il m'est doux de parlei' , et d'entendre parler de lout ce que j'aime, cl j'en emporte avec moi les images dans ma retraite.
Mais heureux l'honime, ô mon Dieu! qui, a cause de vous , bannit de son cœur toutes les créatures ; f|ui fait violence à la nature, et qui , par la ferveur de l'esprit, crucifie les convoitises de la chair, afin que dans la paix d'une bonne conscience, il vous offre une prière pui'e, et 1^ JljV que, dégagé au-detlans et au-dehors de tout ce ii^feâ ^"' ^^^ terrestre , il soil digne de se mêler aux chœurs des anges !
RKFLlilXION.
[l'.îONS l'éternelle beauté qui ne vieillit ])oint etquienipêclie de vieillir ceux quin'aimentqu'elle; méprisons ce monde qui tombe déjà en ruine de toutes parts. Ne voyons-nous pas que depuis tant d'années les personnes qui étaient dans les mêmes
51 i IMITATION'
places, surprises par la mort, sont tombées dans
l'abîme dévorant (le l'élernilé? 11 s'est élevé comme
un monde nouveau sur celui qui nous a vus naître.
SI peu qu'on vive , il faut diercher d'autres amis,
après avoir perdu les anciens. Ce n'est plus la
même famille où l'on a été élevé, d'autres pa-
rens inconnus viennent prendre la place ; on voit
même disparaître une cour entière; d'autres sont
à la place de ceux qu'on admirait; ils viennent
éblouir àleur tour. Que sont devenus tous ces grands
acteurs qui remplissaient la scèueil y a trenleans ?
Mais sans remonter si haut, combien y en a-t-il
de morts depuis sept ou huit ans? Bientôt nous les
suivrons. Est-ce donc ce monde auquel on est si
attaché? On n'y fait que passer, on en va sortir :
il est lui-même la misère , la vanité , la folie ; il
n'est qu'un fantôme, une figure qui passe, comme
dit saint Paul.
ri>F,i.nN.
ON fils, lorsque vous sentez se ^ répandre en vous d'en-haul le ^"^i' (iësir de la béatitude éternelle , et que vous aspirez à sortir de la prison du corps pour contempler ma lumière, sans ombre et sans vicissitude, dilatez votre cœur, et recevez avec amour cette sainte inspiration.
Rendez de très-grandes actions de grâces à la souveraine bonté qui vous prodigue ainsi ses faveurs, qui vous visite avec tendresse, vous excite avec ardeur et vous soulève puissamment de peur que votre poids ne vous entraîne vers la terre.
Car rien de cela n'est le fruit de vos pensées frS$ ou de vos efforts, mais une grâce de Dieu , qui '^^^ a daigné jeter un regard sur vous, afin qu'a-
vançant dans les vertus et surtout dans fhumilité, vous vous prépariez à de nouveaux combats , et que tout votre cœur s'attache à moi avec la volonté ferme de me servir.
2. Mon fils , souvent le feu est ardent ; mais la flamme ne s'élève point sans fumée.
Ainsi quelques-uns brûlent du désir des cho-
w^m^Mmâmm
ses célestes, sans toutefois être df^^jagés des affections et des tentations de la cliair.
Et c'est pourquoi ils n'agissent pas purement pour la gloire de Dieu , dans ce qu'ils lui demandent avec tant d'instance.
Tel est souvent votre désir, que vous m'avez •cprésenié comme si vif et si empressé.
Car rien n'est pur ni parfait de ce qui est mêle d'intérêt propre.
5. Demandez, non ce qui vous est agréable et avantageux; mais ce qui m'honore et me plaît : car si vous jugez sainement, vous devez préférer mes ordres à votre désir, à tout ce qu'on peut souhaiter, et suivre ma volonté.
Je connais votre désir, et j'ai souvent entendu vos gc'missemcns.
Déjà vous voudriez jouir de la lil)erté glorieuse des enfans de Dieu; déjà la demeure éternelle et la céleste patrie où la joie est éternelle , ravit votre pensée : mais l'heure n'est pas encore venue; vous êtes encore dans un autre temps, temps de guerre , temps de travail et d'épreuve.
Vous désirez être rassasié du souverain bien, mais vous ne jîouvez pas encore l'obtenir.
C'est moi qui le suis ; attendez-moi , dit le Seigneur, jusqu'à ceque vienne le royaume deDieu.
4. Il faut que vous soyez encore éprouvé sur la terre, et exercé en beaucoup de choses.
De temps en temps vous recevrez desconso-
DE JESUS CHRIST. .) i t
lations ; mais il ne vous sera pas donné de vous '^f^p rassasier pleinement.
Ranimez donc voire force et votre courage 4^ ( Josué ,1,6), pour accomplir et pour souffrir ce qui est contraire à la nature.
Il faut que vous vous revêtiez de l'iionime nouveau , et que vous vous changiez en un autre homme.
11 faut que souvent vous fassiez ce que vous ne voulez pas , et que vous renonciez à ce que vous voulez.
Ce qui plaît aux autres réussira, et ce qui vous plait n'aura pas de succès.
On écoutera ce que disent les autres : ce que vous direz sera comjité pour rien.
D'autres demanderont, et ils recevront; vous demanderez, et on vous refusera.
o. On parlera d'eux avec de grands éloges , et personne ne parlera de vous.
On leur confiera tel ou tel emploi , et l'on i\e vous jugera propre à rien.
La nature quelquefois s'en attristera , et ce sera beaucoup si vous le supportez en silence.
C'est en ces choses, et en plusieurs autres semblables, que le Seigneur a coutume d'éprouver jusqu'à quel point un serviteur fidèle sait se renoncer et se briser en tout.
Il n'est presque rien qui vous fasse mieux sentir le besoin de mourir à vous-même que de vivre, et
de soufii'ii' ce qui répujrneà votre volonlé, surtout lorsqu'on vous commande des choses dé aisonnables , et qui vous paraissent peu utiles.
Etparce qu'assujetti à un supérieur, vousn'osez résister à son autorité, il vous semble plus dur de suivre la volonté d'un autre et d'abandonner en tout votre propre sentiment.
6. Mais pensez, mon fils, au fruit de ces travaux , à leur prompte lin, à la grandeur infinie de la récompense : et loin de les porter avec douleur, vous y trouverez une puissante consolation pour soutenir votre patience.
Car pour un peu de violence que vous vous faites maintenant , en renonçant à votre volonté, vous la verrez éternellement satisfaite dans le ciel.
Là, vous trouverez tout ce que vous voudrez, tout ce que vous pourrez désirer.
IÀ\ y tous les biens s'offriront à vous , sans craindre de les perdre.
Là, votre volonté, toujours unie à la mienne, ne désirera rien hors de moi , rien qui vous soit propre.
Là , personne ne vous résistera , personne ne se plaindra de vous , personne ne vous embarrasseia , rien ne vous fera obstacle ; mais tous les objets de vos désirs étant présens à la fois , rassasieront et rempliront toute l'étendue de votre cœur.
^^^^^^^^^^^^IShMhMâMx
Là , je donnerai la gloire pour les opprobres soufi'erts, je vous environnerai de louange pour votre tristesse; et pour vous être mis à la dernière place, vous aurez un trône dans mon royaume éternel.
Là , se montreront les fruits de l'obéissance ; la pénitence se réjouira de ses travaux, et l'humble soumission sera glorieusement couronnée.
7. Maintenant donc abaissez-vous humblement sous la main de tous , et ne regardez point qui a dit ou ordonné cela.
Mais ayez soin , si votre supérieur, ou voire inférieur, ou votre égal, demande ou souhaite quelque chosede vous, de le regarder comme un bien et de l'accomphr avec une affection sincère.
Que l'un recherche ceci, et l'autre cela; que celui-là se glorifie d'une chose, celui-ci d'une autre , et qu'il en reçoive mille et mille louanges : pour vous , ne mettez votre joie ni en ceci ni en cela , mais dans le mépris de vous-même, dans ma volonté et ma gloire.
Ce que vous devez désirer, c'est que, soil par la vie, soil par la mort, Dieu soil toujours gloiifié en vous. (Philip., 1 , 20, )
RÉFLEXIO^^
/ouR quelques trii)uIations d'uu jour, un poids éternel de gloire, nous dit l'apôtre. Plaignez-
^mc"^'
\ous donc encore, et dites : Cela n'en finit pas, je ne puis supporter plus long-temps d'aussi laborieux fardeaux. L'apôtre, parlant des souffrances qu'il endure , les appelle des épreuves d'un moment. Avcz-vous, comme lui, été dans le fond de la mer, battu de verges? non. Qu'avez-vous souffert qui soit en proportion avec la gloire qui vous est promise? La souffrance passera, et bientôt; la gloire, jamais. Pourquoi cette supputation de jours et d'années qui peuvent vous rester à vivre ? Le temps passe , et la peine avec lui ; ce ne sont pas les peines qui viennent, elles s'en vont. 11 n'en est pas ainsi de la gloire et des récompenses ; nu terme à cellos-là, point de succession ui de vicissitude, toujours au même point d'énergie comme de durée : elle subsistera tout entière et durant toute l'éternité. Ici-bas, à chaque jour suffit sa peine. Celle de demain ne sera pas celle d'aujourd'hui; elle ne vient que goutte a goutte, et s'échappe de même. Dans le ciel , torrens de délices, fleuve de gloire et de paix. Fleuve par sou abondance , qui coule et ne s'écoule pas. Poids éternel de gloire ; non gloire en décoration , mais l'essence même delà gloire. La joie ne s'y donne plus par simples émanations : on la puise à sa source.
C(l.iniE>T LS nOllME DÉSOLÉ DOIT .SAI!AM)()\ ^Ei^ E.MHE LES MAIÀS Dli DIE'J.
EiGNELR mon Dieu, Père saint,
soyez béni mainlenanl et dans "/.^VI/^'/LV''
toute l'éternité ; parce qu'iî a été (T^^j^V* ^ ^ <
fait comme vous l'avez vouîu, et ce que vous faites est bon.
Que votre serviteur se réjouisse en vous, et non en lui, ni dans un autre ; parce que vous êtes seul la véritable joie ; vous êtes mon espérance et ma couronne , vous êtes ma joie et ma gloire, Seigneur.
Qu'y a-t-ildansvotrescrviteurqu'il n'aitreçu de vous, et sans l'avoir mérité ? Tout est à vous , et ce (jue vous avez donné et ce que vous avez foit.
Je suis pauvre el dans les travaux dès ma jeu- ^ nasse (Ps. 87, iG) , et mon ame s'attriste cruel- ^^^r:^^^^rr^ quelois jusqu aux larmes : quelquelois aussi elle se trouble en eîie-méine , à cause des passions qui la pressent.
2, Je désire la joie de la paix , j'aspire à la paix de vos enfans, que vous nourrissez dans la lumière de vos consolations.
Si vous me donnez la paix , si vous versez en moi cette joije sainte , l'amc de votre s-^rvitcur
sera remplie d'une douce mélodie, et fervente à ïfl vous louer.
!/f) Mais si vous vous rctirezcomme vous le faites )\ très-souvent, votre serviteur ne pourra point ^{|^ courir dans la voie de vos commandemens ; mais plutôt il tombera à genoux et se frappera la poitrine, parce qu'il n'est plus aujourd'hui ce qu'il était hier, et le jour d'auparavant, lorsque voire lumière resplendissait sur sa tête (Job, 29, 5), et qu'à l'ombre de vos ailes il trouvait un al ri contre l'assaut des tentations (Ps. 16, 8. ).
5. Père juste et toujours digne de louange, rheure est venue où votre serviteur doit être 1/ éprouvé.
X, /1 Père aimable, il est juste que votre serviieur i àl^ souffre maintenant quelque chose pour vous.
Père à jamais adorable, elle est venue l'heure que vous avez prévue de toute éternité , où votre serviteur doit succomber pour un peu de temps au-dehors, sans cesser de vivre toujours intérieurement en vous.
Qu'il soit donc abaissé pour un peu de temps, humilié , anéanti devant les hommes , brisé de "^ souffrances et de langueurs , alin de se relever Ir- encore avec vous à l'aurore d'un jour nouveau, . et d'être environné de gloire dans le ciel. "'^^ Père saint, vous l'avez ainsi ordonné, ainsi ), voulu ; et ce que vous avez commandé s'est ac- (^ compli.
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DE Jiîsrs-ciimsT. oz,>
4. Car c'est la grâce que vous faites à vos amis de souffrir et d'être affligés en ce monde pour l'amour de vous , autant de fois et par qui (|ue ce soit que vous le permettiez.
Rien ne se fait sur la terre sans dessein, sans cause , et sans votre providence.
Ce m'est im bien , Seigneur, que vous m'ayez humilié, afin que je m'instruise de voire justice ( Ps. 118 ,71), et que je bannisse de mon cœur tout orgueil et toute présomption.
Il m'est utile que mon visage ail été couvert de confusion ( Ps. 68, 10 ) , afin que je cherche à me consoler plutôt en vous que dans les hommes.
Par-là j'ai appris encore à redouter vos jugemens impénétrables, vous qui affligez le juste et l'impie, mais non sans équité ni sans justice.
o. Je vous rends grâces de ce que , loin de m'épargner dans mes maux , vous m'avez brisé ^ sous les coups de votre amour, me chargeant Tf^. de douleurs, et m'accablant d'angoisses au-devf ^ dans et au-dehors.
De tout ce qui est sous le ciel , il n'est rien qui me console , si ce n'est vous, Seigneur mon Dieu , céleste médecin des âmes , qui blessez et qui guérissez , qui conduisez jusqu'aux enfers, etqui cnramcnez. (I.Reg., 2,0. — Tob., 15,2.
Je suis sous votre discipline, et votre verge même ni" instruira. (Ps. 17, 36.
6. Me voici entre vos mains , ô Père bienaimé ; je m'abaisse sous les coups de votre correction.
Frappez sur mon dos et sur mon cou, afin que je réforme, selon votre gré, ce qui n'est pas droit en moi.
Faites de moi, comme vous le savez si bien faire, un disciple pieux et humble, afin que je vous suive au moindre signe.
Je m'abandonne, moi et tout ce qui est en moi , à votre correction ; car il vaut mieux être châtié en ce monde qu'en l'autre.
Vous savez toutes choses , et chaque chose en particulier, et rien ne vous est caché dans la conscience de l'homme.
Vous connaissez les choses futures avant qu'elles arrivent, et il n'est pas besoin que personne vous instruise ou vous avertisse de ce qui se passe sur la terre.
Vous savez ce qui est utile à mon avancement, combien la tribulation sert à consumer la rouille des vices.
Disposez de moi selon votre bon plaisir, et j^ ne me délaissez point , à cause de ma vie toute
"^^r^l^ de péché , que personne ne connaît mieux ni
*" \ plus clairement que vous.
^ 7. Faites, Seigneur, que je sache ce que je
^) dois savoir, c}ue j'aime ce que je dois aimer, que
[f je loue ce qui vous est souverainement agréa-
il^^^
DE JÉSUS-CîiniST. olo
ble , que j'cslimc ce qui est précieux, devant vous , que je blâme ce qui est vil à vos regards.
Ne permettez pas que je juge d'après ce que ^^^' l'œil aperçoit au-deliors, ni que je prononce ^^^ sur le rapport des ignorans ; mais faites-moi f/^^ discerner avec un jugement droit les choses visibles et les spirituelles, et surtout chercher toujours ce qui plaît le plus à votre volonté.
8. Souvent les hommes se trompent en jugeant d'après leur sens ; les amateurs du siècle se trompent aussi en n'aimant que les choses visibles.
Un homme en vaut-il mieux parce qu'un autre homme l'estime plus grand?
Quand un homme en exalte un auti-e, c'est le plus trompeur qui séduit un trompeur , l'orgueilleux un orgueilleux, l'aveugle un aveugle , l'infirme un infirme ; et les vaines louanges sont une véritable confusion pour qui les reçoit.
Car ce qu'un liommecsl à vos yeux, Se'ujneur, voilà ce qu'il est réellement, et rien de plus, dit l'humble saint François.
RF.FLEXION.
^^-^N a bien de la peine a se convaincre de la bonté avec laquelle Dieu accable de croix ceux qu'il aime. Pourquoi, dit-on, prendre plaisir à nous faire souffrir ? A'e saurait-il nous rendre bons
sans uous rendre misérables? Oui, sans doute, Dieu le pouvait; car rien ne lui est impossible. 11 tient dans ses mains toutes-puissantes les cœurs desbommes, et les tourne comme il lui plaît, ainsi que la main d'un fontainier donne aux eaux, sur e sommet d'une montagne , la pente qu'il veut. Mais Dieu, qui a pu nous sauver sans croix, n'a pas voulu le faire ; de même qu'il a mieux aimé laisser les hommes croître peu à peu, avec tous les embarras et toutes les faiblesses de l'enfance, que de les faire naître avec toute la force d'un âge mtir. Sur cela, il est le maître ; nous n'avons qu'a nous Â^' taire , et qu'à adorer sa profonde sagesse sans la comprendre. Ce que nous voyons clairement, c'est que nous ne pouvons devenir entièrement bons qu'autant que nous deviendrons humbles , désintéressés , détachés de nous-mêmes , pour rapporter tout à Dieu sans aucun retour sur nous.
FÉNELON