‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 99 sur 111 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

HE LOBLATION DE J.-C. SUR LA CHOIX ET DE NOTRE PBOPBE KliSIOATlON.

OMME je me suis offert volontairement pom' vos péchés , à Dieu mon Père, les bras étendus sur la croix, et le corps nu, de sorte qu'il ne restait rien en moi qui ne fût entré tout entier dans le sacrifice de la réconciliation divine : ainsi vous devez tous les jours , à la messe, me faire volontairement une offrande pure et sainte de vous-même, de toutes vos puissances et de toutes les affections de votre ame.

Que demandé-jede vous , sinon que vous vous appliquiez à vous abandonner à moi sans réserve ?

Tout cequevousmedonnez, hors vous-même, ne m'est rien, parce que c'est vous que je cherche , et non pas vos dons.

2. Comme il ne vous suffirait pas d'avoir tous les biens sans moi , ainsi rien ne peut me plaire de tout ce que vous me donnez, si vous ne vous offrez vous-même.

Offrez-vous à moi , donnez-vous pour Dieu tout entier, et votre oblation sera agréée.

few

DE jÉSUS-CIlUtST. -403

Je me suis olïerl tout eulier pour vous à mon Père ; j'ai donné aussi toul mon corps et tout mon sang pour nourriture, afin d'être tout à vous, et que vous fussiez à jamais tout à moi.

Mais si vous restez attache à vous-même, et si vous ne vous abandonne/ pas de bon gré à ma volonté , votre oblation n'est pas entière , et l'union ne sera pas parfaite entre nous.

Ainsi l'oblation volontaire de vous-même, entre les mains de Dieu , doit précéder toutes vos œuvres , si vous voulez acquérir la grâce et la liberté.

Car, s'il en est si peu qui soient éclairés et libres intérieurement, c'est qu'ils ne savent pas se renoncer entièrement eux-mêmes.

Mon arrêt est irrévocable : Si quelqu'un ne

renonce pas à tout, H ne peut être mon disciple.

fc ir A (Luc, 14, 55.) Si donc vous voulez être mon

'^ 'y) discij^le, offrez-vous à moi avec toutes vos al-

fections.

nj^

^^^ annonce la mort de Jcsus-Clirist dans ce mystère , parce qu'il est la consoramalion du sacriQcedelacroix, et qu'il nous en applique le fruit. Or, qui nous donne droit au fruit de la croix, et par conséquent a la communion? Les souffrances, les mortifications , une vie pénitente etinté-

w^s^m^mmmmm

rieure. Car, dites-moi, vivant dans les délices, oserez- vous venir annoncer la mort du Sauveur? Oserez-vous nourrir un corps comme le vôtre , amolli par les plaisirs, flatté, caressé; oserezvous, dis-je, le nourrir d'une chair crucifiée? Oserez-vous incorporer Jésus-Christ mourant et couronné d'épines, dans des membres délicats et sensuels? cet assortiment ne serait-il pas monstrueux? Oserez-vous, en changeant sa chair en votre propre substance , la transformer en une chair molle et voluptueuse? eh! ce serait un attentat. Pour vous nourrir de la chair de Jésus- Christ , il faut que vos membres puissent devenir ses membres ; que son corps puisse prendre la fi gure du vôtre. Or, son corps est un corps crucifié, ses membres sont des membres souffrans ; et si vous vivez sans souffrir, si vous ne portez pas la mortification de Jésus-Christ sur votre corps ; si peut-être vous n'avez jamais fait a vos sens et à vos désirs aucune violence, si vos jours se passent dans une tranquille mollesse, si les afflictions vous impatientent ; si tout ce qui contrarie votre humeur vous révolte, si vous ne vous prescrivez point d'œuvres mortifiantes , si celles que le Ciel vous ménage ne sont pas bien reçues , comment voulezvous unir votre chair à la chair de Jésus-Christ?

IVIASSILLON.

Page 1