DE LEXAME.N DE CONSCIENCE, ET DE LA RÉSOLUTION DE SE COBBIGEB
^^^ ^^ toutes choses , il faut que le prêtre de Dieu s'approche pour célébrer, toucher et recevoir ce sacrement, avec une profonde humilité de cœur , un respect suppliant, une pleine foi, etune pieuse intention d'honorer Dieu.
Exauîincz avec soin votre conscience , et , autant que vous le pourrez , nettoyez-la , purifiezla par une contrition véritable et par une humble confession ; de sorte que vous n'ayez rien qui vous pèse, vous donne des remords, et vous Ole un libre accès.
Ayez re{;r('t de tous vos péchés en général , et surtout afOigez-vous et gémissez en particulier des fautes de chaque jour; et si le temps vous le permet, confessez à Dieu , dans le secret du cœur , toutes les misères de vos passions.
2. Gémissez amèrement d'être encore si charnel et si mondain , si peu mortifié dans vos passions , si agité par les mouvemens de la ^^//^ concupiscence ; ^
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Si peu exact à veiller sur vos sens , si souvent séduit par de vains fantômes;
Si enclin à vous répandre au-dehors, si né- {jli{jent à rentrer en vous-même ;
Si porté au rire et à la dissipation , si peu disposé aux larmes et à la componction ;
Si prompt à vous livrer au relâchement et à la mollesse , si lent pour l'austérité et la ferveur ;
Si curieux d'entendre des nouvelles et de voir ce qui flatte les yeux , si lâche à embrasser ce qui est humble et abject ;
Si avide de beaucoup avoir , si avare pour donner, si ardent à retenir ;
Si inconsidéré dans vos paroles, si impuissant à vous taire;
Si déréglé dans vos mœurs , si indiscret dans vos actions ;
Si intempérant dans le manger, si sourd à la parole de Dieu ;
Siconvoiteux du repos, si lent pour le travail ;
Si éveillé pour des récits frivoles , si endormi pour les saintes veilles, si pressé d'en voir la fin, si dissipé en y assistant;
Si négligent en récitant l'office divin, si tiède en célébrant, si aride en communiant ;
Si aisément distrait, si rarement bien recueilli ;
Si prompt à la colère , si disposé à blesser les autres ;
Si enclin à juger, si sévère à reprendre ;
Si joyeux dans la prospérité , si abattu dans l'adversité ;
Si fécond en bonnes résolutions , et si stérile en effets.
5. Après avoir confessé et déploré ces défauts et tous les autres avec douleur et un vif sentimentde votre propre faiblesse, formez un ferme propos de vous corriger sans cesse , et d'avancer dans la vertu.
Ensuite, avec une pleine résignation et une entière volonté, offrez-vous, en l'honneur de mon nom , surl'aute! de votre cœur, comme un holocauste perpétuel , en me remettant fidèlement votre corps et votre ame, afin d'obtenir ainsi la grâce d'offrir à Dieu dignement le sacrifice, et de recevoir avec fruit le sacrement de mon corps.
4. Car il n'y a point d'oblation plus méritoire, ni de satisfaction plus grande pour effacer les péchés, que de s'offrir soi-même à Dieu purementetsans réserve, avec l'oblation de mon corps, à la messe et à la communion.
Si l'homme fait ce qui est en lui , et s'il a un vrai repentir toutes les fois qu'il s'approche de moi pour demander pardon et grâce : Je jure par moi-même, dit le Seigneur; je ne me sou-
viendrai plus de ses péchés , et ils lui seront tous pardonnes; car je ne veux point la morl du pcclieur, mais plutôt qiiil se converlisse et qu'il vive. (Ézéch., 55, II.)
RÉFLEXION
gg^^YEZ pitié de moi , ô vous tous, mes frères, qui avez des entrailles de miséricorde , car ce n'est pas sans dessein que l'Écriture a dit : Le frère qui est secouru par son frcre ressemble à une ville fortifiée... Hélas ! à quelle humiliation je me vois léduit ! Quelle différence entre ce que je parais être et ce que je suis en effet ! Au moment même où je parle de la pureté du cœur, mon cœur, embrasé nuit et jour par les feux de la concupiscence, y;p^"^ se remplit de criminelles affections. Quel rigou- C^^] reux examen m'attend au redoutable jugement! \})A\ Dois-je désespérer de mon salut? Non, mais invoquer et la clémence divine, et vos prières. Gloire à Dieu ! gloire à vous, qui êtes inépuisable en miséricorde ! gloire à vous , source de bienfaisance ! vj / gloire a vous , qui seul êtes sage ! gloire à vous , ^ qui secourez nos corps et nos âmes , qui faites p luire votre soleil sur les bons et sur les méclums, \ et tomber votre rosée sur les justes et les injusi) tes! Gloire a vous, qui donnez au plus petit des passereaux sa nourriture : car tout ce qui vit cs- &^"i=-"t^ï)| \i r P^'^ ^'* vous, pour recevoir de vos mams la nour-
ritiire qui lui est propre. Gloire à vous, Providence universelle, qui prenez soin de la nature entière et de tous les peuples du monde , comme si tous les peuples du monde n'étaient qu'un seul homme !.... Vous connaissez toutes les faiblesses démon ame, guérissez-les — Dans mon cœur, quel fonds d'orgueil! Je reprends les autres, et ne sais pas me reprendre moi-même. L'orgueil des autres me révolte, et j'accable les autres du poids de mon orgueil. Dur, impitoyable pour mes frères, je vais partout implorant la commisération. Sensible à l'excès à la moindre contrariété, je rends les autres malheureux. Je n'aime pas 'a louer, et je suis avide de louange. Je ne supporte pas que personne domine sur moi; et je veux dominer sur tout le monde. Empressé à exhorter, combien je suis paresseux à agir ! Pleurez sur moi , ô vous, les bien-aimés du Seigneur !
SAINT ÉPHBEM.