‹ L'imitation de Notre-Dame la LuneChapitre 8 sur 20 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Cœur de profil, petite âme douillette,

Tu veux te tremper un matin en moi, Gomme on trempe, en levant le petit doigt, Dans son café au lait une mouillette !

Et mon amour, si blanc, si vert, si grand, Si tournoyant ! ainsi ne te suggère Que pas-de-deux, silhouettes légères A enlever sur ce solide écran !

Adieu. — Qu’est-ce encor? Allons bon, tu pleures ! Aussi pourquoi ces grands airs de vouloir,

Quand mon Étoile t’ouvre son peignoir,

D’Hélas, chercher midi flambant à d’autres heures î

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Ah ! tout le long du cœur Un vieil ennui m’effleure..

M’est avis qu'il est l’heure De renaître moqueur.

Eh bien? je t’ai blessée?

Ai -je eu le sanglot faux, Que tu prends cet air sot De La Cruche cassée ?

Tout divague d’amour; Tout, du cèdre à l’hysope, Sirote sa syncope ;

J’ai fait un joli four.

Ton geste,

Houri,

M’a l’air d’un memento mori Qui signifie au fond : va, reste...

Mais, je te dirai ce que c’est,

Et pourquoi je pars, foi d’honnête Poète Français.

Ton cœur a la conscience nette, Le mien n’est qu’un individu Perdu De dettes.

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Que loin l’âme type Qui m’a dit adieu Parce que mes yeux Manquaient de principes

Elle, en ce moment, Elle, si pain tendre, Oh! peut-être engendre Quelque garnement.

Car on l’a unie Avec un monsieur,

Ce qu’il y a de mieux, Mais pauvre en génie.

Et je me console avec la Bonne fortune De l’aime Lune.

O Lune, Ave Paris Stella!

Tu sais si la femme est cramponne ; Eh bien, déteins,

Glace sans tain,

Sur mon œil ! qu’il soit tout atone,

Qu’il déclare : ô folles d’essais, Je vous invite A prendre vite,

Car c’est à prendre et à laisser.

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Encore un livre; ô nostalgies Loin de ces très-goujates gens, Loin des saluts et des argents, Loin de nos phraséologies !

Encore un de mes pierrots mort ; Mort d’un chronique orphelinisme ; C’était un cœur plein de dandysme Lunaire, en un drôle de corps.

Les dieux s’en vont; plus que des hures Ah! ça devient tous les jours pis;

J’ai fait mon temps, je déguerpis Versl’Inclusive Sinécure !

Eh bien oui, je l’ai chagrinée, Tout le long, le long de l’année ; Mais quoi! s’en est-elle étonnée?

Absolus, drapés de layettes,

Aux lunes de miel de l’Hymette, Nous avions par trop l’air vignette !

Ma vitre pleure, adieu! l’on bâille Vers les ciels couleur de limaille Où la Lune a ses funérailles.

Je ne veux accuser nul être,

Bien qu’au fond tout m’ait pris en traître. Ah! paître, sans but là-bas! paître...

Les mains dans les poches,

Le long de la route,

J’écoute Mille cloches

Chantant : « les temps sont proches, « Sans que tu t’en doutes ! »

Ah ! Dieu m’est égal !

Et je suis chez moi !

Mon toit Très-natal

C’est Tout. Je marche droit, Je fais pas de mal.

Je connais l’Histoire,

Et puis la Nature,

Ces foires Aux ratures ;

Aussi je vous assure

Que l’on peut me croire !

J’entends battre mon Sacré-Cœur Dans le crépuscule de l’heure, Comme il est méconnu, sans sœur, Et sans destin, et sans demeure !

J’entends battre ma jeune chair Equivoquant par mes artères,

Entre les Edens de mes vers Et la province de mes pères.

Et j’entends la flûte de Pan

Qui chante : « bats, bats la campagne !

« Meurs, quand tout vit à tes dépens ;

« Mais entre nous, va, qui perd gagne! »

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XYI

Je ne suis qu’un viveur lunaire Qui fait des ronds dans les bassins, Et cela, sans autre dessein Que devenir un légendaire.

Retroussant d’un air de défi Mes manches de mandarin pâle, J’arrondis ma bouche et — j’exhale Des conseils doux de Crucifix.

Ah ! oui, devenir légendaire,

Au seuil des siècles charlatans !

Mais où sont les Lunes d’antan?

Et que Dieu n’est-il à refaire?

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