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L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie

Il s’ouvre par une longue série de témoignages directs et explicites des saints Pères et des écrivains ecclésiastiques, qui énoncent le privilège de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu en termes formels.

A la tête de ces témoins figure l’apôtre saint André, qui déclare à son persécuteur, que le corps de Jésus-Christ a été formé d’une terre vierge et immaculée, comme la terre dont fut formé le corps du premier Adam, avant que Dieu l’eût maudite, c’est-à-dire étrangère à toute malédiction.

L’Eglise grecque nous dira ensuite, dans ses hymnes et dans ses prières, que Marie seule a été toujours tout à fait immaculée. Un pieux empereur, Léon le Sage, ajoutera que Marie n’a eu aucune part dans l’héritage funeste de notre premier père; et Isidore de Thessalonique que, seule parmi les enfants d’Adam, la Mère de Dieu

PRÉFACE

n’a pas été obligée de dire avec David : Voici que fai été conçue dans le péché. Saint François de Sales, ce savant et pieux serviteur de Marie, viendra clore cette série de témoignages en nous as» surant, à l’exemple des anciens Pères, que les flots du péché originel se sont arrêtés devant Marie, comme les flots du Jourdain se sont arrêtés devant le peuple d’Israël, pour lui livrer un passage vers la terre promise.

Dans le chapitre suivant, qui est le second du volume, j’exposerai les raisons théologiques que l’on peut faire valoir en faveur du privilège de la Mère de Dieu. Quoique plusieurs idées mères m’aient été suggérées par des auteurs anciens ou modernes, ces raisons, si je ne me trompe, sont présentées ici avec un enchaînement et un relief qui en font des arguments nouveaux. Lorsque j’aperçus leur liaison et leur ensemble, il m’a paru que je faisais une conquête. Le lecteur jugera si j’ai subi une illusion.

Le chapitre suivant, qui est le douzième de l’ouvrage, renferme une histoire détaillée de la définition de l’immaculée Conception. J’ai puisé la partie antérieure à notre époque dans les mémoires contemporains, dans les récits des témoins qui ont vu de leurs yeux les faits que je raconte. La dernière partie est tirée des relations authentiques rédigées par ordre de sa Sainteté Pie IX et remises en son nom aux cardinaux et aux

PREFACE

évêques, et aussi des notes que j'ai prises, des souvenirs que j'ai gardés; car ici j’ai pu profiter de ma qualité personnelle de témoin oculaire. Les circonstances pleines d'intérêt qui ont immédiatement précédé le jugement doctrinal du saint Siège n’ont pas encore été écrites, que je sache. En tout cas, peu de personnes sont à même de les écrire en détail et avec exactitude. Cependant elles appartiennent à l’histoire ecclésiastique du XIXe siècle. Je pense que l'histoire de la définition de l’immaculée Conception, racontée depuis son origine jusqu’à nos jours, est de nature à piquer la curiosité de tous les pieux serviteurs de Marie, et à faire justice de certains préjugés qui se sont produits parmi les demi-savants et les demi-chrétiens plus disposés à juger l'Eglise, qu’à accueillir avec respect ses décisions. Ce récit m’a fourni l'occasion d'expliquer plusieurs faits que je n’avais pu que toucher ou effleurer dans les chapitres précédents.

Après cela il ne me restait plus qu'une tache à remplir.

On se demande encore chaque jour : mais enfin, quelle a été la pensée de saint Bernard, de saint Thomas, de tous ces théologiens du moven-âge (pii, malgré leur grand amour envers Marie, ont contestéleprivilégedeson Immaculée Conception?

Dans le dernier chapitre je réponds à ces questions; je fournis la clef de la controverse du

PREFACE

moyen-âge ; et je montre que les adversaires modernes du privilège de la Mère de Dieu se sont manifestement trompés.

Pendant les deux années qui nous séparent du jour de la définition, c'est à peine si j’ai pu donner douze à quinze mois au travail que je publie.

Ce livre eût paru beaucoup plus tôt si je m’étais borné à faire une analyse matérielle des preuves vulgaires que l’on trouve partout. Ce genre de composition ne pouvait me plaire; et il n'eût point été vraiment utile. J’ai préféré que mon ouvrage parût un peu plus tard et qu’il renfermât une démonstration critique, rigoureuse du mystère défini. Si le choix et la disposition des preuves, si l’abandon raisonné des arguments faux ou faibles, si la nouveauté des aperçus et l’enchaînement de la démonstration sont une véritable invention, j’espère que cet ouvrage paraîtra neuf même aux savants qui connaissent la question.

Du reste, ce que je désire avant tout, c’est que ces pages écrites pour la gloire de la Mère de Dieu, après avoir été bénies par le Vicaire de Jésus- Christ sur la terre, contribuent, malgré leur imperfection, à la propagation du culte de Marie et à la sanctification des âmes.

Bruges, le 25 mars 1857.

7 J. -B. Evêque de Bruges.

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