‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 13 sur 64 · AGRÉARLE A DIEU, PAR LA PRODUCTION DE LA NATURE DE LA · texte numérisé non relu

AGRÉARLE A DIEU, PAR LA PRODUCTION DE LA NATURE DE LA

mère de dieu, qui est la reauté même ; et cette création devient une réparation, et cette réparation devient une divinisation; et cette divinisation devient une parfaite

ASSIMILATION A l’ÉTAT PRIMITIF (l). »

Pourrions-nous exprimer aujourd’hui le privilège de Marie, en termes plus clairs et plus précis qu’André de Crète ne le fit au VIIe siècle ?

La nature a été infectée par le ferment du péché, comme une masse de farine fermente par le levain qu’on y mêle: Marie seule n’en fut point infectée. En elle la nature humaine qui fut créée d’abord dans l’innocence et la sainteté, reçoit le don de la première création... elle remonte vers elle-même, vers son premier état... Dieu produit dans la nature une création nouvelle, excellente et agréable à ses yeux, en donnant l’existence à Marie qui est la beauté spirituelle même. Cette création nouvelle est une espèce de divinisation de notre nature, divinisation qui

(I) Andréas Cretens. Orat. inNativ. Deip. ap. Gallandt. xiii. pag. 95. André de Crète dit un peu plus loin : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, parce que seule vous avez reçu en héritage la bénédiction que Dieu avait promise, par la bouche d’Abrabam, aux nations. » loc.cit. p. 103.

DE LA SAINTE VIERGE MARIE

reproduit parfaitement pour Marie l’état primitif de sainteté originelle, dans lequel nos premiers parents furent créés.

Que peut-on ajouter à cette doctrine? Elle exprime, en paroles magnifiques, la croyance aujourd’hui définie.

Et que l’on ne croie point que l’auteur en parlant ainsi avance une opinion hasardée, et s’abandonne à une pieuse exagération; car il poursuit sa pensée en la développant :

« Aujourd’hui a germé, selon la prophétie de David, cette souche toujours verdoyante , qui est la verge d’Aaron, souche qui doit produire la verge de la vertu, qui est Jésus- Christ... et pour tout dire en un mot : aujourd’hui la nature commence a être réformée, et le monde vieilli, en recevant une restauration déiforme, éprouve les commencements d’une seconde création divine (l). »

N’oublions pas qu’ André de Crète rapporte cette réformation de la nature déchue, et cette restauration déiforme du monde corrompu, au jour et au moment de la Conception de la Mère de Dieu !

Sous l’empire de cette pensée, il continue à montrer le monde déchu par le péché originel et réparé par Notre Seigneur, qui s’était prédestiné une mère digne de lui, et en qui il a commencé la réparation du genre humain, lorsqu’il l’a créée pleine de grâces dans le sein d’une mère stérile.

Dans son homélie sur l’assomption de la sainte Vierge

(1) Andréas Cret. loc. cit.

André de Crète reproduit la même pensée sous une autre forme :

« Le corps très-précieux de la Mère de Dieu, dit-il, est le joyau de la virginité, un ciel magnifique, une terre cultivée de Dieu, la crème de la masse du genre humain sorti d’Adam, qui par Jésus-Christ fut doué de la divinité, IMAGE PARFAITE SOUS TOUS LES RAPPORTS DE LA BEAUTÉ

originelle, trésor d’une pureté qui surpasse nos pensées ; matière tout à fait adaptée à la divine incarnation; qui devint, par une action divine, V argile de celui qui fait tout , du plus habile des ouvriers; argile dans laquelle Celui qui surpasse toute substance a pris notre substance, à notre manière et pour nous, afin de s’unir tout entier et véritablement à notre substance (i). »

Lorsqu’André de Crète assure que le corps de Marie fut une image parfaite de la beauté primitive de notre nature ; qu’il fut un trésor d’incorruption ; qu’il fut, par une action divine, préparé à l’incarnation de Dieu dont il fut la matière apte et convenable, ce pieux et savant auteur répond d’une manière triomphante aux scholastiques et aux auteurs modernes qui ont combattu le privilège de Marie, sous prétexte que son corps n’était susceptible, avant l’animation , d’aucune sanctification proprement dite; que ce corps était le véhicule nécessaire du péché originel, le réceptacle naturel de la corruption traditionnelle. André de Crète assure que le corps de la sainte Vierge fut un trésor d’incorruption, une argile divine, composée de la main de Dieu, pour servir de ma-

(1) Andréas Cretens. In. Dormit. Deip. ap. Galland. t. xm. p. Idd*

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tière à l'incarnation du Fils de Dieu. L’humanité de Marie a donc été sainte dès le premier instant de sa création.

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