SAINT JEAN DAMASCÈNE, VERS LAN
Ce grand docteur a résumé dans ses livres la tradition de l’église grecque tout entière. Il a été l’oracle de son temps, et le septième Concile général, célébré peu d’années après sa mort, déclare sa mémoire éternelle . Il a écrit des homélies admirables sur les prérogatives de la sainte Vierge. Nous y avons observé la croyance à l’immaculée Conception de la Mère de Dieu, dans les passages suivants.
l’immaculée concept, t. II. 3
En parlant de son assomption glorieuse dans le ciel, saint Jean Damascène s’exprime ainsi :
« Aujourd’hui le ciel reçoit le paradis spirituel du nouvel Adam, dans lequel notre condamnation a été abrogée , et l’arbre de vie a été planté. Dans ce paradis le serpent n’eut jamais d’accès... Le Fils unique de Dieu, étant Dieu de la même substance que son Père, s’est formé soi-même, comme homme, de cette terre pure et
VIERGE (l). »
Si le serpent n’eut jamais d’accès auprès de Marie, comment a-t-il pu souiller son origine? Il n’a attiré la malédiction sur le premier paradis terrestre qu’après y avoir pénétré. Mais il ne pénétra jamais en Marie, puisqu’aujourde l’incarnation elle était encore semblable à la terre pure et vierge dont fut formé le corps du premier Adam ; et que depuis lors elle n’a jamais contracté la moindre souillure.
Dans sa première homélie sur la nativité et la Conception de la bienheureuse Vierge, saint Jean Damascène s’écrie :
« O fille très-sainte de Joachim et d’Anne, vous avez été cachée aux principautés et aux puissances (infernales)
ET AUX TRAITS ENFLAMMÉS DU MÉCHANT (dll délUOn); VOUS AVEZ REPOSÉ DANS LA COUCHE DE L'ESPRIT (Saint), ET VOUS
(1) « Hodie Eden novi Adami, rationalem paradisum suscepit, in quo soluta est condemnatio, in quo plantatum est lignum vitæ... In hune paradisum ser~ penti aditus non paluit , cujus falsæ divinitatis cupiditate flagrantes, jumentis sumus comparati. Ipse enim unigenitus Dei Filius, quum esset Deus, ejusdemqueac Pater substantiæ, ex hac virgine etpura terra seipsum in hominem formavit...» S. Joan. Damase. Orat. i in Deip. Assmnpt. n. 2. p. 869.
DE LA SAINTE VIERGE MARIE
AVEZ ÉTÉ GARDÉE SANS TACHE AFIN QUE VOUS FUSSIEZ l’É- POUSE, ET AUSSI, PAR NATURE, LA MÈRE DE DIEU (l). »
Si Marie a été dérobée à tous les traits enflammés de l’enfer, afin qu’elle fût par nature une mère digne de Dieu, comment sa nature a-t-elle pu être viciée dans son origine? Dire que le démon n’a jamais pu l’atteindre, et qu’elle est naturellement, par sa création, la digne Mère de Dieu, c’est professer clairement qu’elle fut créée dans un état de sainteté.