‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 17 sur 64 · SAINT THÉODORE STUDITE, VERS L’AN · texte numérisé non relu

SAINT THÉODORE STUDITE, VERS L’AN

Ce grand saint fut aussi la lumière de son siècle, fa* célèbre cardinal Mai, dans un moment d’admiration, s’écrie à la lecture de ses livres : Quel homme ! Voici en quels termes S. Théodore Studite professe la croyance à l’immaculée Conception de Marie, dans son homélie sur la nativité de la sainte Vierge :

« Job a dit : Les deux ne sont pas sans tache en la présence de Dieu, et les étoiles ne sont pas pures devant lui. Mais quoi de plus pur, de plus immaculé que Marie ? C’est une terre dans laquelle l’épine du péché n’a jamais paru ; c’est une terre non point maudite comme la première, dont les fruits sont remplis d’épines et de ronces; mais sur laquelle repose la bénédiction du Seigneur et à laquelle appartient le fruit béni de son sein. Marie

(1) a O Joachimi et Annæ ûlia sacratissima, quœ prmcipatibus et potestatibus, ignitisque tnaligni telis latuisti ; quæ in Spiritus thalamo versata es et sine macula custodita, ut sponsa Dei et natura B ci mater esses. » S. Joan. Damasc. Orat. i. in nativ. Deip. n 7. p. 846. L’Eglise grecque, en plusieurs endroits, attribue a Marie cette beauté native, naturelle de la grâce. Voy. le P. Passagl. n. 1216. p. \ 195.

l’immaculée conception

NOUVELLE MASSE DE LA SECONDE CRÉATION, FORME LES PRɬ MICES D’UNE GÉNÉRATION TRÈS-SAINTE (l). »

Marie est comparée à la terre bénie du paradis terrestre, dans laquelle les ronces et les épines ne parurent point avant la chute d’Adam ; elle ne fut jamais maudite ; elle ne porta jamais de fruits mauvais ; mais son fruit unique fut son divin Fils, le fruit béni de son sein.

Marie constitue aussi une masse nouvelle, distincte de la masse corrompue de notre nature; elle est le premier produit d’une création nouvelle ; elle forme les prémices des nouveaux enfants de Dieu, qui sont créés dans la justice et dans la véritable sainteté.

Plus loin, dans la même homélie, saint Théodore Studite s’exprime ainsi :

« Le Seigneur a exaucé Anne et Joachim, et il leur a donné celle qui porte le nom de Marie (ou de grâce), pour être la splendide et magnifique rançon d’Eve. La fille (Marie) est devenue le remède de la mère (Eve); elle est le nouveau ferment d’une réformation divine , les prémices d’une race très-sainte , la racine d’une tige qui sort de la bouche de Dieu, la gloire de nos premiers parents (2). »

(1) S. Theodor. Stud. ap. Maracci, in Mariali Isidori Thess. p. 179.

(2) « Exaudivit eos (Annam et Joachim) Dominus donans eam quæ proprie Mariæ nomen gerit, in splendidum et magnificum pro Eva pretium. Matris medicamentum filia effecta est; divinæ reformationis nova conspersio, sanctissimœ generis primitiæ; rami divino ore prolati radix ; primi parentis exaltatio. » S. Theod. Stud. Oral, in nativ. Deip. n. 5. inter ap. S. Joan. Damasc. t. n. p. 832. — Le card. Mai, Bibl. nov^Patr. t. v. part. iii. p. 34 et M. Miller, Catalogue des mss. grecs de VEscurial. p. 180. Paris 1848, restituent à St Théodore Studite, que les Grecs appellent St Théodore le Nouveau et le Confesseur, cette homélie qui avait été publiée par leP.Lequien sous le nom de saint Jean Damascène.

DE LA SAINTE VIERGE MARIE

Ainsi Marie eut à son origine la sainteté que les autres enfants d’Adam obtiennent par la régénération : c’est en ce sens qu’elle commença une création nouvelle, et qu’elle fut les prémices d’une génération sainte.

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