‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 29 sur 64 · SAINT AMBROISE, ARCHEVÊQUE DE MILAN · texte numérisé non relu

SAINT AMBROISE, ARCHEVÊQUE DE MILAN

Saint Ambroise, contemporain de saint Augustin et son père dans la foi, quoiqu’étranger à la controverse pélagienne, a rendu hommage à la sainteté parfaite et perpétuelle de Marie, dans son commentaire sur le Psaume CXVIII.

Ce saint docteur nous représente la nature humaine personnifiée s’adressant au Verbe éternel et lui disant : « Venez donc, et cherchez votre brebis (la nature humaine), non plus par vos serviteurs (les prophètes), non plus par des mercenaires (des ministres infidèles); mais par vous-même. Prenez-moi, recevez-moi, dans la chair qui est tombée en Adam. Recevez-moi, non point de

Sara, mais de Marie, afin quelle soit une Vierge sans corruption, mais une Vierge étrangère par la grâce à toute tache du péché (i). »

Dans cette belle prosopopée, la nature humaine supplie le Verbe de la réhabiliter, en l'adoptant par son incarnation, en la recevant dans la chair issue non de Sara, mais de Marie, afin que la Vierge Marie soit, grâce à l’union avec Dieu, une Vierge sans corruption et sans aucune tache de péché.

Voilà le sens naturel de ce passage qui se présente de lui-même et auquel il faut nécessairement s’arrêter.

Si on abandonne ce sens naturel, on tombe dans des interprétations forcées, impossibles.

La nature humaine demande au Verbe deux qualités : la virginité parfaite, sans corruption, et la sainteté parfaite, sans souillure.

Pouvait-elle demander raisonnablement ou que la chair prise par le Verbe, ou qu'elle-même, la nature humaine, fût une Vierge sans corruption? Evidemment elle ne parle pas d’elle-même, puisqu’elle nomme à la troisième personne, le sujet pour qui elle réclame cette faveur. Elle ne parle pas non plus de la chair prise par le Verbe, puisqu’on ne peut l'appeler proprement une Vierge sans corruption. Du reste, en admettant cette dernière explication on fait dire indirecte-

(1) « Veni ergo, et quære ovem tuam jam non per servulos, non per mercenarios, sed per temetipsum. Suscipe me in carne, quæ in Adam lapsa est. Suscipe me non ex Sara, sed ex Maria, ut incorrupta sit Virgo, sed Virgo per gratiam ab omni integra labe peccati. » S. Ambros. In Psal. cxyiii. Sera. 22. n. 30. 1. 1. col. 1235. ed. Bened- Paris. 1686.

l’immaculée conception

ment à saint Ambroise ce que le sens naturel de ses paroles signifie directement. On arrive alors à cette pensée: O Verbe éternel, votre humanité ne sera point une Vierge sans corruption, elle ne sera point à l’abri de la souillure du péché, à moins qu’elle ne soit prise de Marie! Ce qui indique fort clairement que Marie a été douée d’une virginité perpétuelle et d’une sainteté parfaite, puisqu’elle procure, comme sa mère, ces deux qualités au Verbe incarné.

Le véritable sens des paroles de saint Ambroise est donc celui-ci: O Verbe éternel, revêtez-moi,prenez-moi, non pas de Sara, qui a été souillée du péché, mais de Marie, afin que cette Vierge incomparable garde sa virginité intacte, et conserve toujours la sainteté dont elle a été ornée dès l’instant de sa création.

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