SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE, ARCHEVÊQUE DE RÀVENNE, VERS
Ce saint Evêque parle de la bienheureuse Vierge en ces termes :
« L’Ange dit : Je vous salue, vous qui êtes pleine de grâces , parce que la grâce a été donnée aux autres par parties, tandis que la plénitude de grâces tout entière a été donnée à Marie (2). » Et pour marquer que cette plé-
(1) « Hoc odiiim vêtus illud erat,
Hoc erat aspidis atque horainis Digladiabile dissidium,
Quod modo cernua femineis Vipera proteritur pedibus.
Edere namque Deum mérita Omnia Virgo venena domat.
Tractibus anguis inexplicitis,
Virus inerme piger revomit Gramme concolor in viridi. b
Aurel. Prudent. Cathemerinon m, ante cibum. 11. 146 et seq. pag. 269. ed. Arevalo. Romæ. 1788.
(2) « Angélus dicit : A ve gratta plena, quia singulis gratia se est largita per
nitude de grâces s’étend jusqu’à l’instant où Marie fut créée, saint Pierre Chrysologue ajoute :« L’Ange (Gabriel) vole, interprète rapide, vers l’épouse de Dieu, afin d’éloigner d’elle toute pensée d’épousailles humaines ; non point pour l’enlever à Joseph ; mais pour la restituer à Jésus-Christ , à qui elle a été donnée en gage , lorsqu'elle fut créée, dans le sein de sa mère (1). »
Si Marie fut donnée en gage à Jésus-Christ, au moment où elle fut créée dans le sein de sa mère, il est évident qu’elle fut sainte dès ce moment. Dieu n’a pu donner comme gage à son Fils une créature pécheresse, qui lui était hostile ; il n’a pu lui donner en gage qu’une créature sainte qui lui était unie par la grâce.
Ailleurs, saint Pierre Chrysologue compare la sainte Vierge, le paradis virginal, selon la belle expression des Pères grecs, à la terre pure, intacte et bénie du paradis terrestre. « Celui, dit-il, qui a créé d’un limon pur et intact l’homme (Adam), qu’il ne devait point revêtir en naissant, créa d'un corps pur et intact (de Marie) l’homme qu’il devait revêtir en naissant. La main qui a daigné employer la terre pour créer notre nature, a daigné adopter notre chair pour nous racheter (2). »
partes, Mariæ vero simul se totam dédit gratiæ plenitudo, » S. Petrus Chrysol. Serm. cxliii. pag. 204. col. 2. ed. Aug. Vindel. 1758.
(1) « Pervolat (Angélus) ad sponsara festinus interpres, ut a Dei sponsa humanæ desponsationis arceat et suspendat affectum ; neque auferat ab Joseph Virginem, sed reddat Christo, cui est in utero pignorata cura fieret- » Id. Serm. cxl- p. 200.
(2) « Qui non nascendo ex intacto limo fecit hominem, nascendo ipse horainem de corpore fecit intacto ; manus, quæ in nostrum plasma lutura dignanter
On retrouve ici la comparaison employée par les diacres d’Achaïe, dans les Actes de saint André , par Froclus, André de Crète et George de Nicomédie, pour marquer l’origine sainte de Marie. Au moment où le Verbe prit chair en elle, elle était encore intacte, sans malédiction, comme le paradis dont Dieu tira la terre de laquelle il créa le corps d’Adam.