SÉDULIUS, POÈTE CHRÉTIEN, VERS L’AN
Sédulius exprima sous des figures poétiques, mais transparantes, la croyance à la sainteté originelle de Marie.
« Comme une tendre rose s’élève, dit-il, au milieu des épines aiguës, n’ayant rien en elle-même qui blesse, et devient supérieure à sa mère; ainsi sainte Marie en naissant de la souche d’Eve a expié, Vierge nouvelle, le crime de la Vierge antique (1). »
C’est en sortant de la souche d’Eve que Marie surpasse sa mère en honneur, c’est-à-dire en sainteté, car elle mérite le nom de sainte, sacra , au moment où elle sort de cette souche. Elle s’élève, rose tendre, d’une tige d’épines, n’ayant aucune épine en elle, c’est-à-dire, elle nait d’une race de pécheurs sans être elle-même pécheresse, et
assumpsit, ad reparationem nostram dignanter assumpsit et carnem. » S. Petrus Chrysol. Serin, cxlviii. De Incarnat, sacram. p. 211.
(1) « Et velut e spinis mollis rosa surgit acutis,
Nihil quod lædat habens, matremque obscurat honore.
Sic Evæ de stirpe sacra veniente Maria,
Virginis antiquæ facinus novaVirgo piaret. »
Sédulius Carmen paschale. 1. ii. c.28. p. 199. ed. d’Arevalo.
c’est ainsi que, créée en état de grâce, elle surpasse sa mère, dont elle vient expier le forfait.
L’origine immaculée de Marie me paraît expliquée ici de la manière la plus saisissante.