‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 47 sur 64 · SAINT THOMAS DE VILLENEUVE · texte numérisé non relu

SAINT THOMAS DE VILLENEUVE

Ce grand saint naquit à Fuenlana, en Castille, l'an 1488. Il fit ses études à Villanova où il brilla par ses talents et ses vertus. L’université d’Alcala d’abord, puis celle de Salamanque lui confia une chaire de philosophie. En 1520 il reçut la prêtrise dans l’ordre de saint Augustin, où il avait fait profession, et se livra à la prédication avec tant de succès, que l’empereur Charles V le choisit au nombre de ses prédicateurs. Le saint religieux, après avoir refusé l’archevêché de Grenade, fut contraint d’accepter, en 1545, l’évêché de Valence, où il vécut dans l’exercice du saint ministère et des vertus évangéliques les plus parfaites. 11 mourut au mois de septembre 1555 et fut canonisé par Alexandre VII en

Dans le recueil de ses sermons on trouve quatre discours sur l’immaculée Conception de Marie. Le second renferme ces belles paroles :

« Dieu a jeté lui-même les fondements de ce tabernacle, parce qu’un homme devait y être créé, c’est-à-dire parce que Marie devait devenir la Mère du Créateur du ciel et de la terre. O dignité sublime de la créature! Dieu l’a faite forte, afin de devenir infirme en elle; il l’a faite riche, afin de devenir pauvre en elle ; il l’a faite élevée, afin de devenir humble en elle; il l’a faite libre, afin de devenir esclave en elle. Quelle est donc la di-

l’immaculée conception

gnité qui n’appartienne pas à la Mère de Dieu? Qu’y a-t-il que Dieu n’ait pu lui donner? Qu’y a-t-il que son Fils n’ait voulu lui donner? Toutes les grâces conviennent à la Mère de Dieu ; Dieu a pu les conférer toutes ; le Fils a voulu les donner toutes. S’il convenait qu’il le fit, s’il l’a pu, s’il l’a voulu, il l’a donc fait. Tout l’honneur rendu à la Mère retombe sur le Fils. Pour nous, nous ne naissons pas de qui nous voulons; mais le Fils de Dieu a choisi, fait, créé et orné lui-même la mère dont il devait naître. Comment pensons-nous donc qu’il l’a faite? Avec quelle gloire?... Non, il ne convenait pas que la Mère de la grâce fût la fille du péché, que la reine de la gloire fût jamais esclave; que la Mère de la vie fût jamais esclave de la mort, ni que la Mère de la liberté fût sujette au péché!... Jamais Dieu ne s’est éloigné d’elle, ni à cause d’un péché mortel, ni à cause d’un péché véniel, ni à cause du péché originel (1). «

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