‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 58 sur 64 · SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU POUR EN PERPÉTUER LA MÉMOIRE · texte numérisé non relu

SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU POUR EN PERPÉTUER LA MÉMOIRE

Le Dieu ineffable, dont les voies sont miséricorde et vérité, dont la volonté est toute-puissante et dont la sagesse atteint d’une extrémité à l’autre avec force et dispose tout avec douceur, avait prévu de toute éternité la ruine déplorable du genre humain tout entier par suite de la transgression d’Adam, et, par un mystère caché dès l’origine des siècles, il avait décrété d’accomplir dans l’Incarnation du Verbe, l'œuvre première de sa bonté d’une manière plus mystérieuse, afin que l’homme, entraîné dans le mal par les pièges de la malice de satan, ne pérît pas, contrairement au dessein de sa miséricorde, et afin que ce qui devait tomber dans le premier Adam, se relevât plus heureusement dans le second ; c’est pourquoi il a choisi et préparé dès le commencement et avant les siècles, â son Fils unique une Mère, de laquelle par son incarnation, il naîtrait dans l'heureuse plénitude des temps, et il l’a aimée

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eunctosque Sanctos cœlestium omnium charismatum copia de thesauro divinitatis deprompta i ta mirifice cumulavit, ut lpsa ab omni prorsus peccali labe semper libéra, ac tota pulcra et perfecta eam innocentiæ et sanctitatis plenitudinem præ se ferret, qua major sub Deo nullatenus intelligitur, et quam præter Deum nerno assequi cogitando potest. Et quidem decebat omnino, ut perfectissimæ sanctitatis splendoribus semper ornata fulgeret, ac vel ab ipsa originalis culpæ labe plane immunis amplissimum de anliquo serpente triumphum referret tam venerabilis mater, cui Deus Pater unicu.m Filium suum, quem de corde suo æqualem sibi genitum tamquam seipsum diligit, ita dare disposait, ut naturaliter esset nu us idemque communis Dei Pa tris, et Virginia Fibus, et quam ipse Filius substantialiter facere sibi matrem elegit, et de qua Spiritus Sanctus voluit, et operatus est, ut coneiperetur et nasceretur ille de quo ipse procedit.

Quam originalem augustæ Virginis innocentiam cum admirabili ejusdem sanctitate, præcelsaque Dei Matris dignitate omnino cohærentem catholica Ecclesia, quæ a sancto semper edocta Spiritu columna est ac firmamentum veritatis, tamquam doctrinam possidens divinitus acceptam, et cœlestis revelationis deposito comprehensam mulliplici continenter ratione, splendidisque factis magis in dies

par-dessus toutes les créatures, à ce point que par une prédilection tout extraordinaire, il mit en elle seule ses plus grandes complaisances. Aussi, bien au-dessus de tous les esprits angéliques et de tous les saints, il la combla si admirablement de l’abondance de tous les dons célestes puisés au trésor de la divinité, que, toujours exempte de toute espèce de tache du péché, toute belle et toute parfaite, elle réunit en elle une plénitude de sainteté et d’innocence telle qu’au-dessous de Dieu, on ne peut en imaginer une plus grande, et qu’excepté Dieu, personne ne peut en comprendre la grandeur.

Et certes, il était de toute convenance qu’elle brillât de l’éclat de la plus parfaite sainteté, et que tout à fait exempte de la tache même du péché originel, elle remportât sur l’antique serpent le plus complet triomphe, cette Mère vénérable à laquelle Dieu le Père a résolu de donner son Fils unique engendré de son sein, égal à lui et qu’il aime comme lui-même, de telle sorte qu’il fût naturellement tout ensemble le Fils commun de Dieu le Père et de la Vierge ; cette Mère, que le Fils lui-même a choisie pour être substantiellement sa Mère, et dont le Saint-Esprit a voulu et effectué que celui dont il procède lui-même fût conçu et né.

Cette innocence originelle de la Vierge intimement unie à son admirable sainteté et à sa dignité éminente de Mère de Dieu, l’Eglise catholique qui, toujours inspirée par le Saint-Esprit, est la colonne et le fondement de la vérité, n’a jamais cessé de l’expliquer, de la développer, de la féconder chaque jour davantage, par des raisons sans nombre et par des faits éclatants, comme une doctrine qu’elle

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explicare, proponere, ac fovere nunquam deslitit. Hanc enim doctrinam ab anliquissimis temporibus vigentem, ac fîdelium animis penilus insilam, et Sacrorum Antistilum euris studiisque per calholicum orbem mirifice propagalam ipsa Ecclesia luculenlissime significavit, cum ejusdem Virginis Conceptionem publico fidelium cul Lui ac veneralioni proponere non dubitavit. Quo il l ustri quidem facto ipsius Virginis Conceplionem ve- * luti singularem, miram, et a reliquorum hominum primordiis longissime secretam, et omnino sanctam colendam exhibuit, cum Ecclesia nonnisi de Sanctis dies festos concelebret. Atque idcirco vel ipsissima verba, quibus divinæ Scripturæ de increata Sapientia loquuntiir, ejusque sempiternas origines repræsentant, consuevit tum in ecclesiasticis officiis, tum in sacrosancta Liturgia adhibere, et ad illius Virginis primordia transferre, quæ uno eodemque decreto cum Divinæ Sapientiæ incarnatione fuerant præstituta.

Quamvis autem hæc omnia penes fideles ubique prope recepta ostendant, quo studio ejusmodi de Immaculata Virginis Conceptione doctrinam ipsa quoque Romana Ecclesia omnium Ecclesiarum mater et magistra fuerit prosequuta, tamen illustria hujus Ecclesiæ facta digna plane sunt, quæ nominatim recenseantur, cum tanta sit ejusdem Ecclesiæ dignitas, atque auctoritas, quanta illi omnino debetur, quæ est catholicæ veritatis et unitatis centrum, in qua solum inviolabilité!' fuit custodita religio, et ex qua traducem fidei reli¬

a reçue d’en haut, et qui est contenue dans le dépôt de la révélation céleste. Que cette doctrine fût en vigueur dès les temps les plus anciens, qu’elle fût entrée profondément dans le cœur des fidèles, merveilleusement propagée dans le monde catholique par le soin et le zèle des pontifes, c’est ce que l’Eglise elle-même mit dans un grand jour, lorsqu’elle n’hésita pas à proposer la Conceptiou de la sainte Vierge au culte public et à la vénération des fidèles. Par ce fait éclatant, elle présenta la Conception de la sainte Vierge comme une conception spéciale, merveilleuse, bien différente de l’origine des autres hommes, et tout à fait sainte et vénérable; car l’Eglise ne célèbre de fêtes que pour les saints. Aussi a-t-elle coutume de se servir des paroles mêmes que les divines Ecritures emploient pour parler de la Sagesse incréée et pour représenter son origine éternelle, en les appliquant, dans les offices ecclésiastiques et la sacrée liturgie, à l’origine de cette même Vierge, qui avait été dans les conseils de Dieu l’objet du même décret que l’incarnation de la Sagesse divine.

Toutes ces croyances, toutes ces pratiques, reçues presque partout parmi les fidèles, prouvent déjà quelle sollicitude l’Eglise Romaine, mère et maîtresse de toutes les Eglises, a montrée pour la doctrine de l’immaculée Conception de la sainte Vierge ; toutefois les actes éclatants de celte Eglise méritent assurément d’être mentionnés en détail, à raison de la haute dignité et de la grande autorité qui doivent lui être incontestablement reconnues, puisqu’elle est le centre de la vérité et de l’unité catholique ; que chez elle seule la religion

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quæ omnes Ecclesiæ mutuentur oportet. Itaque eadem Romana Ecclesia nihil potius habuit, quam eloquentissimis quibusque modis Immaculatam Virginis Conccptionem, ejusque cultum et doctrinam asserere, tueri, promovere et vindicare. Quod apertissime planissimeque testantur et déclarant tôt insignia sane acta Romanorum Pontificum Decessoruni Nostrornm, quibus in persona apostolorum Principis ab ipso Christo Domino divinitus fuit commissa suprema cura atque potestas pasccndi agnos et oves, confirmandi fratres, et universam regendi et gubernandi Ecclesiam.

Enimvero Prædecessores Nostri vehementer gloriati suntapostolica sua auctoritate festum Coneeptionis in Romana Ecclesia instituere, ac proprio ofticio, propriaque missa, quibus prærogativa immunitatis ab hereditaria labe manifestissime asserebatur, augere, honestare, et eultum jam institutum omni ope promovere, amplificare sive erogatis indulgentiis, sive facultate tributa civitatibus, provinciis, regnisque, ut Deiparam, sub titulo Immaculatæ Conceptionis patronam sibi deligerent, sive comprobalis Sodaiitatibus, Congregationibus, Religiosisque Familiis ad Immaculatæ Conceptionis honorem institutis, sive laudibus eorum pietati delatis, qui monasteria, xenodochia, altaria, templa sub Immaculati Conceptus titulo erexerint, aut sacrainenti religione interposita Immaculatam Deiparæ Conceptionem strenue propugnare spoponderint.

Insuper summopere lætati surit decernere Conceptionis festum ab om-

l’immacülée concept, t. ii.

a été inviolablement gardée, et que c’est d’elle que toutes les autres doivent recevoir la tradition de la foi. Or cettè même Eglise romaine n’eut rien de plus à cœur que d’employer les moyens les plus persuasifs pour établir, pour prouver, pour propager, pour défendre le culte et la doctrine de l’immaculée Conception. Nous en voyons un témoignage évident et manifeste dans les actes si nombreux et si remarquables des Pontifes romains, nos prédécesseurs, auxquels, dans la personne du Prince des Apôtres, fut confié, par Notre-Seigneur Jésus-Christ luimême, le soin et le pouvoir souverain de paître les agneaux et les brebis, de confirmer leurs frères dans la foi, et de régir et de gouverner l’Eglise universelle.

En effet, nos prédécesseurs se sont fait gloire d'instituer dans l’Eglise romaine, en vertu de leur autorité apostolique, la fête de la Conception, et d’augmenter le culte déjà établi par un office spécial et une messe propre, où la prérogative del’exemptionde la souillure originelle était affirmée de la manière la plus manifeste, de le rendre plus éclatant, de le développer, de l’enrichir soit en accordant des indulgences, soit en permettant aux villes, aux provinces et aux royaumes, de choisir pour patronne lanière de Dieu, invoquée sous le titre de sa Conception Immaculée, soit en approuvant les confréries, les congrégations, les maisons religieuses érigées en l’honneur de l’immaculée Conception, soit en louant la piété de ceux qui élèveraient des monastères, des hôpitaux, des autels, des temples sous le titre de cette même Immaculée Conception, ou qui s’engageraient sous la foi du serment à défendre énergiquement

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ni Ecclesia esse habendum eodem censu ac numéro, quo feslum Nativitatis, idemque Conceptionjs festum cum octava ab universa Ecclesia celebrandum, et ab omnibus inter ea, quæ præcepta sunt, sancte colendum, ac Pontificiam Capellam in Patriarchali Nostra Liberiana Basilica die Virginis Conceptioni sacro quolannis esse peragendam. Atque exoptantes in fîdelium animis quotidie magis fovere hanc de Immaculata Deiparæ Conceptione doctrinam, eorumque pielatem excitare ad ipsam Virginem sine labe originali conceptam colendam, et venerandam, gavisi sunt quam libentissime facultatem tribuere, utinLauretanis Litaniis, et in ipsa mis>æ præfatione Immaculatus ejusdem Virginis proclamaretur Conceplus, atque adeo lex credendi ipsa supplicandi lege statueretur. Nos porro tantorum Prædecessorum vestigiis inhærentes, non solum quæ ab ipsis pientissime sapientissimeque fuerant constituta probavimus, et recepimus, verum etiam memores institutionis Sixti IV proprium de lmmaculata Conceptione oflicium auctoritate Nostra munivimus, illiusque usum universæ Ecclesiæ lætissimo prorsus animo concessimus.

Quoniamvero quæ ad cultum pertinent, intimo plane vinculo cum ejusdem objecto conserta sunt, neque rata et fixa manere possunt, si illud anceps sit, et in ambiguo versetur, idcirco Decessores Nostri Romani Pontifices omni cura Con=

la Conception Immaculée de la bienheureuse Mère deDieu. De plus, ils se sont grandement réjouis de décréter qu’une fête de la Conception serait établie dans toute l’Eglise, du même rite et du mêmedegré que la fête de la Nativité ; que la même fête de la Conception serait célébrée par l’Eglise universelle avec octave, puis, qu’elle serait mise au rang des fêtes de précepte et saintement observée partout; et que chaque année, dans notre basilique patriarcale Libérienne, il y aurait chapelle pontificale le jour consacré à la Conception de la Vierge; et désirant faire pénétrer de plus en plus dans le cœur des fidèles cette doctrine de l'immaculée Conception de la Mère deDieu, etstimuler leur piété à honorer et vénérer la Vierge ellemême conçue sans la tache originelle, ils se sont empressés d’accorder la faculté de proclamer dans les litanies deLorette et à la préface de la messe, la Conception Immaculée de cette même Vierge, en sorte que la loi de la croyance fut établie par la loi même delà prière.

Nous attachant donc à suivre les traces de nos illustres prédécesseurs, non-seulement nous avons approuvé et reçu ce qu’ils ont si pieusement et si sagement établi, mais encore nous souvenant de l'institution faite par Sixte IV, nous avons revêtu de notre autorité l’office propre de l’immaculée Conception, et nous en avons, avec une très-grande joie, accordé l’usage à toute l’Eglise.

Mais comme les choses qui appartiennent au culte sont unies par un lien intime avec leur objet, et comme elles ne peuvent demeurer fixes et stables si cet objet est luimême incertain et douteux, pour cette raison nos prédécesseurs, les

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oOT

ceptionis cultum ampliûcantes, illias etiam objectum ac doctrinam declarare, et inculcare impensissimestuduerunt. Etenimclare aperteque docuere, festum agi de Virgin i s Conceptione, atque uti falsani, et ab Ecclesiæ mente alienissimam proseripserunt illorum opinionem, qui non Conceptionem ipsam, sed sanetificationem ab Ecclesia coli arbitrarentur et affîrmarent. Neque mitius cum iis agendum esse existimarunt, qui ad labefaclandam de Immaculata Virginis Conceptione doctrinam excogitalo inter primuni atque alterum Conceptionis instans et momenlum discrimine, asserebant, celebrari quidem Conceptionem, sed non pro primo instanti atque momento. Ipsi namquePrædecessores Nostri suarum partium esse duxerunt, et beatissimæ Virginis Conceptionis festum, etConceptionem pro primo instanti tamquam verum cultus objectum omni studio tueri ac propugnare. Hinc decretoria plane verba, quibus Alexander VII Decessor Noster sinceram Ecclesiæ mentem declaravit, inquiens: « Sane vêtus est Christi fi- « deliumerga ejus beatissimam Ma- « trem Virginem Mariam pietas « sentientium, ejus animam in pri- « mo instanti creationis, atque inet fusionis in corpus fuisse speciali « Dei gratia et privilegio, intuitu meritorum Je.su Christi ejus Fiée lii humani generis Redemptoris, ee a macula peccati originalis præee servatam immunem, atque in hoc ee sensu ejus Conceptionis festi vite tatem solemni ritu colentium, et <e celebrantium (i). »

Pontifes romains, appliqués à développer le culte de la Conception, ont employé tous leurs efforts à expliquer et à inculquer son objet et sa doctrine. En effet, ils ont clairement et manifestement enseigné que c’est de la Conception de la Vierge que l’on célèbre la fête, et ils ont proscrit comme fausse et absolument contraire à l’esprit de l’Eglise, l’opinion de ceux qui soutenaient et affirmaient que ce n’était pas la conception même, mais la sanctification de la Vierge que l’Eglise honorait. Ils ont jugé ne pas devoir être moins sévères envers ceux qui, pour ébranler la doctrine de l’immaculée Conception de la Vierge, imaginant un intervalle entre un premier et un second instant de la conception, prétendaient qu’en effet on célébrait lâ conception, mais non pas dans son premier instant et son premier moment. En effet, nos prédécesseurs ont cru devoir soutenir et défendre avec tout le zèle possible et la fête de la Conception de la bienheureuse Vierge, et la Conception dans son premier instant, comme étant le véritable objet du culte. De là ces paroles décisives de notre prédécesseur Alexandre VII, par lesquelles il a fait connaître le véritable sentiment de l’Eglise,* quand il a dit : « Elle est certainement an- « cienne la piété des fidèles de Jé- « sus-Christenverssa bienheureuse « .Mère la Vierge Marie, qui croient « que son âme dès le premier in- « stant de sa création et de son « infusion dans le corps, fut, par un « privilège et une grâce spéciale « de Dieu, en vue des mérites de « Jésu>-Christ son Fils, Rédemp- « teur du genre humain, conservée

(1) Aîander Vil Const. Sollicitudo omnium Ecclesiarum VIII. Deeembrib

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Atque illad ia primis solemne qaoque fuit iisdem Decessoribus Nostris doctrinam de Immaculata Dei Matris Conceptionesartam tectamque omni cura, studio et contentione lueri. Etenim non solum nullatenus passi sunt, ipsam docirinam quovis modo aquopiam notari, atque traduci, verum etiam longe uUerius progressi perspicuis declarationibus, iteratisque vicibus edixerunt, doctrinam, qua Immaculatam Virginis Conceptionem profitemur, esse, suoque merito îiaberi cum ecclesiastico cultu plane consonam, eamque veterem, ac prope universalem et ejusmodi, quam Romana Ecclesia sibi fovendam, tuendamque susceperit, atque omnino dignam, quæ in sacra ipsa Lilurgia, solemnibusque preeibus usurparetur. Neque bis contenu, ut ipsa de lmmaculalo Virginis Conceptu doctrina inviolata persisterel, opinionem huic doctrinæ adversam sive publiée, sive privatim defendi posse severissime prohibuere, eamque multiplici veluti vulnere confectam esse voluerunt. Quibus repelitis luculentissimisque declarationibus, ne inanes viderentur, adjecere sanctionem :

quæ omnia laudatus Prædecessor Noster Alexander Vil bis verbis est complexus :

u Nos considérantes, quod sancta « Romana Ecclesia de intemeralæ c< semper Virginis Aiariæ Concep- « tione festum solemniter célébrât,

« pure de la tacbe du pécbé origi- « nel, et qui célèbrent en ce sens, « d'une manière solennelle, la fête « de sa Conception. »

Nos prédécesseurs eurent surtout à cœur d'employer tous leurs soins, toute leur attention et tous leurs efforts pour conserver dans toute son intégrité la doctrine de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. Car non-seulement ils n’ont jamais souffert que cettedoetrine fut censurée ou méprisée par qui que ce fut et d’aucune manière, mais ils ont été bien plus loin, en déclarant très-nettement et à plusieurs reprises, que la doctrine que nous professons relativement h l'immaculée Conception, était entièrement d’accord avec le culte de l’Église, qu’elle devait être considérée avec raison comme telle, et comme l'ancienne et presqu’universelle doctrine que l’Église romaine s’est chargée de maintenir et de défendre, et qui est tout à fait digne d’être employée dans la sacrée liturgie elle-même et dans les prières solennelles. Ce n’est pas tout ; pour que la doctrine de l’immaculée Conception de la sainte Vierge demeurât intacte et inviolable, ils défendirent très-sévèrement de soutenir, soit en public soit en particulier, l'opinion contraire, et en lui faisant, pour ainsi dire, des blessures multipliées, ils voulurent la détruire entièrement.

Pour que ces déclarations réitérées et si claires, eussent leur plein effet, ils y ajoutèrent une sanction que nous retrouvons avec tout ce qui précède, dans ces paroles de notre glorieux prédécesseur, Alexandre- Vil.

« Considérant que la sainte « Église romaine célèbre solen- « nellement la fête de la Concep- « tion Immaculée de Marie toujours

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« et spéciale ac proprium super (c hoc officium olim ordinavifc juxta « piam, devotam, et laudabilem « institutionem, quæ a Sixto IV « Prædecessore Nostro tune ema- « navit ; volentesquelaudabili buic « pielati et devotioni, et festo, ac « cultui secundum illam exbibito, « in Ecclesia Romana post ipsius « cultusinstitutionemnunquam im- « mutato, Romanorum Pontificura « Prædecessorum Nostrorum ex- « emplo , favere, nec non tueri <c pietatem, et devotioneni banc « colendi, et celebrandi beatissi- « main Virginem, præveniente scicc licet Spiritus sancti gratia, a « peccato originali præservatam, « cupientesque in Christi grege « unitatem spiritus in vinculo pac< cis, sedatis offensionibus, et « jurgiis, amotisquescàndalis concc servare: ad præfatorum Episco- « porumeum Ecclesiarum suarum « Capitulis, ac Pbilippi Regis, ej nsec que Regnorum oblatam Nobis « instantiam, acpreces; Constitucc tiones, et Décréta, a Romanis cc Pontificibus Prædecessoribus <c Nostris, et præcipue a Sixto IV, cc Paulo V et Gregorio XV édita in cc favorem sententiæ asserentis, cc Animam beatæ Mariæ Virginis in cc sui creatione, et in corpus in- <c fusione, Spiritus sancti gratia cc donatam, et a peccato originali cc præservatam fuisse, nec non et cc in favorem festi, et cultus Concc ceptionis ejusdem Virginis Deicc paræ, secundum piam istam sente tentiam, ut præfertur, exbibiti, « innovamus et sub censuris, et « pœnis in eisdem Constitu tioni - « bus contentis, observari mandate mus.

ce Vierge, et qu’elle a compose ce autrefois en son honneur un ofcc fice propre et spécial dû à la cc pieuse et louable institution de « notre prédécesseur Sixte IV; et ce voulant, à l’exemple de nos précc décesseurs, les Pontifes romains, ce favoriser cette pieuse dévotion, cc cette fête et ce culte ainsi réglés ce et auxquels depuis leur instituée tion aucun changement n’a été cc apporté dans l’Église romaine ; cc voulant, en outre, protéger cette cc piété et cette manière spéciale cc d’honorer et de glorifier la trèscc sainte Vierge Marie, préservée du cc péché originel par la grâceprévecc nante du Saint-Esprit, et désirant cc conserver dans le troupeau de cc Jésus-Christ l’unité de l’esprit cc dans le lien de la paix, en apaicc saut les disputes et les querelles cc et en éloignant les scandales; cc à l’instance et aux prières des cc Évêques susnommés et de leurs cc chapitres, du roi Philippe et de cc ses royaumes, instances et priécc res qui nous ont été présentées, cc nous renouvelons les constitucc tions et les décrets portés par cc les Papes, nos prédécesseurs, et cc particulièrement par Sixte IV, cc Paul V et Grégoire XV, en faveur cc de la doctrine qui soutient que cc l’âme de la bienheureuse Vierge ce Marie, dans sa création et dans « son infusion dans le corps de « cette Vierge, a reçu la grâce du cc Saint-Esprit, et a été préservée « du péché originel, et en faveur cc de la fête et du culte de la Con- « ception de la Vierge Mère de cc Dieu, tels qu’ils ont été établis, cc conformément à cette pieuse cc doctrine comme nous l’avons dit, cc plus haut, et nous ordonnons cc que l’on garde les dites consti- « tutions et décrets sous les peines et censures qui y sont spécifiées.

ce

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« Et insuper omnes et singulos, « qui præfatas Constitutiones, seu « Décréta ita pergent interpretari, « ut favorem per illas dielæ sen- « tentiæ, et festoseu cultuisecun- « dum illam exhibito, frustrentur « vel qui banc eamdem sententiam, « festum seu cultum in disputatio- « nem revocare, aut contra ea « quoquo modo directe, vel indi- « recte autquovis prætextu, etiam « definibilitatis ejus examinandæ, « sive Sacram Scripturam , aut « Sanclos Patres, sive Doctores « glossandi vel interpretandi, de- « nique alio quovis prætextu seu « occasione, scripto seu voce lo- « qui, concionari, tractare, disputa tare, contra ea quidquam deter- « minando, aut asserendo, vel « argumenta contra ea afferendo, « et insolula reliquendo, aut alio « quovis inexcogitabili modo dis- « serendo ausi fuerint ; præter « pœnas et censuras in ( onstitu • « tionibus Sixti IV contentas, qui- « bus illos subjacere volumus, et « per præsentes subjicimus, etiam « concionandi, publiée legendi, h seu docendi, et interpretandi fa- « cultate, ac voce activa, et pas- « siva in quibuscumque élection i- « bus, eo ipso absque alia decla- « ralione privatos esse volumus ; « nec non ad concionandum, pu- « blice legendum, docendum, et « interpretandum perpetuæ inha- « bilitatis pœnas ipso facto incur- « rere absque alia declaratione ; « a quibus pœnis nonnisi a Nobis « ipsis, vel a Successoribus Nos- « tris Romanis Pontificibus absolvi, ;< aut super iis dispensai possint ; « nec noneosdem aliis pœnis, nos- « tro, et eorumdem Romanorum « Pontificum Successorum Nostro- « rum arbitrio infligendis, pariter « subjacere volumus, prout subji- « cimus perpræsentes, innovantes

« Et en outre, s’il s’en trouve « qui continuent d’interprêter les « constitutions et les décrets ci- « dessus, de manière qu’ils ne « soient pas favorables au senti- « ment en question, et à la fête « ou au culte dont il est le fonde- « ment, ou qui oseraient soulever « des disputes sur ce même sente liment, cette fête ou ce culte, « soit en les combattant d’une ma- « nière directe ou indirecte, ou « sous un prétexte quelconque, « même sous celui d’examiner la « délinibilité, de commenter ou « d’interprêter l’Écriture sainte, u ou les saints Pères, ou les Doc- « teurs, en tin , tous ceux qui, n’im- « porte sous quel autre prétexte et « à quelle autre occasion, parécrit u ou de vive voix, oseraient parler, « prêcher, exposer, discuter, en « précisant ou en affirmantquelque « chose de contraire, soit en op- « posant des arguments qui se- « raient laissés sans solution, ou « en traitant d’une manière quel- « conque que nous ne pouvons « imaginer en ce moment ; pour « tous ceux-là, outre les peines et « censures contenues dans les « constitutions de Sixte IV, aux- « quelles nous voulons qu’ils soien t « soumis et nous les soumettons « par les présentes, nous voulons « encore que, par le même fait et « sans autre déclaration, ils soient « privés de la faculté de prêcher, « de faire des leçons publiques ou « d’enseigner etd’interprêter, ainsi « que de toute voix active et pas- « sive dans les élections quel- « conques ; et en outre, que, sons « autre déclaration, ils encourent « par le lait même les peines d’in- « habilité perpétuelle à prêcher, « à faire des leçons publiques, à « enseigner et à interpréter ; des- « quelles peines ils ne pourront

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« Pauli V et Gregorii XV superius a memoratas Constituliones sive « Décréta.

« Ac libros, in quibus præfata « sententia, festum, seu cultus se- « cundum illam in dubium revoca- « tur, aut contra ea quomodocum- <■( que, ut supra, aliquid scribitur « autlegitur, seu locutiones, conte ciones, tractatus, et disputationes « contra eadem eontinentur ; post « Pauli V supra laudalum Decre- « tuin édita, aut in posterum quo- « modolibet edenda, prohibemus « sub pœnis et censuris in Indice « librorum prohibitorum contentis, « et ipso facto absque alia declara- « tione pro expresse prohibitis « haberi volumus et mandamus. »

Omnes autem norunt quanto hæc de Immaculata Deiparæ Virginia Conceptionc doctrina a spectatissimis Religiosis Familiis, et eelebrioribus theologicis Academiis ac præstantissimis rerum divinarum scien lia Doctoribus fuerit tradila, asserta ac propugnata. Omnes pariter norunt quantopere solliciti fuerint Sacrorum An tistites vel in ipsis ecclesiasticis conventibus palam publiceque profiteri, sanctissimam Dei Genitricem Virginem Mariam ob prævisa Chrisli Domini

« être absous ou dispensés que « par nous-même, ou nos succes- « seurs les Pontifes romains ; et « nous voulons aussi qu’ils soient, ce pareillement soumis aux autres « peines qui doivent être infligées « par nous et les mêmes Pontifes « romains, nos successeurs, comme « nous les soumettons par les « présentes, renouvelant les conte stit utions et les décrets sus- « mentionnés de Paul V et de Gréée goire XV.

a Et quant aux livres dans leste quels le sentiment en question, et ainsi que la fête ou le culte qui t< l’ont pour fondement, est revote qué en doute, ou dans lesquels ee on aurait écrit ou on lirait quoi te que ce fût, ainsi qu’il est dit plus ee haut, contre lui, ou qui renferte ment des propositions, des disce cours, des traités et des discusee sions qui le combattent; s’ils ce ont été publiés après le décret ee de Paul V ou s’ils venaient à être ee publiés à l’avenir d’une manière ee quelconque; nous les défendons ce sous les peines et les censures « contenues dans l’Index des li- « vres prohibés, et nous voulons ce et ordonnons que par le fait même ee et sans nouvelle déclaration ils ee soient considérés comme expresce sèment défendus. «

De plus, tout le monde sait avec quel zèle cette doctrine de la Conception Immaculée de la Vierge Mère de Dieu a été enseignée, affirmée et défendue par les ordres religieux les plus illustres, par les académies théologiques les plus célèbres et par les docteurs les plus versés dans la science des choses divines. Tout le monde sait également jusqu’à quel point les évêques ont montré de sollicitude à professer ouvertement et en public même dans les assemblées ec-

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Redemptoris mérita nunquam originali subjacuisse peecato, sed præservatam omnino fuisse ab originis labe, et idcirco sublimiori modo redemptam. Quibus illud profecto gravissimum, et omnino maximum accedit, ipsam quoque Tridenlinam Synodum, cum dogmaticum de peecato originali ederet deeretum, quo juxta sacrarum Scripturarum, sanctorumque Patrum, ac probatissimorum Conciliorum testimonia statuit, ac défini vil, omnes homines nasci originali culpa infectos, tamen solemniter déclarasse, non esse suæ intent ionis in decreto ipso, tantaque definitionis amplitudine comprehendere beatam, et immaculatam Virgin em Dei Genitricem Mariam. Hac enim declaratione Tridenlini Patres, ipsam beatissimam Virginem ab originali labe solutnm pro rerumtemporumqueadjunctis satis innuerunt, atque adeo perspicue significarunt, nihil ex divinis lilteris, nihil ex traditione, Patrumque auctoritate rite afferri posse, quod tantæ Virginis prærogalivæ quovis modo refragetur.

Et re quidem vera liane de Immaculata beatissimæ Virginis Conceptione doctrinam quotidie magis gravissimo Ecclesiæ sensu, magisterio, studio, scientia, ac sapientia tam splendide explicatam, declaratam, confirmatam, et apud omnes catholici orbis populos, ac nationes mirandumin modum propagatam, in ipsa Ecclesia semper

clésiastiques , que la très-sainte Vierge Marie Mère de Dieu, en vue des mérites du Rédempteur Jésus- Christ Notre Seigneur, n’a jamais été soumise au péché originel, mais qu’elle en a été entièrement préservée et ainsi rachetée d’une manière plus spéciale. A ceci vient s’ajouter cette considération trèsgrave et qui l’emporte sur toutes les autres, que le Concile de Trente lui-même, lorsqu’il a rendu sur le péché originel son décret dogmatique, par lequel d’après les témoignages des Écritures sacrées, des saints Pères et des conciles les plus accrédités, il établit et définit que tous les hommes naissent infectés de la faute originelle, a toutefois déclaré solennellement qu’il n’était pas dans son intention de comprendre dans son décret et dans la si grande étendue de sa définition, la bienheureuse Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu.

En effet, par cette déclaration les Pères du Concile de Trente ont insinué suffisamment, eu égard aux circonstances des temps et des lieux, que la très-sainte Vierge est affranchie de la tache originelle, et ils ont ainsi fait comprendre clairement qu’on ne saurait rien tirer légitimement , soit de l’Écriture sainte, soit de la tradition et de l’autorité des saints Pères , qui s’oppose en quelque façon que ce soit, à cette éminente prérogative de la Vierge.

Et en réalité, que cette doctrine de l’immaculée Conception de la très-sainte Vierge, développée chaque jour avec plus de puissance et d'éclat par le sentiment le plus profond de l’Église, par l’enseignement, par l’étude, par la science et par la sagesse, déclarée, confirmée et merveilleusement propagée chez tous les peuples ettoutes

APPENDICE

extitissc veluti a majoribus acceptant ac revelatæ doctrinæ charactere insignitam illustria venerandæ antiquitatis Ecclesiæ orienta lis et occidentalis monumenta validissime testantur. Christ! enim Ecclesia sedula depositorum apud se dogmatum castes, et vindex nihilin bis unquam permutât, nihil minuit, nihil addit, sed omni industria veterafidelitersapienterquelractando si qua antiquitus informata sunt, et Patrum fides sévit, ita limare, expolire studet, u t prisca ilia cœlestis doctrinæ dogmata accipiant evidentiam, lucem, distinctionem, sed retineant plenitudinem, integritatem, proprietatem, ac in suo tantum généré crescant, in eodem scilicet dogmate, eodem sensu, eademque sententia.

Equidem Patres, Ecclesiæque Scriptores cœlestibus edocti eloquiis nihil antiquius habuere, quam in libris ad explicandas Scripturas, vindicanda dogmata, erudiendosque fideies elucubratis summam Virginis sanctitatem, dignitatem, atque ab omni peccati labe integritatem, ejusque præclaram de teterrimo liumani generis hoste victoriam multis mirisque modis certatim prædicare atque efferre.

Quapropter enarrantes verba, quibus Deus præparata renovandis mortalibus suæ pietatis remedia inter ipsa mundi primordia prænuntians et deceptoris serpentis retudit audaciam, etnostri generis spem mirifice erexit inquiens« Ini- « micitias ponam inter te et muet lierem, semen tuum et semen « illius » docuere, divino hoc ora¬

les nations de l’univers catholique, ait toujours subsisté dans cette même Eglise comme reçue des ancêtres et revêtue du caractère de doctrine révélée, c’est ce qu’attestent avec la plus grande force les plus illustres monuments de l’antiquité de l'Église orientale et occidentale. En effet, l’Église de Jésus-Christ, vigilante gardienne et vengeresse des dogmes déposés dans son sein, n’y change jamais rien, n’en diminue rien, n’y ajoute rien; mais, traitant les anciens dogmes avec attention, fidélité et sagesse, elle s’applique à limer et à polir ce qui a été indiqué anciennement et ce que la foi des Pères a semé, de manière que les anciens dogmes acquièrent de l’évidence, de la clarté, de la précision, mais qu’en même temps ils retiennent leur plénitude, leur intégrité, leur propriété, et qu’ils croissent seulement dans leur genre, c’est-à-dire dans le même dogme, dans le même sens, dans le même sentiment.

En effet, les Pères et les écrivains ecclésiastiques, instruits par les enseignements célestes, n’ont rien eu de plus cher dans les livres élaborés par eux pour expliquer les Écritures, pour venger les dogmes et pour instruire les fidèles que de proclamer à l’en vi et de prêcher de la manière la plus variée et la plus admirable ia souveraine sainteté de la Vierge, sa dignité, son entière exemption de toute souillure du péché, et sa victoire éclatante sur le détestable ennemi du genre humain. C’est pourquoi, lorsqu’ils rapportent les paroles par lesquelles Dieu annonçant, dès le commencement du monde, les remèdes préparés dans sa miséricorde pour régénérer les mortels, confondit l’audace du serpent séducteur, et releva ainsi

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culo clare aperteque præmonstratum fuisse misericordem humani generis Redemptorem, scilicet Unigenilum Dei Filium Christum Jesum, ac designalam beatissiniam Ejus matrem Virginem Mariam, ac simili ipsissimas utriusque contra diaboluni inimicilias insigniter expressas. Quocirca sicut Christus Dei hominumque mediatorhumana assumpta natura delens quod adversus nos erat. chirographum decreti, illudcruci triumphator affixit, sic sanctissima Virgo arctissimo, et indissolubili vinculo cum Eo conjuncta una cum lllo, et per Ilium sempiternas contra venenosum serpentem inimicilias exercens, ac de ipso plenissime triumphans illius caput immaculalopedecontrivit.

IUinc eximium, singularemque Virginis triumphum, excellentissimamque innocentiam, puritatem, sanclilatem, ejusque ab omni peccati labe integritatem, aique ineffabilem cœleslium omnium gratiarum, virtutum, ac pri vilegiorum copiam, et magniludinem iidem Patres viderunt tum in area ilia Noe, quæ divinitus constituta a communi totius mundi naufragio plane salva et incolumis evasit, tum in scala ilia, quam de terra ad cœlum usque pertingere vidit Jacob, cujus gradibus Angeli Dei ascendebant, et descendebant, cujusque vertici ipse innitebatur Dominus ; tum in rubo illo, quem in loco sanclo Moyses undique ardere, ac inter crépitantes ignis

merveilleusement l’espérance de notre race, en disant : « J’établi- « rai des inimitiés entre toi et la « femme , entre ta race et la « sienne, « ces Pères enseignent que ce divin oracle a désigné ouvertement et clairement le miséricordieux Rédempteur du genre humain, savoir le Fils unique de Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, et qu'il a désigné également sa bienheureuse Mère la Vierge Marie, et qu’il a indiqué en même temps les inimitiés elles-mêmes de l’un et de l’autre contre le démon. C’est pourquoi, de même que le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, en prenant la nature humaine, a effacé l’arrêt de condamnation porté contre nous, en l’attachant en vainqueur à la croix, ainsi la très-sainte Vierge, unie à lui par le lien le plus étroit et le plus indissoluble, perpétuant avec lui et par lui ses inimitiés éternelles contre l’antique serpent, a, dans son complet triomphe, écrasé de son pied immaculé la tête de ce dragon venimeux.

C’est celte magnifique, cette singulière victoire de la Vierge, c’est son éminente innocence, sa pureté, sa sainteté très-excellente, c’est son exemption de toute tache du péché, c’est l’abondance et la grandeur ineffable de grâces , de vertus et de privilèges qu’elle possède, que les mêmes Pères ont vues, tantôt dans cette arche de Noé, qui, par le dessein de Dieu, est sortie saine et sauve du commun naufrage de l’univers entier ; tantôt dans cette échelle que Jacob vit s'étendre de la terre au ciel, dont les anges de Dieu montaient et descendaient les degrés, et dont le Seigneur lui-même occupait le sommet ; tantôt dans ce buisson que Moïse vit tout bru-

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ffammas non jam comburi aut jacturam vel minimam pati, sed pulcre virescere ac florescere conspexit; tum in ilia inexpugnabili turri a facie inimici, ex qua mille clypei pendent, omnisquearmatura forlium ; tum in horto i 11 o coneluso, qui nescit viofari, neque corrumpi ullis insidiarum fraudibus ; tum in corusca ilia Dei ci vitale, cujus fundamenta in monlibus sanctis ; tum in augustissimo illo Dei lemplo, quod divinis refulgens splendoribus plénum est gloria Domini ; tum in aliis ejusdem generis omnino plurimis, quibus excelsam Deiparæ dignitatem, ejusque illibatam innocentiam, et nulü unquam nævo obnoxiam sanctitatem insigniter prænuntiatam fuisse Patres tradiderunt.

Ad banc eamdem divinorum nuinerumveluti summam, originalemque Virginis, de qua natusest Jésus, integritatem describendam iidem Prophetarum adhibentes eloquia non aliter ipsam augustam Virginem concelebrarunt, ac uti columbam mundam, et sanctam Jérusalem, et excelsum Dei thronum, et arcam sanctificationis et domum, quam sibi æterna ædificavit Sapientia, et Reginam illam, quæ deliciis affluens, et innixa super Dilectum suum ex ore Altissimi prodivit omnino perfecta, speciosa acpenitus cara Deo, et nullo unquam labis nævo maculata. Cum vero ipsi Patres, Ecclesiæque Scriptores animo menteque reputarent, beatissimam Yirginem ab Angel o Gabriele sublimissimam Dei Matris dignitatem ci nuntiante,

îant dans le lieu saint, et qui, au milieu des flammes pétillantes, ne se consumait pas et ne souffrait ni dommages ni diminution, mais verdoyait et fleurissait admirablement; tantôt dans cette tour inexpugnable placée en face de l’ennemi, de laquelle pendent mille boucliers et toutes les armures des forts ; tantôt dans ce jardin fermé dont l'accès ne peut être violé, et que nulle fraude et nulle embûche ne peuvent forcer; tantôt dans cette splendide cité de Dieu, dont les fondements sont sur les montagnes saintes: tantôt dans ce très-auguste temple de Dieu, qui, brillant des splendeurs divines, est plein de la gloire du Seigneur; tantôt dans les nombreuses figures du même genre, par lesquelles la haute dignité de la Mère de Dieu, son innocence immaculée, et sa sainteté exempte de toute tache, ont été, selon la tradition des Pères, annoncées d’une manière éclatante.

Pour décrire cette réunion ou, pour ainsi dire, cette totalité des dons divins et cette intégrité originelle de la Vierge de qui Jésus est né, les mêmes Pères, employant les paroles des prophètes, n’ont pas autrement célébré cette auguste Vierge, que comme la pure colombe, la sainte Jérusalem, le trône élevé de Dieu, la maison et l’arche de sanctification que l’éternelle Sagesse s’est construite; que comme cette reine qui, environnée de délices et appuyée sur son bienaimé, est sortie toute parfaite de la bouche du Très-Haut, toute belle et toute chère à Dieu et jamais souillée de la moindre tache. Or, ces mêmes Pères et les écrivains ecclésiastiques, réfléchissant dans leur esprit et dans leur cœur que la bienheureuse Vierce, en rcce-

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ipsius Dei nomine et jussu gratia plenam fuisse nuncupatam, docuerunthac singulari solemnique saiutationc nunquam alias audita ostendi, Deiparam fuisse omnium divinarum graliarum sedem, omnibusque divini Spiritus charismatîbus exornatam, immo eorumdem charismatum infînitum prope thesaurum, abyssumque inexhaustam, adeo ut nunquam maledicto obnoxia, et una cum Filio perpetuæ benediclionis particeps ab Elisabeth divino acta Spiritu audire meruerit: benedicta Tu inter mulicres et benedictus fructus ventris lui.

Hincnon luculenta minus, quam concors eorumdem sententia, gloriosissimam Virginem, oui fecit magna, qui Potens est, ea cœlestium omnium donorum vi, ea gratiæ plenitudine, eaque innocentia emicuisse, qua veluti inefifabile Dei miraculum, immo omnium miraculorum apex, ac digna Dei mater extiterit, et, ad Deum ipsum, pro ratione creatæ naturæ, quam proxime accedens omnibus, qua humanis, qua angelicis præconiis eelsior evaserit. Atque idcirco ad originalem Dei Genitricis innocentiam, justitiamque vindicandam, non Eam modo cum Heva adhuc incorrupta, et nondum morliferis fraudulentissimi serpentis insidiis decepta sæpissime contulerunl, verum etiam mira quadam verborum, senlentiarumque varietate prætulerunt. Heva enim serpenti misere obsequuta et ab originali excidit innocentia, et illius mancipium evasit ; sed beatissima Virgo originale donum jugiter augens, quin serpenti aures unquam præ-

vant de l’ange Gabriel l’annonce de la sublime dignité deMère deDieu, a été par l’ordre et au nom de Dieu lui-même, appelée pleine de grâces, ont enseigné que cette singulière et solennelle salutation, jusque-là inouïe, signifiait que la Mère de Dieu était le siège de toutes les grâces divines, qu’elle était ornée de tous les dons du divin Esprit; bien plus, qu’elle était comme un trésor inépuisable et comme un abîme infini de ces mêmes grâces, tellement que, soustraite à la malédiction et participant avec son Fils à la bénédiction perpétuelle, elle a mérité d’entendre Elisabeth inspirée parl’EspriL-Saint, lui adresser ces paroles: « Vous êtes bénie entre toutes tes femmes et béni est le fruit de vos entrailles. »

De là est venu ce sentiment, non moins clair qu’unanime des mêmes Pères, que cette Vierge très-glorieuse, pour laquelle celui qui est puissant a fait de grandes choses, a brillé d’une abondance de dons célestes, d’une plénitude de grâces et d’une innocence telle qu’elle a été comme un miracle ineffable deDieu, ou plutôt comme l’apogée de tous les miracles, qu’elle a été la digne Mère de Dieu, et que rapprochée de Dieu le plus près et autant que le comporte une nature créée, elle s’est élevée audessus de tous les éloges tant des hommesque des anges. C’est pourquoi, pour défendre l’innocence ei la justice originelle de la Mère de Dieu, non-seulement ils l’ont comparée très-souvent à Eve encore vierge, encore innocente, encore pure et non encore trompée par les embûches mortelles du frauduleux serpent; mais ils l’ont aussi mise au-dessus d’elle, avec une admirable variété de paroles et de sentiments. En effet, Eve ayant

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buerit, illius vitn, potestatemque virtute divinitus accepta funditus labefaclavit.

Quapropter nunquam cessarunt Deiparam appellare vel lilium inter spinas, vel terrain omnino intaetam, virgineam, illibatam, immaculatam, semper benedictam, et ab omni peccati contagione liberam, ex qua novus formatus est Adam, vel irreprehensibilem, lucidissimum, amœnissimnmque innocentiæ, immortalitatis, ac deliciarum paradisum a Deo ipso eonsitum et ab omnibus venenosi serpentis insidiis defensum, vel lignum immarcescibile, quod peccati vermis nunquam corruperit, vel fontem semper illiniem, et Spiritus Saneti virtute signatum, vel divinissimum templum, vel immortalitatis thesaurum, vel unam et solam non mortis sed vitæ filiam, non iræ sed gratiæ germen, quod semper virens ex corrupta, infectaque r3dice singulari Dei providentia præter statas communesque leges effloruerit. Sed quasi hæc, licet splendidissima, satis non forent, propriis defmitisque sententiis edixerunt, nullam prorsus, cum de peccatis agitur, habendam esse quæstionem de sancla Virgine Maria, cui plus gratiæ collatum fuit ad vincendum omni ex parte peccatum; tum professi sunt, gloriosissimam Yirginem fuisse parentum reparatricem, posterorum vivificatricem, a sæculo electam, ab Altissimo sibi præparatam, a Deo, quando ad serpentem ait, inimicitias ponam inter te et mulierem, prædictam, quæ procul dubio ve-

misérablement écouté le serpent, perdit son innocence, et devint son esclave, tandis que la très-sainte Vierge augmentant sans cesse le don originel, loin d’ouvrir jamais ses oreilles au serpent, a ébranlé jusqu’aux fondements sa force et son empire par la puissance qu’elle avait reçue de Dieu.

Aussi n’ont-il cessé d’appeler la Mère de Dieu soit un lis parmi les épines, soit une terre intacte, vierge, sans tache, sans souillure, toujours bénie et affranchie de toute contagion du péché, terre dont a été formé le nouvel Adam; ou bien un paradis irréprochable, rempli de lumière et de tous les agréments de l’innocence et de l’immortalité, paradis de délices établi par Dieu lui-même, à l’abri de toutes les embûches du serpent vénéneux; ou bien un bois incorruptible que le ver du péché n'a pu altérer, ou une fontaine toujours limpide et scellée par la vertu de l’Esprit-Saint ; ou un temple divin, un trésor d’immortalité ; ou l’unique et seule fille non de la mort, mais de la vie; un rejeton non de la colère mais de la grâce, lequel par une providence spéciale de Dieu, est sorti d’une racine corrompue et infectée, sans jamais perdre sa verdure, et en dehors des lois établies et communes.

Mais comme si ces images, bien que de la plus grande magnificence, ne disaient point encore assez, ils ont prononcé par des propositions expresses et sans équivoque, que, lorsqu’il s’agit de péché, il ne pouvait être question de la sainte Vierge Marie, à qui une grâce plus grande a été donnée pour triompher complètement du péché; ils ont ensuite déclaré que la très-glorieuse Vierge avait été la réparatrice de

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nenatum ejusdem serpentis caput commit; ac propterea affirmarunt, eamdem beatissimam Virginem fuisse per gratiam ab omni peccali labe inlegram, ac liberam ab omni eontagione et corporis, et animæ, et intelleclus, ac semper cum Deo conversatam, et sempiterno fœdere cum lllo coujunctam, nun(|uam fuisse in tenebris, sed semper in luee, et idcirco idoneum plane exti tisse Christo habitnculum non pro habiiu corporis, sed pro gratia originale

Accédant nobrlissima effata, quibus de Virginis Conceplione loquentes testati sunt, naturam gratiæ cessisse ac stetisse tremulam, pergere non sustinentem ; nam futurum erat, ut Dei Genitrix Virgo non antea ex Anna conciperelur, quam gratia fructum ederet : concipi siquidem primogenilam oportebat, ex qua concipiendus essct omnis creaturæ primogenitus. Testati sunt carnem Virginis ex Adam sumptam maculas Adæ non admisisse, ac propterea beatissimam Virginem tabernaculum esse ab ipso Deo creatum, Spiritu Sancto formatum, et purpureæ révéra operæ, quod novus ille Beseleel auro intextum variumque effînxit, eamdemque esse meritoque celebrari ut illam, quæ proprium Dei opus primum extiteri t, ignitis ma- ’igni telis latuerit, et pulcra natura, ac labisprorsus omnis nescia,

la faute des premiers parents, une source de vie pour leurs descendants, choisie de toute éternité et préparée par le Très-Haut; que Dieu l’avait prédite lorsqu’il dit au serpent: « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, » et que. sans nul douie, elle écrasa la tête venimeuse du même serpent. C’est pourquoi ils ont affirmé que la même bienheureuse Vierge avait été, par une grâce spéciale, exempte de toute tache de péché, à l’abri de toute souillure du corps, de fâme et de l’esprit, et que, toujours vivant avec Dieu, unie à lui par une éternelle alliance, jamais elle ne s’est trouvée dans les ténèbres, mais constamment dans la lumière, et qu’en conséquence elle a été, pour le Christ, un tabernacle digne de lui non pas à cause de la condition de son corps, mais en raison de la grâce originelle.

Joignons-y les expressions si belles dont ils se sont servis en parlant de la Conception de la sainte Vierge, lorsqu'ils ont dit que la nature s’était arrêtée toute tremblante devant la grâce et n’avait pas osé poursuivre sa marche, car il devait arriver que la Vierge Mère de Dieu ne fût pas conçue par Anne avant que la grâce eût produit son fruit: en effet, elle devait être la première-née par la conception, celle qui devait concevoir le premier-né d'entre toutes les créatures. Ils ont attesté que la chair de Marie, provenant d’Adam, n’a pas contracté les taches d’Adam, et que c’est pour cela que la bienheureuse Vierge Marie est le tabernacle créé par Dieu lui-même, formé par le Saint-Esprit, tabernacle de pourpre, que ce nouveau Béséléel a orné et enrichi d’or ; et que cette même Vierge est et doit

APPENDICE. 519

tamquam aurora undequaque rutilans in mundum prodiverit in sua Conceptione lmmaculata. Nonenim decebat, ut illud vas electionis communibus lacesseretur injuriis, quoniam plurimum a ceteris differens, natura communicavit non culpa, immo prorsus decebat, ut si eut Unigenitus in cœlis Pat rem habuit, quem Seraphim ter sanctum extoilunt, ita matrem haberet in terris, quæ nitore sanctitatis uunquam caruerit. Atque hæc quidem doctrina adeo majorum mentes, animosque oceupavit, ut singularis et omnino mirus penes illos invaluerit ioquendi uses, quo Deiparam sæpissime compellarunt immaculatam, omnique ex parte immaculatam, innocentem et innocentissimam, illibatam et undequaque illibatam, sanclam et ab omni peccali sorde alierdssimam, totam puram, totam intemeratam, ac ipsam prope puritatis et innocentiæ formam, pulcritudine pulcriorem, venustate venustiorem, sanetiorem sanctitate, solamque sanctam, purissimamque anima et corpore, quæ supergressa est omnem inlegritatem et virginitatem, ae sola tota facta domicilium universarum gratiarum SSmi Spiritus, et quæ, solo Deo excepto, extitit cunclis superior, et ipsis Cherubim et Seraphim, et omni exercitu Angelorum natura pulcrior , formosior , sanctior , cui prædicandæ cœlestes et terrenæ linguæ minime suffieiunt. Quem usura ad sanctissimæ quoque liturgiæ monumenta atque ecclesiastica officia sua veluti sponte fuisse traductum, et in illis passim recurrere, ampli terque dominari nemo ignorât, cum in illis Deipara invocetur et prædicetur veluti una incorrupta pulcritudinis columba, veluti rosa semper vigens, et undequaque puris-

être considérée comme celle qui fut le premier ouvrage propre de Dieu, qui échappa aux traits enflammes de l’esprit malin, et que toute belle par sa nature, absolument exempte de souillure, elle brilla aux regards du monde dans sa Conception Immaculée, comme une aurore d’une étincelante pureté. Car il ne convenait pas que ce vase d’élection fût soumis h la corruption commune, parce que bien différente des autres créatures, Marie n'eut de commun avec Adam que la nature et non la faute.

Bien plus, il convenait que le Fils unique qui a au ciel un Père que les Séraphins proclament trois fois saint, eût sur la terre une mère qui n’eût jamais été privée de l’éclat de la sainteté. Et cette doctrine fut si fort à cœur aux anciens, que par une merveilleuse et singulière forme de langage qui eut chez eux comme force de loi, ils appelèrent souvent la Mère de Dieu, immaculée et absolument immaculée, innocente et très-innocente, exempte détaché et de toute tache, sainte et sans la moindre souillure du pèche, toute pure, complètement intacte, le type et le modèle même de la pureté et de l’innocence, plus belle que la beauté, plus gracieuse que la grâce, plus sainte que la sainteté, seule sainte, trèspure d’âme et de corps, surpassant de beaucoup toute intégrité et toute virginité, seule devenue toute entière le domicile de toutes les grâces du Saint-Esprit, et qui, à J’exception de Dieu seul, est supérieure à toute créature, l’emporte en beauté, en grâces et en sainteté sur les Chérubins et les Séraphins eux-mêmes et sur toute l’armée des anges, celle enfin dont toutes les voix du ciel et de la terre ne sauraient proclamer digne-

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sima, et semper immaculata semperque beata, ac celebretur uti innocentia, quæ nunquam fuit læsa, et altéra Heva, quæ Emmanuelem peperit.

Nil igitur mirum si de Immaculata Deiparæ Virginis Coneeptione doctrinam judicio Patrum divinis litteris consignatam, tôt gravissimis eorumdem testimoniis traditam, tôt illustribus venerandæ antiquilatis monumentis expressam et celebratam, ae maximo gravissimoque Ecclesiæ judicio propositam et confirmatam tanta pietate, religione et amore ipsius Ecclesiæ Pastores, populique fidèles quolidie magis proûLeri sint gloriati, ut nihil iisdem dulcius, nihil carius quam ferventissimo affectu Deiparam Virginem absque labe originali conceptam ubique colere, venerari, invocare, et prædicare. Quamobrem ab antiquis temporibus Sacrorum Antistites, Ecclesiastici viri, regulares Ordines, ac vel ipsi Imperatores et Reges ab hac Apostolica Sede enixe efffagitarunt, ut Immaculata sanctissimæ Dei Genitricis Conceptio veluti catholicæ fidei dogma defmiretur. Quæ postulationes hac nostra quoque ætate iteratæ fuerunt , ac potissimum felicis recordationis Gregorio XVI Prædecessori Nostro, ac Nobis ipsis oblatæ sunt tum ab Episcopis ,

ment les louanges. Personne n’ignore que ce langage a passé comme de lui-même dans les monuments de la sainte liturgie et dans les offices de l'Eglise, qu’il s’y rencontre très-fréquemment, et qu'il y figure avec éclat, puisque la Mère de Dieu y est appelée et invoquée comme une colombe toute belle et sans tache, comme une rose toujours fleurie, absolument pure, toujours immaculée et toujours sainte, et qu’elle y est célébrée comme l’innocence qui n’a jamais été blessée, comme une autre Eve qui a donné le jour à l’Emmanuel.

Il n’est donc pas étonnant que les pasteurs de l'Eglise et les peuples lidèles se soient fait une gloire de professer de plus en plus cette doctrine sur la Conception Immaculée de la Vierge Mère de Dieu, consignée au jugement des Pères dans les saintes Ecritures, confirmée par l’autorité si imposante de leurs témoignages, contenue et louée dans un si grand nombre d'illustres monuments de la vénérable antiquité, proposée et confirmée par le jugement si considérable et si imposant de l’Eglise, et qu’ils n’aient eu rien de plus doux, rien de plus cher que de montrer une grande ardeur pour honorer, vénérer, invoquer la Vierge Marie, Mère de Dieu, conçue sans la tache d’origine, et pour la proclamer partout comme telle. C'est pourquoi depuis des siècles, les Evêques, les membres du clergé, les ordres réguliers, les empereurs eux-mêmes et les rois ont pressé avec instance le Siège apostolique de définir comme dogme de foi catholique la Conception Immaculée de la très-sainte Mère de Dieu.

Ces demandes ont été souvent renouvelées, de notre temps aussi,

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tum a Clero sæculari, lum a Religiosis Familiis , ac summis Principibus et fidelibus populis.

Nos itaque singulari animi Nostri gaudio hæc omnia probe noscentes, ac serio considérantes, vixdum Jicet immeriti arcano divinæ Providentiæ consilio ad hanc sublimem Pétri Cathedram evecti totius Ecclesiæ gubernacula tractanda snseepimus, nihil certe antiquius habuimus, quam pro summa Nostra vel a teneris annis erga sanctissimam Dei Genitricem Yirginem Mariam veneratione, pietate et affectu ea omnia peragere, quæ adhuc in Ecclesiæ votis esse poterant, utbeatissimæ Virginis honor augeretur, ejusque prærogativæ uberiori luce niterent. Omnem autem maturitatem adhibere voîentes constituimus peculiarem VV. FF. NN. S. R. E. Cardinalium religione, consilio, ac divinarum rerum scientia illustrium Congregationem, et viros ex clero tum sæculari, tum regulari, theologicis disciplinis apprime excultos selegimus, ut ea omnia, quæ Immaculatam Virginis Conceptionem respiciunt, accuratissime perpenderent propriamque sententiam ad Nos deferrent. Quarnvis autem Nobis ex receptis postulationibus de definienda tandem aliquando Immaculata Virginis Conceptione perspectus esset plurimorum Sacrorum Antistitum sensus, tamen Encyclicas Litteras die 2 Februarii anno 1849 Cajetæ datas ad omnes Venerabiles Fratres totius catholici orbis Sacrorum Antistites misimus, ut, adhibitis ad Deum precibus, Nobis scripto etiam significarent, quæ esset suorum lidelium erga

surtout auprès de Grégoire XVI, notre prédécesseur d’heureuse mémoire; elles nous ont été présentées à nous-même par les Evêques, le clergé séculier, les ordres religieux, de grands princes et les peuples fidèles.

C’est pourquoi, nousquiavecune joie extraordinaire de notre âme, connaissions tous ces témoignages, et qui les méditions avec soin, nous fûmes à peine, par un dessein caché de la divine Providence, bien qu’indigne, élevé sur le Siège insigne de Pierre, nous eûmes a peine pris en main les rênes de toute l’Église, qu’obéissant à la vénération, à la piété, à l'amour que nous avons toujours eus pour la Vierge Marie, Mère de Dieu, nous n’avons rien eu plus à cœur que tout ce qui pouvait augmenter l’honneur de la très-heureuse Vierge Marie, et faire briller ses prérogatives d’un plus vif éclat. Mais voulant apporter en cela une pleine maturité, nous avons établi une congrégation spéciale de nos vénérables frères cardinaux de la sainte Église romaine, illustres par leur piété , leur sagesse et leur science dans les choses sacrées, et nous avons en même temps choisi tant dans le clergé séculier que régulier les hommes les plus versés dans la science de la théologie, afin qu’ils approfondissent avec grand soin tout ce qui regarde l’immaculée Conception de la Vierge Marie, et qu'ils nous fissent part de leurs sentiments. Bien que déjà les demandes que nous avions reçues pour hâter la définition de l’immaculée Conception de la Vierge Marie nous eussent fait connaître le sentiment de la plupart des évêques, cependant le 2 février 1849 des lettres datées de Gaëte furent envoyées par nous à

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Immaculatam Deiparaî Conceptionem pietas, ac devotio, etquid ipsi præsertim Antistites de hac ipsa defînitioneferenda sentirent, quidve exoptarent, ut, quo fieri solcmnius posset, supremum Nostrum judicium proferremus.

Nonmediocri certesolalio alïecti fuimus ubi eorumdem Venerabilium Fratrum ad Nos responsa venerunt. Nam iidem incredibili quadam jucunditate, lætitia, ac studio Nobis rescribentes non solum singularem suam, et proprii cujusque cleri , populique fidelis erga Immaculatam beatissimæ Virginis Conceptum pietatem, mentemque denuo confirmarunt , veruin etiam communi veluti voto a Nobis expostularunt, ut Immaculata ipsius Virginis Conceptio supremo Nostro judicio et auctoritate definiretur.

Nec minori ccrte intérim gaudio perfusi sumus, cum VV. FF. NN.

S. R. E. Cardinales eommemoratæ pecu lia ris Congregationis, et prædicti Theologi Consultons a Nobis elecli pari alacritaleet studio post examen diligenter adhibitum liane de Immaculata Deiparæ Conceplione definitionem a Nobis efllagitaverint.

Post hæc illustribus Prædecessorum Nostrorum vesligiisinhærentes ac rite recteque procedere optantes indiximus et habuimus Consistorium, in quo Venerabiles Fratres Nostros Sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinales alloquuti sumus, eosque summa animi Nostri consolatione audivimus a Nobis exposcere, ut dogmaticamde Immaculata Deiparæ

nos vénérables frères les Évêques de tout l’univers catholique, afin qu’après des prières adressées à Dieu, ils nous fissent savoir par écrit quelle était la piété et la dévotion de leurs ouailles envers la Conception Immaculée de Marie et surtout ce qu’eux-mêmes ils pensaient et désiraient touchant la définition projetée, afin que nous pussions proférer notre jugement suprême avec toute la solennité possible.

Nous éprouvâmes une bien grande consolation en recevant les réponses de nos vénérables frères.

Car ce fut avec un bonheur, une joie, un empressement inexprimables qu’en nous répondant ils confirmèrent non-seulement de nouveau leur propre piété et celle de leur troupeau pour la Conception Immaculée de la bienheureuse Vierge Marie, mais ils nous demandèrent encore comme de commun accord de définir par notre autorité et un jugement suprême, l'immaculée Conception de cette bienheureuse Vierge. Notre joie ne fut pas moins grande lorsque nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Église romaine faisant partie de ladite congrégation , et les théologiens consulteurs choisis par nous, après un mûr examen, nous demandèrent avec le même zèle et le même empressement, cette définition de l’immaculée Conception de la Mère de Dieu Ensuite, marchant sur les traces de nos illustres prédécesseurs, et désirant agir selon les règles et les formes voulues, nous avons convoqué et tenu un consistoire, dans lequel nous avons parlé à nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, et nous les avons entendus avec une grande consolation, nous exprimer le vœu

APPENDICE

Yirginis Conceptione definitionem emittere vellemus.

Itaque plurimum in Domino confisi advenisse temporam opportunitatem pro Immaculata sanctissimæ Dei Genitricis Yirginis Marias Conceptione definienda, quain divina eloquia, veneranda traditio, perpetuus Ecclesiæ sensus, singularis catholicorum Antistitum, ac fîdelium conspiratio et insignia Prædecessorum Nostrorum acta, constitutiones mirifice illustrant atque déclarant ; rebus omnibus diligentissime perpensis, et assidu i s , fervidisquead Deum precibus effusis, minime cunctandum Nobis esse censuimus supremo Nostro judicio immaculatam ipsius Virginis Conceptionem sancire, definire, atque ita pientissimis catholici orbis desideriis, Nostræque in ipsam sanctissimam Yirginem pietati satisfacere, ac simulin Ipsa Unigenitum Filium suum Dominum Nostrum Jesum Christum magis atque magis honorificare, cum in Filium redundet quidquid honoris et laudis in Matrem impenditur.

Quare postquam nunquam intertnisimus in humili ta te et jejunio privatas Nostras et publicas Ecclesiæ preces Deo Patri per Filium Ejus offerre, ut Spiritus Sancti virtute mentem Noslram dirigere et confirmare dignaretur, implorato universæ cœlestis Curiæ præsidio, et advocato cum gemilibus Paraclito Spiritu, eoque sic adspirante, ad honorem Sanctæ et Individuæ Trinitatis, ad decus et ornamentum Yirginis Deiparæ, ad exaltationem Fidei catholicæ, et Christianiæ Religionis augmentum, auctoritate Domini Nostri Jesu Christi, beato-

de nous voir émettre une définition dogmatique touchant la Conception Immaculée de la Mère de Dieu.

C’est pourquoi, nous confiant dans le Seigneur et croyant que le moment opportun est venu pour définir l'immaculée Conception de la Vierge Marie Mère de Dieu, qui est rendue admirablement claire et manifeste par la parole divine, par une vénérable tradition, par le sentiment constant de 1 Eglise, par l’accord unanime des Evêques et des fidèles du monde catholique, ainsi que par les actes insignes et les constitutions de nos prédécesseurs; après avoir soigneusement examiné toutes choses, et après avoir répandu devant Dieu des prières ferventes et assidues, nous avons jugé que nous ne devons plus hésiter à sanctionner et à définir par notre suprême jugement l’immaculée Conception de la Vierge, pour satisfaire ainsi la pieuse impatience du monde catholique et notre propre piété envers la trèssainte Vierge, et en même temps pour honorer en elle de plus en plus son Fils unique notre Seigneur Jésus-Christ, puisque c’est au Fils que retournent l’honneur et la gloire qu’on rend à la Mère.

Ainsi, après n’avoir pas cessé d’offrir dans l’humilité et le jeune nos prières particulières et les prières publiques de l’Eglise à Dieu le Père par l’intermédiaire de son Fils, pour qu’il daignât diriger et confirmer notre esprit par la vertu de l’Esprit-Saint, après avoir imploré la protection de toute la cour céleste, invoqué avec gémissement l’assistance de l’Esprit consolateur, et persuadéqu’il nous inspirait dans ce sens, pourfhonneur de la sainte eL indivisible Trinité, pour la gloire et l’ornement de la Vierge Mère de Dieu, pour l’exaltation de la foi ca-

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rum Apostolorum Pétri, et Pauli, ac Nostra deelaramus, pronuntiamus et definimus, doctrinam, quæ tenet, beatissimam Yirginem Mariam in primo instanti suæ Conceptions fuisse singulari omnipotentis Dei gratia et privilegio, intuitu meritorum Christi Jesu Salvatoris humani generis, ab omni originalis culpæ labe præservatam immunem, esse a Deo revelatam, atque idcirco ab omnibus fidelibus firmiter constanterque credendam. Quapropter si qui secus ac a Nobis dcfinitum est, quod Deus avertat, præsumpserint corde sentire, ii noverint, ac porro sciant, se proprio judicio condemnatos, naufragium circa fidem passos esse, et a'b unitate Ecclesiæ defecisse, ac præterea facto ipso suo semet pœnis a jure statutis subjicere si quod corde senliunt, verbo aut scripto, vel alio quovis externo modo significare ausi fuerint.

Repletum quidem est gaudio os Nostrum et lingua Nostra exultatione, atque humillimas maximasque Christo Jesu Domino Nostro agimus et semper agemus gratias, quod singulari suo beneficio Nobis licetimmerentibus concesserithunc honorem atque hancgloriam etlaudem sanctissimæ suæ Matri offerre et decernere. Certissima vero spe et omni prorsus fiducianitimur fore, ut ipsa beatissima Yirgo, quæ tota pulcra et Immaculata venenosum crudelissimi serpentiscaput contrivit, et salutem attulit mundo, quæque Prophetarum, Apostolorumque præconium, et bonor Martyrum,

tholique et l’accroissement de la religion chrétienne, par l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des saints Apôtres Pierre et Paul et la nôtre, nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la bienheureuse Yierge Marie fut, dans le premier moment de sa Conception, par une grâce et un privilège singulier de Dieu tout-puissant, et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et qu’en conséquence, elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. C’est pourquoi, si quelques-uns, ce qu’à Dieu ne plaise, avaient la présomption de penser dans leur cœurautrement que nous avons défini, que ceux-là apprennent et sachent bien, qu’ils sont condamnés par leur propre jugement, qu’ils ont fait naufrage dans la foi et qu’ils n’appartiennent plus à l’unité de l’Eglise, et de plus, qu’ils attirent, par le fait, sur eux les peines portées parle droit, s’ils osent manifester leur sentiment intérieur, par parole, écrit, ou tel autre signe extérieur que ce soit.

Notre bouche est remplie de joie, et notre langue d’allégresse ; nous rendons et nous rendrons toujours de très-humbles et de très-grandes actions de grâces à Jésus-Christ notre Seigneur, de ce que, par un bienfait insigne, sans mérite de notre part, il nous a accordéd’offrir et de décerner cet honneur, cette gloire et cette louange à sa trèssainte xMère. Nous avons la plus ferme espérance, la confiance la plus entière, que la bienheureuse Yierge, elle qui toute belle et immaculée a écrasé la tête venimeuse du cruel serpent, et apporté le salut au monde, elle qui est la lou-

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omniumque Sanetorum lætitia et corona, quæquetutissimumcunctorum perielitantium perfugium, et fidissima auxiliatrix, ac totius terrarum orbis potentissima apud Unigenitum Filium suum mediatrix et conciliatrix, ac præclarissimum Ecclesiæ sanctæ decus et ornamentum, firmissimumque præsidium cunctas semper interemit hæreses, et fîdeles populos, gentesquea maximis omnis generis calamitatibus eripuit, ac Nos ipsos a tôt ingruentibus periculis liberavit ; velit validissimo suo patrocinio efficere, ut sancta Mater catholica Ecclesia, cunctis amotis diffîcultatibus, cunctisque profligatis erroribus, ubicumque gentium, ubicumque locorum quotidie magis vigeat, floreat, ac regnet a mari usque ad mare et a flumine usque ad terminos orbis terrarum, omnique pace, tranquillitate, ac libertate fruatur, ut rei veniam, ægri medelam, pusiili corde robur, afflicti consolationem, périclitantes adjutorium obtineant, et omnes errantes discussa mentis caligine ad veritatis ac justitiæ semitam redeant, ac fiat unum ovile, et unus pastor.

Audiant hæc Nostra verba omnes Nobis carissimi catholicæ Ecclesiæ filii, et ardentiori usque pietatis, religionis, et amoris studio pergant colere, invocare, exorare beatissimam Dei Genitricem Yirginem Mariant sine labeoriginaliconceptam, atque ad hanc dulcissimam misericordiæ et gratiæ Matrem in omnibus periculis, angustiis, necessitatibus, rebusque dubiis ac trepidis

ange des prophètes et des apôtres, l’honneur des martyrs, la joie et la couronne de tous les Saints, le refuge le plus assuré, et le secours le plus fidèle de tous ceux qui sont dans le danger, la médiatrice et l’avocate la plus puissante de l’univers entier auprès de son Fils unique; elle qui, honneur et ornement le plus éclatant et rempart le plus solide de l’Eglise, a toujours anéanti toutes les hérésies, a arraché les nations aux calamités les plus grandes et les plus diverses, et nous a délivré Nous-même de tant de périls menaçants, voudra bien procurer, par son très-puissant patronage, que toutes les difficultés étant aplanies, toutes les erreurs vaincues, notre sainte Mère l’Eglise catholique prospère et fleurisse de plus en plus chaque jour chez tous les peuples et dans tous les lieux ; qu’elle règne d’un océan à l’autre jusqu’aux dernières limites du monde, et jouisse d’une paix entière, d’une tranquillité et d’une liberté parfaites ; que les coupables obtiennent pardon, les malades guérison, les faibles courage, les affligés consolation, ceux qui sont en danger secours, et que tous ceux qui sont dans l’erreur, après avoir dissipé les ténèbres de leur esprit, reprennent le sentier de la vérité et de la justice, et qu’il n’y ait plus qu’un troupeau et qu’un pasteur.

Que les paroles que nous prononçons soient entendues de tous nos très-chers Fils de l’Église catholique, et qu’avec un zèle de piété, de religion et d’amour toujours plus ardent ils continuent à honorer, à invoquer, à supplier la bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu, conçue sans la tache originelle, et que dans tous leurs périls, angoisses et nécessités, danstoutes

APPENDICE

cum omni fiducia confugiant. Nihil enim timendum, nihilque desperandum Ipsa duce, Ipsa auspice, Ipsa propitia, Ipsa prolegente, quæ maternum sane in nos gerens animum, nostræque salutis negotia tractans de universo humano généré est sollicita, et cœli, terræque Regina a Domino constituta, ac super omnes Angelorum choros Sanctorumque ordines exaltata adstansa dextris Unigeniti Filii Sui Domini Nostri Jesu Christi maternis suis precibus validissime impetrat, et quod quærit invenit, ac frustrari non potest.

Denique ut ad universalis Ecclesiæ notitiam hæc Nostra de Immaculata Conceptione beatissimæ Virginis Mariæ definilio deducatur, lias Apostolicas Nostras Litleras, ad perpetuam rei memoriam extare voluimus; mandantes ut harum transumptis, seu exemplis etiam impressis, manu alicujus Notarii publici subscriptis, et sigillo personæ in ecclesiastica dignitate constitutæ munitis eadem prorsus fides ab omnibus adhibeatur, quæ ipsis præsentibus adhiberetur, si forent exhibitæ, vel ostensæ.

Nulli ergo hominum liceat paginam hanc Nostræ declarationis , pronuntiationis, ac defînitionis infringere, vel ei ausu temerario adversari et contraire. Si quis autem hoc attentare præsumpserit, indignationem omnipotentis Dei ac beatorum Pétri et Pauli Apostolorum ejus se noverit incursurum.

leurs incertitudes et leurs craintes ils aient recours avec une entière confiance à cette très-douce Mère de miséricorde et de grâce. Car il n’y a rien à craindre, il n’y a pas à désespérer sous la conduite, sous les auspices, sous la protection, sous le patronage de celle qui ayant pour nous un cœur de mère, et prenant en main l’affaire de notre salut, étend sa sollicitude sur tout le genre humain, et qui établie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre, et élevée au-dessus de tous les chœurs des Anges, de tous les rangs des Saints, assise à la droite de notre Seigneur Jésus-Christ , obtient infailliblement ce qu’elle demande par ses prières maternelles, trouve ce qu’elle cherche, et dont l’attente ne peut être frustrée.

Enfin, pour porter notre définition de l’immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie à la connaissance de l’Église universelle, nous avons voulu donner ces Lettres apostoliques pour en perpétuer la mémoire. Nous ordonnons donc que les copies manuscrites ou même les exemplaires imprimés qui en seront faits et qui seront revêtus de la signature de quelque notaire public et munis du sceau de quelque personne constituée en dignité ecclésiastique, fassent foi pour tous, comme si les présentes Lettres elles-mêmes leur étaient exhibées ou produites.

Que personne n’ait la présomption déporter atteinte à ce texte de notre déclaration, décision et définition ; que personne n’ait la témérité de s’y opposer et de le contredire. Si quelqu’un se rendait coupable d’un tel attentat, qu’il sache qu’il encourra le courroux du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.

APPENDICE

Datum Romæ apud Sanctum Petrum Anno Incarnationis Dominicæ Millesimo octingentesimo quinquagesimo quarto Vi Idus Decembris anno MDCCCLIV. Pontificatus Nostri Anno No no.

Plus PP. IX.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, Pan de l’incarnation du Seigneur, MDCCCLIV le 6 des ides de décembre, de notre pontificat l’an neuvième.

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