CIRCULAIRE
ADRESSÉE PAR LE MINISTRE DE GRACE ET JUSTICE AUX ÉVÊQUES DU ROYAUME D’ESPAGNE.
« La nation espagnole peut être pieusement fière d’avoir été la première à accueillir le sentiment et la croyance de la Conception Immaculée de la Vierge Marie, mère du Rédempteur du monde. L’ineffable miracle de la Toute-Puissance, en préservant de toute tache d’impureté originelle la créature prédestinée de toute éternité à être, dans la plénitude des temps, le tabernacle vivant de la Divinité même, a été pendant une longue période de siècles défendu par l’église espagnole, expliqué favorablement par ses plus saints et ses plus illustres prélats, célébré et béni par la population et par les plus belles âmes, et respecté par les monarques qui ont occupé le trône de saint Ferdinand, augustes héritiers de l’esprit religieux qui brilla en la personne des Jacques d’Aragon et des Isabelle de Castille.
« Cette pieuse, noble et juste aspiration de tous les Espagnols dans les deux mondes, suivait, en croissant, la marche des temps. L’histoire de la patrie, les procès-verbaux des Cortès nationales, les archives des universités et les vénérables codes dus au jugement et au savoir de nos ancêtres, ne peuvent pas être compulsés sans que l’on y trouve des indices et des preuves de leur attachement et de leur dévotion à cette croyance. Diverses villes du royaume choisirent la Reine des anges pour leur protectrice et leur appui tutélaire, sous la douce invocation de sa pureté; et plus tard, le roi Charles Ili publia la cédule royale du 19 septembre 1771 (qui est la loi xii, titre iii, livre 6 du nouveau recueil), plaçant tous les états espagnols sous le patronage de la Mère de Dieu, et fondant une
APPENDICE
des plus insignes décorations nationales, afin que, sous le nom de la Vierge sainte et immaculée, tous ceux qui rendraient des services à la patrie, par leur mérite et leur vertu, reçussent à la fois une récompense et un stimulant.
« Par bonheur, il y a deux ans, se répandit dans l’univers catholique la bonne nouvelle que le souverain Pontife, qui gouverne heureusement l’Eglise universelle, après avoir imploré la grâce divine, et avec l’assistance d’illustres prélats, parmi lesquels ne firent pas défaut ceux de la métropole et des diocèses espagnols, avait proclamé et défini comme dogme de foi, dans sa bulle Ineffabilis Dcus , le mystère de l’immaculée Conception, si populaire, si respecté et si béni parla religieuse nation espagnole.
k A l’approche de l’heureux anniversaire de ce dogme glorieux, S. M. la Reine (que Dieu garde !), dont la piété et la dévotion pour la très-sainte Vierge sont si connues, et qui recourt toujours à son appui et à son patronage en faveur des peuples qu’elle gouverne et de son auguste famille, a ordonné, qu’invitant les autorités civiles et militaires et adoptant les autres dispositions que vous suggérera votre piété éclairée et votre zèle pastoral, vous fassiez célébrer, cette année, l’ineffable mystère de la très-pure Conception, avec toute la ferveur de notre foi et toute la solennité de notre culte.
« D’ordre de la reine je vous le mande pour votre gouverne et pour son exécution. Dieu vous garde longues années.
« Madrid, 1er décembre 1856.
SEYAS. »
(Extrait de YUnivers, du 7 décembre 1856.)
APPENDICE