‹ L'immaculée conception de la vierge Marie: poème de Robert GaguinChapitre 2 sur 64 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

aux premiers et même anx seconds Chrétiens, Le sentiment fut plus fort et finalement remporta. Lentement, par la puissance des choses, celle qui d'abord n'était qu'une femme, une simple fille d'Eve, et qu'ignorèrent presque les Évangélistes, est montée au ciel, devenue déesse, et, disons-le, ceux-là avaient le cœur dur et la poitrine cerclée d'un triple airain, qui refiisérent si longtemps d'ajouter un nouveau fleuron à sa couronne. Manibus date lilia plenis...

Devant elle jetez des lys à pleines mains,

aurait dit Virgile, qui, comme on sait, Tatait pressentie. Ce type unique de candeur virginale et de tendresse maternelle, qui a mis tant de siècles à s'élaborer avant d'arriver à sa complète perfection, doit répondre à quelque secrète aspiration de l'âme humaine, puisqu'on en trouve les linéaments vaguement ébauchés dans de vieilles légendes Hindoues, Chinoises et Égyptiennes. Figure idéale et ondoyante, une et multiple, ayant autant d'aspects qu'il y a de versets dans ses Litanies : rose mystique, palais doré, tour d'ivoire, porte du ciel, reine des Anges, refuge des pécheurs, étoile du matin, la Vierge est la poésie du catholicisme, et au besoin pourrait lui survivre, car son culte est à lui seul june religion ; elle met une grâce et un sourire dans la sombre église du Moyen-âge.

Ainsi sans doute la comprenaient d'instinct, ou poussés par le sentiment populaire, tous ces théolo-

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