‹ L'immaculée conception de la vierge Marie: poème de Robert GaguinChapitre 3 sur 64 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

giens qui imposaient silence à leur raison pour donner à la Vierge une origine autre que celle des simples mortelles. Mais au moment où Robert Gaguin venait si vaillamment combattre à leurs côtés, ou plutôt à leur tête, la croyance non encore dogmatique à l'Immaculée Conception avait parcouru diverses phases dont il convient de présenter un bref résumé, ne serait-ce que pour l'intelligence des passages obscurs de son poème.

On n'en trouve aucune trace dans les écrits des premiers Pères de l'Église, Irénée, Épiphane, Ambroise, Cyprien, Basile, Jean Chrysostome, Jérôme, Augustin ; en revanche on y relève maints passages qui, soit directement, soit indirectement, lui sont contraires. « Dieu seul est sans péché, » dit TertuUien, avec sa concision énergique, « et le Christ est le seul homme qui. fut sans péché, parce que le Christ était Dieu. » Solus Deus sine peccato, et solus homo sine peccato Christus, quia est Deus Chrîstus. Et Augustin : « Celui-là seul est sans péché qui a été conçu sans les embrassements de l'homme, non dans la concupiscence de la chair, mais dans l'obéissance de l'esprit, par une vierge. Celui-là seul qui fut à la fois Dieu et homme n'eut jamais de péché et ne prit point la chair de péché, quoiqu'il ait pris de sa mère une chair qui était chair de péché : ce qu'il en prit, il le purifia, ou avant de le prendre, ou en le prenant... Le corps de Jésus-Christ a été pris de la chair d'une femme qui avait été conçue de la filiation de la chair de péché. Puisque dans la semence de l'homme se trouve et la matière visible

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