LX INTRODUCTION
à Mirlau d'Illiers, évêque de Chartres, un perroquet, avec une petite pièce de vers où il fait parler l'oiseau exotique ; une autre fois c'est à une cloche, qu'on allait baptiser à Chartres, qu'il prête la parole :
Me sacer autistes, ut signent tempora, Milo Flavit, A^o liteSy prandîa, concuhium.
Prasulis egressum cunctis pranuntia signo :
Sic ego Milonem sapins ictacanam (i) !
Et cependant il ne veut pas qu'on l'appelle poète ; après avoir défendu en prose à Tévêque de Saintes (Epist, XXIII) de lui donner ce titre, il le lui défend en vers :
Si me, prasul, amas, si vis perstare beatum.
Ne vatem appelles, lepidiore joco.
Il parle dans le même sens à Érasme, un de ses plus jeunes correspondants^ et qui lui écrivait alors avec l'enthousiasme d'un disciple pour un maître vénéré. « J'ai diligemment cherché, je l'avoue, » lui dit-il, « à faire provision de bonnes lettres et de science, mais je n'en ai point acquis, semblable à quelque acheteur assez peu avisé qui, après s'être promené de long en large par les marchés et avoir regardé toutes sortes de denrées, s'en retourne à la
(i) Le pieux évêque Mirlau, pour que je divisasse le temps, Me fit fondre; Je sonne le tocsin, les repas, le coucher. Messagère, j'annonce à tous la sortie du prélat : Puisse -je, longtemps ainsi frappée, chanter Mirlau 1