‹ L'immaculée conception de la vierge Marie: poème de Robert GaguinChapitre 64 sur 64 · ROI DE FRANCE · texte numérisé non relu

ROI DE FRANCE

Maintenant enfin je vois, insensé, les mensonges du monde,

Et nos brèves espérances, nous qui vivons un instant.

L'amas des richesses nous trompe, Tâge aussi nous abuse,

Et nulle certaine durée n*est promise aux empires.

La gloire s'envole, abandonnant les rois enorgueillis,

Et l'affreuse Mort foule aux pieds le trône le plus haut.

Si tu en veux bon témoignage, vois le trépas de Charles,

Qui étendait au loin son pouvoir sur tout le sol Français,

Devant qui la Fouille tremblante courbait la tête,

A qui le Breton, déposant les armes, obéissait.

Dont Génois et Vénitiens, qui l'attaquaient, la mer complice,

Sentirent la main terrible et la vaillance au combat,

Quand ruissela de sang la plaine de Fomovo.

Pour avoir par hasard vu jouer à la paume ses familiers.

Le voilà enlevé aussitôt, et sa voix étouffée s'éteint ;

Ayant à peine vécu quatre fois sept révolutions du soleil,

Il meurt sans postérité, et laisse l'auguste diadème.

Va donc, brise les Alpes, verse des flots de sang.

Recule ton empire et jusqu'au ciel érige tes palais :

La terre est le logis où il faut dormir d'un long sommeil.

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