LÉON XIII, PAPE
Pour en perpétuer la mémoire. Nous Nous réjouissons vivement de ce que plus d'un résultat heiureux ait déjà répondu au grand espoir que nous avions conçu à bon droit, lors de la récente constitution de l'Etat du Congo indépendant sous l'autorité de Notre très cher Fils en Jésus-Christ Léopold II, roi des Belges, de voir les vastes contrées de l'Afrique, encore environnées des ténèbres de Terreur, briller de la lumière de la vérité évangélique. En
effet, après que ditns ces régions Nous avions établi par No» lettres un vicnriat apostolique, et que Nous en avions OOnBé l'adminislration à la congrégation de i'iromaculé- Coeur de Marie, communt^mcnt appelée de SeheutveldleE-Bnix elles, cette partie agreste et sauvage de la vigne dn Seigneur se prêta facilement â la culture des ouvriers évangéliques , comme on Nous Va appris, tt promit de rçipporlcr d'heureux et d'abondants fruits.
Or Notre evpoîr se ooa&rme et grandît lorsque NooÀ voyons le roi des Belges, comprenant fort bien qne la Bouece origindle de la civilisation se trouve daiw la relir gïon catholique, en favoriser la propagation parmi les peuplades récemment ajoutées k son empire , de manière - à devenir le fauteur de cette propagation fet à en accoter volontairement le protectorat. Sons ses auspices, il arriva que plusieurs Belges se sont «oflamméa , à l'exemple du roi , d'un zèle nouveau pour créer en Afrique une na^on catholique, et que, ayant commencé l'œuvra de aalut avec un cœur ardent, ils ont déjà accompli de grandes choses dont Nous les félicitons à bon droit. Reconnaissant dans ces événements des bienfaits marqués de la divine Providence, Nous n'admirons pas moins le zèle et la constance de tant de personnages d'élite qui, émules des premiers hérauts de l'Évangile et ne cherchant d'autre récompense que le salut des âmes, sèment la parole de Dieu parmi les régions africaines et les fécondent de leurs nobles sueurs.
C'est pourquoi, tout en rendant grâces à Dieu, dispensateur de tous biens, Nous adressons volontiers des louanges aux hommes distingués qui sont à la tête de l'œuvre de la civilisation chrétienne de l'Afrique ; et il Nous plaît de nommer en premier lieu notre cher Fils Oswald Marie van den Berghe, curé de l'église de Saint- Joseph à Anvers, qui (œuvre utile et féconde) a pris soin d'ériger avec zèle et à ses frais les premières stations religieuses. Nous savons que, partageant son labeur et sa gloire. Nos chers Fils les comtes Maurice de Ramaix et Florimond de Bei^eyck ont de leur côté bien mérité de
l'œuvre de la propagation de la foi au Congo, et avec eux Léon van Ockerhout, qui a érigé à ses frais un hospice destiné à secourir les malheureux.
Néanmoins, si Nous sommes ému en voyant le zèle des Belges pour répandre la lumière de TEvangile dans les régions africaines, Nous sommes encore plus réjoui du spectacle de leur singulière piété, de leur foi profonde, de l'espérance qu'ils placent en Dieu. En effet, il en est un grand nombre qui, sachant que leurs efforts pour cultiver le champ du Seigneur, âpre et désert, seraient impuissants sans Taide du Maître de la vigne, se sont trouvés unanimes à penser qu'il fallait implorer le secours divin et se servir de l'intermédiaire de F Immaculée Vierge Marie pour présenter à Dieu leurs prières. Aussi ne leur a-t-il rien paru de plus efficace, ni de plus opportun, pour arracher les peuplades congolaises à leurs erreurs et à leurs superstitions, pour les amener à la vérité du Christ et pour abolir l'esclavage chez les nègres, que de s'adjoindre comme céleste patronne la Mère du Fils du Très -Haut, de qui nous avons reçu la lumière de Tintelligence et la liberté des enfants de Dieu. En conséquence. Notre cher Fils Pierre Lambert Goossens, cardinal prêtre de la sainte Eglise romaine, et par la grâce du saint Siège archevêque de Malines, et président d'honneur de la société qui a pour but de dilater de toute manière la foi dans le Congo, avec d'autres hommes illustres par leur piété «et leur munificence, parmi lesquels il Nous est agréable de nommer Notre cher Fils le comte Joseph de Hemptinne, le très habile président de la société en question, Nous ont envoyé une supplique dans laquelle ils Nous demandent de proclamer, en vertu de notre autorité apostolique, Tlmmaculée Marie, Mère de Dieu, patronne principale du Congo.
Nous croyons devoir acquiescer d'autant plus volontiers à ces prières, qu'elles Nous sont présentées avec un si grand zèle pour la religion. Du reste Nous ne craignons pas que le dessein manifesté par le sus -mentionné van den Berghe ne souffre de retard, et même nous avons
confiance qu'il s'élëvera bieutût dans l'Etat libre un temple dî^e de la piété des Belges , digne aussi par sa grandeur et sa majesté de l'auguste patronne du Congo. :Cest pourquoi (et puisse ceci tourner à Tavantage, au bonheur et au salut de la race africaine!) Nous, de Notre luitorité apostolique, Nous constituons à perpétuité et Nous proclamons par ces présentes lettres l'Immaculée Vierge Marie , Mère de Dieu , patronne principale du Congo indépeidaiit ; Noos bii' ^«UnbuaBa tou» les han- neors et fffi-yilèges gai q>partîewaftiit -de dteât imi patrons principaux- des lieux ; et Naua i<mi1oiu «t cffdoBiuiiis qoA ta fête de l'AssomptioiL, qîA.i tombe «luqne aimée le IS août, Boit coiuidérie et oéléhrés coEsne fâte patronale. Nous déeréton» qae Nos pvétuites lettres dentempent Cermes, valides et eEBcaMs, q&'^M: sortent et obtieaoo^ leurs effets pleins- et ««tiers, qu'i^W pr(^tent pLaiBerasot itceux qu'elles oraoïrBent im^ ptHnrront oaocemer ; que les juges queleosques, ordinairies ôu^déliégaésy jugmt'-et défioisseat conformément & ce qui s'y trouve statué, et que s'il arrive à n'importe qui, en vertu d'une autorité quelconque, d'y attenter sciemment ou par ignorance, ce soit chose nulle et de nulle valeur. Nonobstant tout ce qui pourrait être contraire.
Donné à Rome, près Saint- Pierre , sous l'anneau du Pêcheur, le 21 juillet 1891 , la quatorzième année de Notre Pontificat.