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CONSACRÉES AU ROSAIRE

(Voir page 274.)

Les fragments ci-dessous expriment en des termes faits pour émouvoir toute âme croyante la vivacité et la profondeur des sentiments de tendresse, de vénération , de reconnaissance que Léon XIII nourrit pour sa divine mère, qui est notre mère à tous. Les actes pontificaux ne possèdent peut-être pas de profession de foi plus explicite, plus frappante; et rien ne touche comme de voir un vieillard illustre mêlé à tous les événements contemporains , dominant les agitations de son époque, parler de la Vierge Marie avec reffusion d'un cœur filial plein de piété, d'amour et de joie.

Ces témoignages brûlants achèvent, ce nous semble, la physionomie de Tauguste pontife considéré au point de vue spécial qui nous occupe.

LETTRE ENCYCLIQUE MAGNJS DEI MATBIS

A TOUS LES é^'ÊQUES DU MONDE GATHOUQUE SUR LE ROSAIRE EN l'honneur de MARIE (7 SEPTEMBRE 1892)

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction apostolique.

Toutes les fois que Toccasion Nous est donnée d'exciter et d'accroître dans le peuple chrétien l'amour et le culte de la glorieuse Mère de Dieu, c'est pour Noua un motif extraordinaire de joie et de bonheur, non seulement, à cause de Texcellence et de la multiple fécondité du sujet en lui-même, mais aussi parce qu'il s'harmonise délicieusement avec les sentiments les plus intimes de notre cœur. Car cette sainte piété envers Marie, que Nous avons, pour ainsi dire, sucée avec le lait, n'a fait que croître et se fortifier en Nous avec l'âge, à mesure qu'il Notts apparaissait plus clairement à l'esprit combien digne d'amour et d'honneur était celle que Dieu lui-même a aimée et chérie le premier, et chérie au point de l'avoir élevée, par un privilège unique, au-dessus de toutes les créatures, de l'avoir ornée des dons les plus magnifiques, et choisie pour mère. Et les nombreux et éclatants témoignages de sa bonté et de sa miséricorde envers Nous, que Nous ne pouvons Nous rappeler sans la plus profonde reconnaissance et sans que Nos yeux se mouillent de larmes, ont entretenu de plus en plus et enflammé avec plus d'ardeur cette piété en Nous. A travers les péripéties si nombreuses et si redoutables qui sont survenues, toujours Elle a été Notre refuge, toujours Nous avons élevé vers Elle Nos regards suppliants ; et en toute occasion , déposant dans son sein toutes Nos espérances et Nos craintes, toutes Nos joies et Nos tristesses, Notre soin

assidu a été de la supplier de vouloir bien se montrer en tout temps Notre mère, et de Nous obtenir la précieuse faveur de pouvoir lui témoigner en retour les sentiments du plus tendre des fils.

Lorsque, dans la suite, par une disposition mystérieuse de la Providence, Nous avons été élevé à ce siège du bienheureux Pierre, pour y tenir dans l'Eglise la place 4e Jésus -Christ, ému à la pensée de cette redoutable charge, et n'ayant pour Nous soutenir aucune confiance dans Nos propres fo-ces, Nous avons sollicité avec plus d'instances le secours de Fassistance divine, par la maternelle intercession de la bienheureuse Vierge. Et Notre espérance. Nous sentons le besoin de le proclamer, à aucun moment de Notre vie, et surtout dans l'exercice de Notre suprême apostolat, n'a jamais été, dans aucune circonstance, stérile et vaine. Aussi s*élève-t-elle maintenant à demander, sous ses auspices et avec sa médiation, de nouvelles et plus grandes grâces pour le salut du peuple chrétien et l'heureux accroissement de la gloire de l'Église.

Il convient donc et il est opportun. Vénérables Frères, que Nous suggérions à tous Nos fils, au moyen de vos exhortations que vous renouvellerez, de nouveaux et pressants motif pour eux de célébrer le prochain mois d'octobre, consacré à Notre-Dame et auguste Reine du Rosaire y avec le redoublement de piété que demande l'aggravation des circonstances.

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